RDC : Tshisekedi fragilisé après la destitution de Jean-Marc Kabund

L’homme fort de l’UDPS à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund a été de son poste de premier vice-président. Un coup dur pour Félix Tshisekedi qui perd son principal relais dans une chambre ultra-dominée par le FCC de Joseph Kabila.

Le député Jean-Marc Kabund, patron du parti présidentiel © Facebook - KS.COM Le député Jean-Marc Kabund, patron du parti présidentiel © Facebook - KS.COM

Les nuages s’accumulent et l’étau se resserre autour du président Félix Tshisekedi. Son directeur de cabinet et allié politique Vital Kamerhe est en prison. Et c’est maintenant son principal chien de garde à l’Assemblée nationale et patron de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, qui se retrouve destitué de son poste de premier vice-président. A l’Assemblée nationale ce lundi, les députés de l’UDPS, le parti présidentiel, en sont venus aux mains pour défendre l’un des leurs, Jean-Marc Kabund, avant le vote de sa destitution.

La séance a été suspendue, mais lorsque le vote a pu reprendre, la sanction a été sans appel : 289 voix pour, 17 contre et 9 abstentions. A l’issu du dépouillement, Jean-Marc Kabund a donc été destitué de son poste très stratégique de premier vice-président de l’Assemblée nationale, une chambre largement dominée par le FCC de Joseph Kabila. Félix Tshisekedi a donc perdu son principal relais au sein du parlement.

Le Congrès de la discorde

Pour le député Kabund, ce vote n’est pas une surprise et résulte d’une énième manoeuvre du FCC pro-Kabila. « Ce passage en force est la preuve que le complot était ourdi et va au-delà de ma destitution. En vrai Tshisekediste, je quitte ce poste la tête haute et sans compromission. Fier d'avoir défendu notre idéal de combat, notre pouvoir et le président de la République » a déclaré le patron de l’UDPS sur son compte Twitter.

A l’origine de la destitution de Jean-Marc Kabund : son opposition à la tenue d’un Congrès des deux chambres pour valider l’Etat d’urgence décrété par Félix Tshiskedi pour lutter contre le Covid-19. Le patron de l’UDPS y voyait un piège tendu par le FCC pour destituer Félix Tshisekedi. Sur les ondes, Jean-Marc Kabund a également dénoncé le coût supposé du Congrès qu’il estimait à 7 millions de dollars. Une somme démentie par le Bureau de l’Assemblée nationale. S’en suit une pétition initiée par le député MLC Jean-Jacques Mamba, qui se fait arrêter par la police, soupçonné d’avoir usurpé la signature de plusieurs députés pour son texte anti-Kabund.

Un avertissement pour Tshisekedi

Avec ce nouvel épisode, la République démocratique du Congo (RDC) s’enfonce un peu plus dans la crise politique. La détention de Vital Kamerhe d’abord, puis la destitution de Jean-Marc Kabund ensuite, isole et fragilise Félix Tshisekedi dans ses coalitions avec l’UNC de Vital Kamerhe au sein de CACH, et avec le FCC de Joseph Kabila au sein du gouvernement. Les affaires Kamerhe et Kabund sonnent donc comme un avertissement pour le  (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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