C’est un «crime d’amour» qui a tué le banquier Stern

On se souvient de la disparition brutale, en mars 2005, d’Edouard Stern, l’étoile des milieux financiers français, retrouvé mort dans son appartement genevois, en combinaison de latex, encagoulé, quatre balles dans le corps.
On se souvient de la disparition brutale, en mars 2005, d’Edouard Stern, l’étoile des milieux financiers français, retrouvé mort dans son appartement genevois, en combinaison de latex, encagoulé, quatre balles dans le corps.

Certains journalistes d’investigation s’étaient alors lancés sur la piste du meurtre mafieux, jusqu’à ce que Cécile B, la maîtresse sado-masochiste du banquier qui l’était tout autant, n’avoue.

 

Jeudi 8 mai : nouveauté, l’expert en psychiatrie - le professeur lausannois Jacques Gasser - après plus de 100 heures de travail, a rendu son rapport au juge d’instruction genevois. Il en ressort que Cecile B. a tué son amant pour remporter « une victoire éternelle sur leur relation ». C’est un mélange de relation fusionnelle, de haine, de déni, de narcissisme qui est à l’origine du crime passionnel. Un mauvais point pour les proches d’Edouard Stern qui dénoncent un assassinat, commis par une manipulatrice vénale.

 

Dans cette affaire, on relèvera quelques propos (et fantasmes) des uns et des autres. Propos de Cécile B. tenus à l’expert psychiatre : «Tuer n'est pas rompre. C'est parce que je n'ai pas pu rompre avec lui que je l'ai tué.». Ce jour là, son amant le banquier, avait eu la mauvaise idée de lui annoncer qu’elle ne toucherait pas le million de dollars qu’il lui avait pourtant promis. « Un million de dollar, c’est cher payé pour une pute », lançait-il, ligoté sur une chaise. Quelques temps auparavant, il lui avait violemment fait savoir qu'"on ne quitte pas Edouard Stern !"

 

En avril dernier, Cécile B. se tailladait les veines avec un rasoir Bic, durant son transport entre la prison et l’hôpital psychiatrique de Genève. Sans succès. Propos de Marc Bonnant, le célèbre avocat genevois, défenseur des enfants du banquier : «On se suicide dans le secret et l'humidité de son cachot. En tout cas, je n'ai jamais vu que l'on annonce son suicide!».

 

L’année dernière, Maître Bonnant avait expliqué qu’Edouard Stern ne redoutait qu’une seule chose, « l’ennui », et que c’est pour cette raison qu’il avait fait le choix de la « subversion charnelle » et qu’une « cocotte blonde avait été capable d’attiser ses fantasmes de déraison ». Rendez-vous au procès à la fin 2008.

 

PS. Liste des ouvrages et des œuvres qui s’inspirent du fait divers: « Le fils du serpent » (Albin Michel), «Mort d'un banquier» (Editions Privé) «Latex» (Seuil), «Tigres», de l'Espagnol Gabriel Janet Manila, et le «Le trésor de Saddam», de Gérard de Villiers. « Trio », une pièce de théâtre de Dominique Ziegler, «Boarding Gate», un film d’Olivier Assayas. Selon les informations du Matin, l'ex-patron de Canal+, Xavier Couture cherche des financements pour une fiction.

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