RDC : Tshisekedi face au casse-tête de « l’Union sacrée »

Comment faire cohabiter l’UDPS, l’UNC, des anciens kabilistes FCC, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba ? C’est la délicate équation qu’essaie de résoudre le président Félix Tshisekedi au sein de son « Union sacrée » pour récupérer une majorité favorable à l’Assemblée nationale.

Félix Tshisekedi en octobre 2020 © Présidence RDC Félix Tshisekedi en octobre 2020 © Présidence RDC

Y aura-t-il de la place pour tout le monde dans « l’Union sacrée » ? La nouvelle majorité parlementaire en construction autour du président Félix Tshisekedi attire les foules. Depuis le lancement de son rassemblement visant à renverser les rapports de force à l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat a réussi à obtenir le soutien de la quasi totalité du spectre politique congolais, moins quelques kabilistes encore fidèles à l’ancien président. Les places seront donc très chères pour faire partie de « l’Union sacrée » et surtout pour bénéficier des postes-clés qui iront avec le changement de majorité parlementaire : présidence et vice-présidences de l’Assemblée nationale, Primature et ministères stratégiques… tout le monde veut son poste pour pouvoir peser sur l’échiquier politique.

Des ex-FCC majoritaires

Le problème, c’est que « l’Union sacrée » est devenue « une véritable auberge espagnole » s’inquiète un de ses nouveaux venus qui voit les rangs de la nouvelle majorité grossir à vue d’oeil. Autour de l’UDPS, le parti présidentiel et de l’UNC, son partenaire de CACH, il faudra maintenant compter avec les nombreux déçus du FCC pro-Kabila, qui ont rallié le président Tshisekedi. Si nombreux, « qu’ils sont maintenant devenus majoritaires » au sein de « l’Union sacrée » s’étonne un membre de CACH. Plusieurs caciques du FCC ont récemment viré casaque pour soutenir le large rassemblement présidentiel. On y retrouve l’emblématique ex-porte-parole de la kabilie, Lambert Mende, le ministre de l’industrie Julien Paluku, l’ancien gouverneur du Kasaï, Ngoy Kasanji, Jean-Lucien Bussa, Jean-Charles Okoto ou Pius Muabilu, le ministre de l’Urbanisme.

Trop plein ?

A ces nouveaux venus provenant du FCC, le président Tshisekedi a également réussi à convaincre une partie de l’opposition de rejoindre son rassemblement. Jean-Pierre Bemba du MLC et Moïse Katumbi, d’Ensemble, ont eux aussi décidé de donner une chance à « l’Union sacrée ». Dans cette étonnante coalition, on retrouve aussi l’une des pièces maîtresses du chef de l’Etat pour tenter de faire tenir l’édifice : Modeste Bahati et sa centaine de députés AFDC-A dans le rôle de « l’informateur » chargé d’identifier la nouvelle majorité et permettre la nomination d’un futur Premier ministre plus en phase avec « la vision » de Félix Tshisekedi. Le plus difficile reste maintenant à venir : trouver un modus operandi au sein de cette nouvelle alliance hétéroclite et surtout une distribution des postes qui contente tout le monde. Avec autant de tendances politiques contre-nature qui couvrent maintenant l’intégralité du paysage politique congolais, l’équation paraît bien difficile à résoudre.

Une difficile répartition des postes

Au temps de la coalition CACH-FCC, les violons avaient déjà mis beaucoup de temps à s’accorder autour de la composition du premier gouvernement de Sylvestre Ilunga. Sept mois ont été nécessaires pour trouver le subtil équilibre entre UDPS-UNC et FCC. Dans les chancelleries occidentales, ont doute que ce drôle d’attelage puissent se mettre rapidement d’accord sur une distribution satisfaisante des postes. On voit mal, en effet, comment la présidence de l’Assemblée nationale pourrait échapper à un membre du FCC version « Union sacrée ». Le mouvement est majoritaire et peut faire la pluie et le beau temps dans l’hémicycle : on imagine difficilement Félix Tshisekedi réussir à imposer une autre formation. Un choix qui pourrait faire grincer des dents au sein du propre parti présidentiel, mais aussi au MLC et à Ensemble. La Primature pourrait revenir à une personnalité de compromis. La seule qui émerge pour l’instant est  (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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