RDC : la coalition tourne à la confrontation

Rien ne va plus entre la coalition du président Félix Tshisekedi et celle de Joseph Kabila. Aucun accord n’a été trouvé pour la composition du gouvernement et les partisans des deux camps en viennent aux mains dans la rue, sur fond de blocage institutionnel.

 © Christophe Rigaud - Afrikarabia © Christophe Rigaud - Afrikarabia

En moins d’une semaine, la République démocratique du Congo (RDC) a renoué avec ses vieux démons, pour replonger dans une crise politique profonde après la victoire controversée de Félix Tshisekedi à la présidentielle de décembre 2018. Ce week-end, l’Assemblée nationale a clôturé sa session ordinaire sans avoir investi le nouveau gouvernement. Les négociations sont au point mort pour former le nouvel exécutif et les tensions se sont exacerbées ces derniers jours entre le FCC de Joseph Kabila et CACH du nouveau président Félix Tshisekedi.

Des nominations qui ne passent pas

Le bras de fer permanent entre ces alliés que tout oppose a récemment viré à l’affrontement. La semaine dernière, le débat sur la reconduite du très pro-Kabila, Albert Yuma, à la tête de la Gécamines, a fait grincé des dents à l’UDPS et dans l’opposition. Le sulfureux président du géant minier est en effet accusé de détournements de fonds par de nombreuses ONG internationales. Le propre porte-parole du président Tshisekedi s’est même étonné que le Gécamines ne payait que 20 millions de dollars d’impôts par an. « Où va l’argent ? » s’est interrogé Kasango Mwema Yamba Yamba sur Twitter.

Une autre nomination présidentielle a fait polémique, celle de Gabriel Kyungu, 80 ans, et proche de Moïse Katumbi, aux chemins de fer congolais (SNCC). Mais cette fois, ce sont les députés du FCC qui sont montés au créneau dans l’hémicycle, remettant en cause la régularité des ordonnances de Félix Tshisekedi. Une tension qui est rapidement descendue dans les rues, avec des manifestations de combattants de l’UDPS, devant l’Assemblée nationale, accusant les députés FCC « d’outrages au chef de l’Etat ». Plusieurs permanences de partis membres du FCC ont été attaqués et incendiés, provoquant des échauffourées entre pro-Kabila et pro-Tshisekedi dans les rues.

Une Assemblée nationale monocolore ?

La crise politique a continué de s’aggraver en fin de semaine dernière avec l’invalidation par la Cour constitutionnelle de 23 parlementaires de Lamuka… au profit du FCC de Joseph Kabila. Des invalidations qui ont permis a d’anciens ministres et d’ex-gouverneurs de la coalition de Joseph Kabila d’intégrer le parlement. L’examen des contentieux électoraux par la Cour constitutionnelle a donc porté le nombre d’élus du FCC de 345 à 368, permettant à l’ancien président Kabila d’obtenir une majorité écrasante (sur 500 députés), et d’être en mesure d’entamer une procédure de destitution du chef de l’Etat, ou d’une révision la Constitution au  (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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