Trump vs Sanders, le jeu des 7 erreurs

Qu’y a-t-il de semblable entre Donald Trump, promoteur immobilier à la tête d’une multinationale de 500 entreprises et Bernie Sanders, sénateur démocrate socialiste du petit Etat du Vermont? A peu près rien, si ce n’est le terme de populiste, que la presse américaine utilise pour qualifier - ou disqualifier - les deux «outsiders» des primaires à l’élection présidentielle de 2016.

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1 - Un populisme peut en cacher un autre

Plus petit dénominateur commun, les deux candidats critiquent l’« establishment » des deux grands partis politiques. A droite,Trump devance tous ses concurrents dans le camp Républicain. A gauche, Sanders vient de remporter coup sur coup cinq Etats contre la favorite du parti Démocrate, Hillary Clinton. Donald Trump se vante d’être tellement riche que personne ne peut l’acheter. Sa valeur nette* est estimée à 10 milliards. Bernie Sanders, lui, « pèse » 330 000 dollars.Tous deux autofinancent leur campagne. Trump en puisant dans son argent de poche, en organisant ses meetings dans ses casinos et en vendant à ses supporters ses produits dérivés made in China. Sanders en cumulant les dons de millions de citoyens, - 27 $ en moyenne -, qui ont versé jusqu’à présent 140 millions de dollars à sa campagne.

* Différence entre les actifs, la valeur des biens, et les passifs - crédits, charges, amortissements -.

2 - La classe des milliardaires

Bernie Sanders et Donald Trump accusent tous deux les banques, les entreprises et les grosses fortunes de confisquer le processus démocratique au profit de leurs intérêts, en investissant massivement dans le financement des candidats par lintermédiaire des super PAC. Le motto de Bernie Sanders, Get big money out of politics' est lune des revendications du mouvement Occupy Wall Street, pour exiger une redistribution des richesses et des politiques favorables aux pauvres et aux classes moyennes. En matière de corruption, Donald Trump, lui, parle avec l’expérience du corrupteur: « Jai donné beaucoup aux politiciens parce que quand je veux quelque chose, je lobtiens. Et quand je les appelle, ils me baisent le cul ». Nuance. 

3 - Deux hommes en colère

Avec leur franc-parler, Bernie Sanders et Donald Trump soulignent le ressentiment de la classe ouvrière, fâchée avec les élites politiques, frustrée par la stagnation économique et inquiète pour son avenir. Leurs réponses à ces sentiments sont cependant radicalement différentes. Sanders propose des mesures détaillées pour taxer les plus riches, augmenter les droits sociaux et le salaire minimum, réformer les institutions et lutter contre le changement climatique. Son slogan: A future to believe in

Donald Trump se garde bien d’être spécifique sur les propositions impopulaires portées par le parti Républicain - suppression dObamacare, coupes dans les budgets sociaux, privatisations - et surfe sur le racisme, la xénophobie et la misogynie. Il veut bannir les musulmans du pays, construire une grande muraille de Chine entre Mexico et les Etats-Unis, et punir les femmes qui avortent. Son mantra: Make America great again!

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4 - Plus blanc que blanc

Bernie Sanders et Donald Trump réalisent leurs meilleurs scores auprès de l’électorat blanc, ce qui tendrait à les disqualifier pour la Maison blanche. Ces considérations de marchands de lessive masquent le gouffre qui sépare les deux candidats et leurs électeurs: Bernie Sanders est un old white guy, - juif de surcroît - , qui rallie la génération des 18 - 35 ans, la plus diverse qui soit, et celle-la même qui soppose aux discours racistes de Donald Trump en perturbant ses meetings.

Donald Trump flirte avec un électorat plus âgé et caresse dans le sens du poil les white supremacists, ne rechignant pas sur le soutien dun dirigeant du Ku Klux Klan, et justifiant le recours à la violence et à la torture. Selon un sondage relayé par le New York Times, les valeurs morales des supporters de Trump (autorité, travail, famille, patrie) sont aux antipodes de celles des supporters de Bernie Sanders (liberté, égalité, empathie). Et vice-versa.

5 - Candidats 3.0

Donald Trump se considère comme le « meilleur auteur en 140 signes ». Le florilège de ses réflexions les plus absurdes est compilé sur son compte Twitter, suivi par plus de 7 millions de followers. Trump abuse des médias sociaux et de la provocpour faire parler de lui pour pas un rond. Il comptabilise le plus grand nombre dabonnés sur Instagram.

Bernie Sanders affiche plus du double dabonnés que Trump sur Youtube, ce qui compense un peu son déficit de temps dantenne dans les médias traditionnels. Sanders devance tous les candidats sur Reddit, et les geeks qui feel the Bern, sont prompts à utiliser toutes les ressources numériques pour organiser les militants sur le terrain. 

6 - Emportés par les foules

Depuis le lancement des primaires, Bernie Sanders est le candidat qui attire le plus de monde dans ses meetings. Dans les grandes villes, son public dépasse régulièrement les 10 000 personnes, comme à Phoenix (11 000) Seattle (15 000), Portland (28 000) ou plus récemment à Los Angeles (27 500 + 16 000 à lextérieur). A titre de comparaison, Hillary Clinton a réalisé son plus grand rassemblement public lors du lancement de sa campagne à New York, avec 5 500 personnes.

Donald Trump revendique aussi davoir les plus grossesfoules. Son twitt affichant 15 000 participants lors dun meeting à Phoenix, a cependant été démenti par les pompiers, qui ne plaisantent pas avec les consignes de sécurité: 4 200 personnes maximum. Cest déjà beaucoup plus que tous les autres candidats républicains. 

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7 - Folie des grandeurs

Chacun sait quil ne faut pas être tout à fait normal pour songer à être président, en se rasant ou pas. Il faut dire que dans la course folle à linvestiture, cette année électorale offre un beau panel aux amateurs de psychopathologie. Ted Cruz, en croisade pour instaurer une théocratie, présente tous les signes du fanatisme. La mythomanie dHillary Clinton et ses nombreux petits arrangements avec la vérité aboutit à ce que 56% des électeurs la considèrent malhonnête et non digne de confiance. Bernie Sanders, qualifié didéaliste, semble affligé dun certain don quichotisme, dans son dédain pour lenrichissement personnel et sa constance à dénoncer les injustices. A lopposé, les symptômes de Donald Trump, - égocentrisme, logorrhée, harcèlement, diffamation et tendances procédurières, - le classent clairement dans la catégorie des pervers narcissiques. Celle des plus grands manipulateurs!

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