RDC : pas de vague à la Primature

Après 4 mois d’attente, le président Félix Tshisekedi a nommé Sylvestre Ilunga Ilunkamba au poste de Premier ministre. Un techno, sans réel poids politique et fruit d’un compromis a minima.

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Déjà en poste sous Mobutu, quatre fois vice-ministre et deux fois ministre au plan et aux finances, Sylvestre Ilunga Ilunkamba était plutôt en fin de carrière politique avant d’être désigné Premier ministre ce mardi. Ce technocrate de 78 ans, membre du PPRD de Joseph Kabila, est présenté comme un gestionnaire. Mais pour accéder à la Primature, le patron de la Société nationale des chemins de fer congolais (SNCC), Sylvestre Ilunga, avait surtout la chance de ne pas être associé au cercle des caciques de la Kabilie. Moins sulfureux qu’Albert Yuma, moins proche de Tshisekedi qu’Henri Yav, moins suspect de corruption que Jean Mbuyu, tous un temps évoqué pour occuper la Primature, c’est finalement sur le nom de ce docteur en sciences économiques que Joseph Kabila et Félix Tshisekedi ont réussi à se mettre d’accord. Car c’est une première en RDC, le Premier ministre a été nommé par le président sortant, Joseph Kabila, largement majoritaire à l’Assemblée nationale.

Une Primature affaiblie

Le choix d’un technocrate relativement âgé et sans influence fait de Sylvestre Ilunga un Premier ministre sans poids politique avec de faibles marges de manoeuvres. Il permet certes à Félix Tshisekedi de se prévaloir d’avoir éviter la nomination d’un Kabiliste « pur jus » du type Yuma, mais il permet surtout à Joseph Kabila d’avoir un chef de l’exécutif très « malléable » à ses directives. Car l’enjeu principal de cette nomination est de déterminer qui aura véritablement le pouvoir en RDC ? Avec un profil de technocrate à l’ancienne qui doit toute sa carrière au camp Kabila, on a peu de doute sur la loyauté du nouveau Premier ministre envers l’ancien président congolais.

Sylvestre Ilunga et les arriérés de salaires

Quand aux qualités de gestionnaire de Sylvestre Ilunga, beaucoup en doute au regard de son maigre bilan à la tête des chemins de fer congolais. Le réseau ferré est toujours famélique dans ce vaste pays-continent, où il reste impossible de rallier l’Est et l’Ouest du Congo autrement que par avion. En mars, une grève avait été déclenchée par les employés de la SNCC qui réclamaient pas moins de 277 mois d’arriéré de salaires ! Une crise qui n’est pas dû uniquement à la gestion de Sylvestre Ilunga, mais plutôt au  (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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