Ready for Bernie

A la veille du premier débat des primaires démocrates, le 13 octobre prochain, Hillary Clinton commence à sentir le vent de la « révolution politique » menée par Bernie Sanders et ses supporters.

A la veille du premier débat des primaires démocrates, le 13 octobre prochain, Hillary Clinton commence à sentir le vent de la « révolution politique » menée par Bernie Sanders et ses supporters.


En annonçant sa candidature à l’élection présidentielle, Hillary Clinton a fait le voeu d’être la « championne » des Démocrates et de la middle-class américaine. « Naah! » lui répondent des centaines de milliers de supporters de Bernie Sanders. 

Alors qu’Hillary Clinton diminue dans les sondages, perdant 29% de l’électorat démocrate féminin, son principal « challenger » Bernie Sanders, remplit les salles (15 000 personnes selon Foxnews dernièrement à Boston) et enregistre plus d’un million de contributions pour financer sa campagne, réalisant le tour de force d’engranger 26 millions de dollars auprès des électeurs au cours des 3 derniers mois. Un record, atteint avec 4 mois d’avance sur celui d’Obama en 2008.

Sur la même période, Hillary Clinton enregistre 28 millions de dollars, principalement auprès des gros donateurs du parti démocrate (2700 $ en moyenne). Si le financement des campagnes politiques était uniquement public, comme le propose Sanders, celui-ci partirait certainement favori dans la course à l’investiture.

La campagne « low cost » du sénateur du Vermont, sans le renfort de super-Pac, de sondages, ou de publicités télévisées négatives contre ses adversaires, s’appuie essentiellement sur internet et les réseaux sociaux, - comme l’avait fait Obama en 2008 -, ralliant les jeunes électeurs qui constituent 21% de l’électorat.

La Bernie-mania qui se répand comme une traînée de poudre sur la toile trouve son prolongement dans les centaines d’initiatives organisées sur le terrain comme au bon vieux temps: distribution de tracts, concerts de soutien, invitations à venir regarder, dans les pubs ou entre voisins, le premier débat des primaires en direct de Las Vegas sur CNN.

 Un jeudi soir dans un pub du Queens, le quartier populaire le plus plus peuplé de New York, une réunion rassemble une cinquantaine de volontaires, inscrits par l’intermédiaire du site Bernie 2016. En majorité âgés de moins de 30 ans, la plupart ne se connaissent pas et ont voté pour la première fois en 2008.

Néophytes, comme Patricia et Franck, vendeurs, qui ne se sont « jamais intéressés à la politique avant Bernie », ou aguerris comme Krish, technicien informatique, qui a participé au mouvement Occupy Wall Street en 2011, les « Millenials », la génération du millénaire connectée, endettée par les prêts étudiants ou qui cumule les petits boulots, s’enthousiasme pour les discours, les propositions et la personnalité rugueuse, sinon cassante, de Bernie Sanders, en rupture avec le « status quo ».
« Hillary est suiviste, estime Austin, elle reprend des propositions de Bernie Sanders en les édulcorant, et attend les sondages d’opinion avant de se prononcer ou prendre des décisions ».

A Maspeth, quartier ouvrier enclavé entre un cimetière et des entrepôts, « pas besoin de tendre le bras pour distribuer les tracts  de Bernie » témoigne pour sa part Franck, électricien. « Les gens s’approchent spontanément ».

Rouge, Impair, ou passe

Malgré sa notoriété et un large soutien des super-délégués parmi les élus démocrates, les jeux ne sont pas faits pour Hillary Clinton, qui doit faire la preuve qu’elle peut conquérir l’investiture et remporter les présidentielles face à un adversaire républicain.

A Las Vegas, le premier des 6 débats des primaires démocrates, qui opposera 5 candidats déclarés, (Lincoln Chafee; Hillary Rodham Clinton;Martin O’Malley; Bernie Sanders; Jim Webb) sera un test grandeur nature pour mesurer les différences entre Sanders et Clinton, notamment en matière de politique économique et de politique étrangère.

Toujours sur le mode « j’y vais ou j’y vais pas », le Vice-président Joe Biden, non officiellement candidat mais qui jouit d’un grand capital de sympathie dans l’opinion, est également invité à participer au débat. Si la dynamique enclenchée par Bernie Sanders et la défiance envers Hillary Clinton dans les sondages se confirment, l’aile conservatrice du parti, pragmatique, pourrait décider de changer de champion dans la course à l’investiture…en se reportant sur Biden.

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