Dignitas, l’association zurichoise d’assistance au suicide, innove encore et encore. Depuis quelques semaines, elle propose à ses membres de mettre fin à leurs jours en s'étouffant avec un sac en plastique rempli d'hélium. C’est prétendument efficace et rapide et, contrairement au natrium pentobarbital (NAP) utilisé jusqu'ici, aucune prescription médicale n’est nécessaire. Et pour démontrer qu’il s’agit bien d’un acte libre, Dignitas filme le tout, puis transmet les images aux autorités judiciaires.
Certains ne s’en sont pas encore remis. « Nous voyons beaucoup de choses dans notre métier mais ces images sont parmi les plus remuantes. C’est un long étouffement », explique Jürg Vollenweider, procureur adjoint de Zurich interrogé par le journal Le Temps.
Le débat sur la nécessité d’adopter ou non une loi sur l’aide au suicide est une fois de plus relancé. Jusqu’ici, l’article 115 du Code pénal helvétique stipule qu’aider quelqu’un à mourir n’est punissable que si cette démarche obéit à des « motifs égoïstes ». Plusieurs associations se sont engouffrées dans brève, la plupart, comme Exit de manière discrète.
Dignitas (http://www.dignitas.ch/) qui accepte des candidats étrangers au suicide, elle, enchaîne les épisodes tragico burlesques. Depuis septembre dernier, elle a été chassée de deux appartements zurichois – les voisins se plaignaient de voir des cercueils chaque jour -,a dû se replier dans un hôtel, dans la villa du fondateur et directeur, Ludwig Minelli, et même opérer dans des véhicules. Depuis fin novembre, elle occupe des locaux industriels.