Hillary Clinton sauve les meubles dans l’Iowa

Un soupir de soulagement. A minuit, alors qu’il était encore impossible de départager les deux candidats démocrates en tête dans le Caucus de l’Iowa, c’est une Hillary Clinton défaite, visiblement exténuée par les sueurs froides, qui a pris la parole devant ses supporters pour revendiquer la victoire. Une victoire si courte sur Bernie Sanders, qu’elle s’est jouée à pile ou face. Sans blague.

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Avec moins de 0,5 % d’écart entre les deux candidats, « Jamais dans l’histoire du parti démocrate, les résultats du Caucus de l’Iowa n’ont été aussi serrés » a déclaré Andy McGuire, le président du parti démocrate de l’Iowa. Dans six lieux de vote, il a fallu départager les candidats ex æquo à pile ou face, une bizarrerie du Caucus, où les votes se font à main levée. Quatre fois sur six, la pièce est tombée du bon côté pour Hillary, mais les jeux sont loin d’être faits. 

Le caucus de l’Iowa est le premier test électoral des candidats à la maison Blanche. On peut gloser à l’infini sur la représentativité de ses résultats à l’échelle nationale. Rares en effet, sont les vainqueurs de l’Iowa qui ont gagné la nomination de leur parti et l’élection présidentielle, avant Obama en 2008.

Du côté des Démocrates, le sympathique ex-gouverneur du Maryland, Martin O’Malley, s’est vu forcé de jeter l’éponge. Du côté des Républicains, le favori des sondages Donald Trump, mauvais « loser », s’est vu dépassé par Ted Cruz et rattrapé par Marco Rubio. Ces deux derniers se sont empressés de renouveler leur allégeance à Dieu, au complexe militaro-industriel et au capitalisme sans borne, ce qui a de quoi faire flipper.

Pour les supporters de Bernie Sanders, la révolution politique ne fait que commencer. Et les résultats d’hier soir, retentissants, ont aussi un goût de victoire. « C’est un profond message adressé aux classe dirigeantes politiques, économiques et médiatiques » déclarait Bernie Sanders, « Et ce message dit, que face aux crises énormes auxquelles notre pays est confronté, il est trop tard pour les politiques et les politiques économiques de « l’establishment » dans ce pays. Que nous ne pouvons pas continuer d’avoir un système de financement de campagne corrompu. Et que ce moment de notre histoire exige de nous de voir plus grand ».  

Avec un premier match nul, la partie est loin d’être jouée pour le parti démocrate, poussé à redéfinir sa ligne politique pour l’avenir, tout en conservant les clés de la Maison Blanche pour un troisième mandat d’affilée. Et Hillary Clinton n’a pas fini de « fear the Bern » et d’avoir des sueurs froides.

 

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