(Belle image d'entraide humaine fraternelle : le petit bateau blanc est en panne et se fait remorquer par le grand bateau orange où l'on peut lire "SALVAMENTO MARITIMO".
Bonjour mes ami-e-s.
Normalement, un médecin doit soulager, éventuellement guérir.
Il n'est pas là pour paniquer son patient, mais pour lui dire la vérité scientifique du moment, et lui proposer un protocole de traitement. S'il y a plusieurs solutions, il doit les expliquer et les offrir à son patient, afin que le patient fasse son choix.
Le médecin n'est pas un dictateur. Il ne doit pas faire de propagande mensongère pour influencer son patient. Il ne doit pas imposer ses diktats.
Revenons à cette histoire de femme ménopausée depuis 5 ans, mutilée par une hystérectomie totale décidée en quelques jours.
Car cela pose problème, puisque la dame n'avait comme signe clinique qu'une pesanteur douloureuse mammaire bilatérale et fugace, avec pertes blanches, là aussi transitoires, exactement comme lorsqu'elle allait avoir ses règles.
Bref, une sorte de "coup de jeune".
Pas de douleur, pas de saignement, pas d'altération de l'état général, aucun trouble sexuel. Elle avait d'ailleurs vécu, peu de temps avant les faits chirurgicaux, une passion amoureuse consommée, alors qu'elle était déjà ménopausée. Et sans le moindre apport hormonal machin, ni lubrifiant truc, ni réhydratant vaginal X.
Comme quoi, les ovaires ne s'arrêtent pas de fonctionner brutalement, sauf en cas de chirurgie mutilante castratrice.
Voyons les conclusions du rapport d'expertise du chirurgien nommé par le Tribunal (ce qui est étonnant, c'est qu'il n'exerce pas dans le CHU de la région où fut effectué l'acte chirurgical et où fut déposée la plainte par la mutilée; pourquoi ?).
Là, l'expert affirme que la tuméfaction découverte à l'échographie pelvienne, et confirmée par l'IRM, est un fibrome.
Ce n'est pas ce que disait la personne mutilante (cf billet précédent) : c'était peut-être un sarcome (tumeur gravissime).
Puis il est question de l'épaississement de l'endomètre (qui ne fut jamais complètement exploré puisqu'il n'y eut ni hystéroscopie, ni curetage biopsique), et de la poussée d'oestrogènes (qui ne fut jamais contrôlée par une dosage plus tardif).
ATTENTION MESDAMES (ET MESSIEURS LEURS PARTENAIRES). NE VOUS LAISSEZ PAS FAIRE PAR DES BISTOURIS AVIDES DE RENTABILITE FINANCIERE (ou autre ?).
Car le chirurgien qui a mutilé, a évoqué devant la future mutilée, la possibilité du décès de cette dernière si elle ne se faisait pas opérer, puisqu'il fut question de sarcome.
Franchement, la dame avait-elle le choix ?
Puis les pages 2 et 3 :
Où il est affirmé que le "devoir d'information a été rempli dans les règles de l'art". Allons bon !
Subit-on une hystérectomie totale quand on a un simple fibrome et que l'on n'a aucun signe clinique ?
Non.
On accepte l'hystérectomie quand on a un cancer et/ou des signes cliniques qui bousillent la vie.
IL FAUT SAVOIR QU'UNE HYSTERECTOMIE TOTALE PAR VOIE ABDOMINALE EST UNE INTERVENTION CHIRURGICALE IMPORTANTE ET LOURDE, CAR L'UTERUS EST UN ORGANE PROFOND.
Où l'expert considère que les troubles sexuels sont psychologiques. Olé ! D'ailleurs, il avait demandé l'intervention d'un "sapiteur psychiatre", que la mutilée a refusé. Ben voyons, si tu portes plainte, c'est que tu es dingue ...
Tiens, en page 3, un petit coucou du destin. On évoque la consolidation en date du 22 mai 2006, soit exactement 11 ans après le sauvetage d'Alexandre (22 mai 2017). Il est permis de poétiser ...
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Lisons maintenant l'étude critique, effectuée par un chirurgien gynéco-obstétricien, également expert près les tribunaux. Il exerce d'ailleurs dans le CHU de la région où se situe la ville de la mutilation express.
Deux pages suffisent.
Où ce deuxième expert rappelle très exactement les faits, sans fioriture.
Très justement, il ne mélange pas tout et différencie, d'un côté la poussée d'oestrogènes et l'hyperplasie de l'endomètre, de l'autre la tuméfaction utérine de 4 cm (ce n'est pas gros).
Pour éliminer un sarcome, il aurait fallu pratiquer un scanner abdominal et pelvien.
Pour éliminer un adénocarcinome endométrial, il fallait faire une hystéroscopie et un curetage biopsique de l'ensemble de l'endomètre.
De plus, cet expert évoque la nécessité, quand le chirurgien s'attend à trouver un cancer possible, d'une coelioscopie pendant l'hystérectomie.
Pour les non-médecins, il parle du CA125, qui est le marqueur du cancer de l'ovaire, et n'a pas été demandé par la personne mutilante (mais la future mutilée l'avait fait en douce et il était normal). De toute façon, la future mutilée a accepté l'intervention car elle craignait un cancer de l'utérus, pas un cancer de l'ovaire.
Où l'on commence à suspecter que la personne mutilante savait très bien, avant d'ouvrir, qu'il n'y avait rien de grave. Sinon, cette personne aurait pratiqué une coelioscopie pendant l'intervention, avec prélèvement de liquide péritonéal systématique ("cytologie péritonéale").
A bientôt car ...
A SUIVRE ...
(Ce matin, c'était vraiment beau !).
N.B. Pour ceux qui ont envie de s'informer plus avant, on peut aller sur le site de chirurgie viscérale, section gynécologie :
http://www.chirurgie-viscerale.org/main/formationcontinue/mise-au-point/7-chirurgie-gynecologique/d-divers/Tumeurs-pelviennes-chez-la-femme/article.phtml?id=rc%2forg%2fchirurgie-viscerale%2fhtm%2fArticle%2f2008%2fmie-20080529-173658-12059