Corruption en RDC : des lanceurs d’alerte menacés

Plusieurs ONG anti-corruption demandent aux autorités congolaises de protéger les lanceurs d’alertes victimes de persécutions.

Les lanceurs d'alerte Claude Mianzuila et Israël Kaseya ont tous les deux été emprisonnés © DR Les lanceurs d'alerte Claude Mianzuila et Israël Kaseya ont tous les deux été emprisonnés © DR

La campagne « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) et dix autres ONG (1) s’inquiètent du sort de plusieurs lanceurs d’alerte menacés après avoir dénoncé des détournements de fonds public et des malversations. Ces organisations anti-corruption estiment « qu’au lieu d’enquêter sur les faits révélés par les lanceurs d’alerte, les institutions policières et judiciaires deviennent plutôt instrumentalisées par les auteurs des activités illégales dénoncées, dans le but de les intimider et faire taire ces lanceurs d’alerte. »

Des lanceurs d’alerte qui finissent en prison

Trois cas de lanceurs d’alerte menacés ont été documentés par ces ONG, comme celui de Claude Mianzuila, consultant à la Miba, la Société minière de Bakwanga, qui exploite les diamants du Grand Kasaï. Claude Mianzuila a accusé le directeur financier de la société de malversations, dont « le remplacement des plus beaux diamants par des pierres de moindre valeur, causant un préjudice de dizaines de millions de dollars pour la société. »
L’épouse du directeur financier de la Miba, également employée de la société, a porté plainte contre Claude Mianzuila pour atteinte à son honneur, entraînant son arrestation le 4 juillet 2020. Le consultant a été libéré après 55 jours de détention provisoire, et condamné à une amende de 1.500 dollars pour « injures publiques. »

Israël Kaseya travaillait à Access Bank RDC, la filiale congolaise de la banque nigériane Access Bank, depuis 2012. En tant que gestionnaire de comptes, il constate que sa banque avait des comptes détenus par des entreprises qui seraient liées à Congo Futur, une société sanctionnée par les autorités américaines depuis 2010 pour ses liens avec le Hezbollah, considéré comme organisation terroriste par les Etats-Unis. Toujours selon Israël Kaseya, « la banque détournerait de l’argent de ses clients en pratiquant des retenues de frais illicites. » L’employé a alors dénoncé ces pratiques auprès de sa hiérarchie. Loin de mettre fin à ces escroqueries, la banque a accusé Israël Kaseya « d’usage de faux, abus de confiance et escroquerie ». Le lanceur d’alerte a été licencié le 11 mai 2020, arrêté le 21 mai et placé en détention provisoire.

A l’Agence de lutte contre la corruption de faire ses preuves

Le troisième cas documenté par « Le Congo n’est pas à vendre » concerne Joseph Kitanagla, qui travaillait en tant qu’aviseur au Fond de Promotion de l’Industrie (FPI). C’est au sein de cette institution qu'il remarque « des malversations par ses supérieurs et des non-paiements ». Après avoir dénoncé ces détournements, Joseph Kitanagla a été interpellé et   (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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