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Je me suis fait hacker mon sommeil par Poutine. Je battais la campagne avec Hillary à la rencontre d’électeurs dans une charmante localité d’Upstate New York, Glen Cove, où les diplomates russes avaient coutume de venir décompresser dans leur datcha de Killenworth, avant d’en être expulsés par Barry à la veille du Nouvel An.
Nous circulions dans la grand’ rue en petit groupe, entre la place, une épicerie, un coffee shop, tandis que Vladimir, à cheval et torse nu, surgissait à chaque coin de rue. C’était troublant. Au point que j’ai dit, « Hey, les filles, c’est comment déjà, le nom du concurrent d’Hillary? On s’en fout, y’a Vladimir! » m’ont répondu les groupies. De toutes façons, nous étions déjà en route pour aller danser le zouc, en sifflant des flutes de champagne avec une bande de hackers plutôt beaux gosses.
J’ai toujours aimé les romans d’espionnage. Tout comme les choeurs de l’Armée Rouge qui chantaient avec Mireille Mathieu quand j’étais petite, et qu’on était allé voir avec le comité d’entreprise. Ca m’était revenu il y a quelques jours, en passant devant le consulat russe à Manhattan, dont les marches étaient jonchées de bougies et de bouquets de fleurs déposés par des anonymes. Enfin, passons.
Pour la commission Mc Cain ( le sénateur pas les frites ) la question du jour est de savoir si le grand méchant Ours a piraté les mails du parti démocrate, comme l’y encourageait, tweet à l’appui, notre président, avant qu’il soit élu. Si oui, - et c’est apparemment de bonne guerre pour toute agence du renseignement qui se respecte - cela a-t-il été délibérément utilisé par cette puissance étrangère pour interférer dans le résultat des élections, et pour faire perdre Hillary Clinton?
On n’en a pas la preuve comme l’explique The Intercept, vu que le propre des espions, comme les petites culottes de Victoria, c’est de rester secret. Je me suis par ailleurs laissée dire que le piratage informatique était un jeu d’enfant. Je ne suis malheureusement pas en mesure de le vérifier auprès de mes amis Facebook dont aucun n’a appris à coder. Losers. Il paraitrait que c’est un hobbie de gamin de 14 ans, comme l’avance Julian Assange, ou d’obèse dans son cellier, comme le suppute Donald. Personne n’a songé au profil de Mata Hari, car il va de soi que les secrétaires, même d’Etat, ne sont pas douées pour l’informatique. Enfin, passons.
Heureusement, mon cerveau étant lui aussi capable de produire ses propres « fake news » et ses hypothèses tirées par les cheveux, j’ai ma petite idée la-dessus. En dépit de ses trois millions de votes d’avance, Hillary Clinton s’est cassé les dents sur le système du collège électoral américain, victime de ses propres erreurs stratégiques, avant même l’intervention de Wikileaks qu’elle n’a pas non plus vu venir. Grossière erreur, il faut vivre avec son temps.
Il semble bien que Donald Trump soit pour l’instant l’homme de Moscou, à en juger par la bonne volonté qu’il affiche envers le président russe, son dédain pour les renseignements du FBI et de la CIA, ou encore les potins mondains, quand Ivanka passait ses vacances avec la petite amie secrète de Vladimir. Entre milliardaires, on crée des liens. C’est bien la première fois en tous cas qu’un « Manchurian candidate » accède à la Maison Blanche, comme quoi la réalité dépasse parfois la fiction. NSA contre SVR/KGB, républicains et democrates contre Trump, Trump et Poutine contre tous, tout le monde se tient par la barbichette. En attendant le prochain président-CEO d’une nation digitale de 2 milliards d’individus. Mark, à toi de jouer…