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Billet de blog 25 mars 2018

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RDC : la présidentielle semée d’embûches de Moïse Katumbi

Affaires judiciaires, condamnation, exil forcé, double nationalité… l’ancien gouverneur du Katanga se trouve toujours dans le collimateur du pouvoir. Un acharnement qui rend sa candidature à la présidentielle de plus en plus incertaine.

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Illustration 1
© DR

La route pour la présidence de la République démocratique du Congo (RDC) sera longue et tortueuse pour l’opposant Moïse Katumbi. L’ancien gouverneur du Katanga, contraint à l’exil depuis deux ans, a dû lancer son mouvement politique, « Ensemble », depuis l’Afrique du Sud le 12 mars dernier. Moïse Katumbi a en effet été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière et les autorités congolaises promettent son arrestation en cas de retour au pays.

Une seconde affaire pour « atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État » vient d’être relancée par le Procureur général de la République qui souhaite entendre l’opposant -voir notre article. Deux affaires rocambolesques, qui sont dénoncées par les proches de Moïse Katumbi, mais aussi par l’Eglise catholique, qui parle de « mascarade judiciaire », uniquement destinée à disqualifier l’opposant et à le rendre inéligible. Mais l’acharnement du pouvoir ne s’arrête pas là.

Candidat incertain ?

Une troisième épée de Damoclès menace désormais le candidat Katumbi : sa nationalité. Le ministre de la justice congolais, Alexis Thambwe Mwamba, s’était fait l’écho en juin dernier de la possible double nationalité congolaise et italienne de Moïse Katumbi, rendant ainsi impossible sa candidature à la présidentielle. Le magazine Jeune Afrique vient de confirmer la rumeur cette semaine, après avoir consulté le registre de l’état-civil de la mairie de San Vito dei Normanni, située dans le sud de l’Italie. Selon l’hebdomadaire, l’opposant « a acquis la nationalité italienne le 3 octobre 2000, avant d’y renoncer le 13 janvier 2017 ».

Le droit congolais ne reconnaissant pas la double nationalité, Moïse Katumbi s’est donc empressé de renoncer à la nationalité italienne l’année dernière afin de pouvoir valider sa future candidature à la présidentielle. Une question se pose alors pour certains cadres de la Majorité présidentielle : le recouvrement de la nationalité congolaise d’origine n’étant pas automatique selon la loi, la candidature de l’ancien gouverneur pourra-t-elle être validée ?

Katumbi « Congolais » pour le Procureur général

Pour l’entourage de l’homme d’affaires, la question de la nationalité de Moïse Katumbi « n’est pas un hasard du calendrier ». Car c’est un secret de polichinelle, mais bon nombre d’hommes politiques congolais possède une double nationalité. L’ancien Premier ministre Samy Badibanga avait été nommé à la Primature avec la nationalité belge, avant d’y renoncer, alors qu’il était déjà en poste Un ambassadeur congolais, lui aussi de nationalité belge, avait été déplacé de Bruxelles à Luanda à cause de sa double nationalité.

Ironie du sort, c’est la justice congolaise elle-même qui vient d’apporter un début de réponse à l’épineuse question de la nationalité de Moïse Katumbi. En demandant à la Cour suprême de justice de relancer l’affaire dite des mercenaires, le Procureur général de la République désigne dans son document Moïse Katumbi comme un citoyen « congolais ». L’affaire est donc entendue pour l’entourage de l’ancien gouverneur. « Moise est congolais d’origine, il n’y a aucun doute. Et si le pouvoir veut ouvrir la boîte de pandore de la congolité… ils jouent contre leur propre camp » estime un proche.

Un retour en juin ?

Mais plus délicat que l’affaire de nationalité, il y a les deux affaires judiciaires en cours, dans lesquelles une condamnation en justice entraînerait l’inéligibilité du candidat Katumbi. Concernant l’affaire de spoliation immobilière, l’ancien gouverneur a déjà été condamné à trois ans de prison de prison ferme. Mais l’opposant a fait appel de la décision, et l’appel serait suspensif.

Pour l’autre affaire, celle des « mercenaires », qui revient par surprise sur le devant de la scène, le Procureur général sollicite de la Cour suprême de justice la fixation d’une audience. Preuve que le pouvoir semble bien (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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