Drôle de campagne électorale en RDC

Candidats de la majorité ou de l’opposition sont tous sur les routes pour battre campagne. Si les opposants parviennent à mobiliser massivement les déçus du pouvoir, le « dauphin » de Joseph Kabila peine à convaincre, alors que le président congolais vient de déclarer ce week-end qu’il pourrait se représenter en 2023.

L'opposant Martin Fayulu en meeting à Kisangani © DR L'opposant Martin Fayulu en meeting à Kisangani © DR

Le calme avant la tempête ? A moins de 15 jours d’un scrutin électoral crucial pour l’avenir politique de la République démocratique du Congo (RDC), une courte campagne électorale mobilise majorité et opposition aux quatre coins du pays, où les trois principaux candidats tentent de mobiliser. L’issu du scrutin et une victoire du « dauphin » de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, semble faire peu de doute. L’un des slogans du candidat du pouvoir, « on gagne et on gagne » traduit assez bien l’état d’esprit qui règne au sein du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme mise en place par Joseph Kabila, qui a renoncé à briguer un troisième mandat après avoir reporté par deux fois l’élection présidentielle.

Shadary en terre d’opposition

La campagne électorale du parti présidentiel a démarré à Kinshasa, puis dans l’ex-Katanga, avant de gagner les Kasaï et l’Ouest du pays… des provinces où l’opposition et ses leaders sont encore bien implantés. Si les meetings et les stades sont pleins, l’accueil de la population y est plutôt timoré. Plusieurs fois, le convoi de l’ancien ministre de l’Intérieur ou sa caravane de campagne ont été conspués ou caillassés. Il faut dire que l’exercice n’est pas facile pour celui qui a été désigné par le chef de l’Etat pour lui succéder. Entre les promesses d’un avenir meilleur et les louanges du bilan de joseph Kabila, la marge de manœuvre est étroite pour ce sécurocrate, plus habitué à l’ombre qu’à la lumière.

Les « 5 chantiers » bis

Son projet politique ressemble étrangement à celui des « 5 chantiers » vantés par le président Kabila depuis 2006. Le candidat Shadary promet un budget multiplié par 3, davantage de sécurité, moins de corruption et allant même jusqu’à annoncer l’école gratuite dans l’ex-Katanga, alors que la situation ne s’est guère arrangée pendant les 17 ans de pouvoir de Joseph Kabila. Difficile donc de s’inscrire dans la continuité de l’action de l’actuel chef de l’Etat, tout en reconnaissant, en creux, que tout reste à faire.

Des promesses…

Le budget de l’Etat « lilliputien » de 6 milliards de dollars paraît bien maigre pour un pays de 80 millions d’habitants, grand comme 5 fois la France. Et on voit pas comment le porter à 86 milliards, comme l’annonce Shadary. La sécurité des Congolais n’est toujours pas assuré dans l’Est du pays, où pullule toujours une centaine de groupes armés et où la région de Beni vit dans la terreur des attaques à la machette depuis plus de 4 ans. Les Kasaï sont également enfermés dans une spirale de la violence, ayant fait au bas mot 3.000 morts selon l’Eglise catholique.

… encore des promesses

Difficile également de mettre en place un énième plan anti-corruption, alors que l’actuel chef de l’Etat et ses proches se retrouvent à la tête de plus 80 sociétés et où 750 millions de dollars se sont évaporés des caisses de la Gécamines selon plusieurs ONG. Difficile de défendre un bilan lorsque l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité… ne sont accessibles qu’à une minorité de Congolais. En Equateur, sur les terres de l’opposant Jean-Pierre Bemba, dont la candidature a été jugée irrecevable, Emmanuel Ramazani Shadary, s’est fait interpellé par des habitants en colère face à la dégradation des routes. Pour toute réponse, Shadary a promis de. (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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