La bande dessinée franco-belge séduit l’Amérique

La bande dessinée francophone fait son comics trip à New York, avec une exposition grand format et une série de rencontres avec des graphistes et auteurs du neuvième Art.

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Des aventures de Lucky Luke à celles du Lieutenant Blueberry ou des Tuniques bleues, les Etats-Unis ont été de longue date une source d’inspiration pour les auteurs francophones de bande dessinée. Et le pays de Mickey, Batman, Superman ou Homer Simpson le leur rend bien.

Chaque année, entre 60 et 100 albums francophones traduits en anglais sont diffusés en Amérique du Nord, avec des succès commerciaux adaptés à l’écran, comme The Smurfs (Les Stroumpfs de Peyo), Persepolis (de Marjane Satrapi),The Rabbi's Cat (Le Chat du Rabbin de Joann Sfar), Weapons of Mass Diplomacy (Quai d’Orsay, de Christophe Blain et Abel Lanzac), ou encore Blue Is the Warmest Color (Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh).

« La bande dessinée est un élément essentiel de la culture et de la créativité franco-belge. En France, la bande dessinée représente 12% environ du marché du livre, soit environ 300 millions d’euros, témoigne Philippe Ostermann, à l’initiative du festival French Comics Framed et président de l’association French Comics Association, qui regroupe des éditeurs majeurs de la bande dessinée francophone. Notre industrie se positionne au troisième rang sur le marché mondial, derrière le Japon, largement en tête, et les Etats-Unis».

French invasion

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En 2015, à la Comic Convention de San Diego,David Steinberger, président du diffuseur online comiXology, appelait de ses voeux une ‘French Invasion’, tant le ‘comic ‘ européen ne cesse de renouveler le genre en confrontant son imaginaire à celui du continent américain, dans un dialogue pictural et narratif fécond. 

Le festival French Comic Framed s’inscrit dans cette dynamique. Organisé avec l’appui du CNL  - Centre National du Livre - , des services culturels de l’Ambassade de France et de la Cooper Union, faculté de sciences sociales et d’arts appliqués à New York, il présente pour la première fois à New York une exposition thématique de 50 illustrations, ainsi que des panels de discussion avec 18 auteurs et illustrateurs, dans des lieux emblématiques de la Wonder City, dont l’architecture alimente abondamment la créativité des graphistes.

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Une initiative qui permet de découvrir toute l’étendue et l’excellence de la palette de la bande dessinée européenne contemporaine: ses auteurs croquent le quotidien des petits et grands,avec des albums comme Lulu d’Etienne Davodeau, Exquisite Corpse (Cadavre exquis) de Pénélope Bagieu,ou encore La Légèreté de Catherine Meurisse, dessinatrice à Charlie Hebdo qui y raconte comment revivre après la tuerie. 

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Ils planchent sur des oeuvres littéraires comme The Stranger, (L’étranger d’Albert Camus) délicatement mis en scène et aquarellé par Jacques Ferrandez, ou Billy Budd, KGB, de Francois Boucq avec le romancier américain Jerome Charyn. Certains scénaristes et illustrateurs explorent la noirceur des contes de fées, comme Beautiful Darkness, de Fabien Vehlmann et du duo d’illustrateurs Kerascoët. D’autres auteurs défrichent du crayon les territoires cinématographiques de la science-fiction, avec des best-sellers comme Valérian and Laureline, de Jean-Claude Mézières, ou Snowpiercer, (Le Transperceneige) par Jean-Marc Rochette.

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La bande dessinée franco-belge s’empare aussi du genre biographique avec des ouvrages comme Freud et Einstein d’Anne Simon, Pablo de Julie Birmant et Clément Oubrerie, Robert Moses: The Master Builder of New York City de Pierre Christin et Olivier Balez ou encore Who killed Kurt Cobain de Nicolas Otéro. 
Nul doute que cette french touch emportera l’adhésion d’un public new-yorkais, éminemment curieux et réceptif!

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