Clinton, Sanders, coureurs de fond

Si 13 primaires sur 22 accordent jusqu'ici à Hillary Clinton un nombre supérieur de délégués, les résultats inattendus de Bernie Sanders, hier, dans le Michigan, augurent d’une course de longue haleine entre les deux candidats pour remporter les suffrages démocrates.

Je reviens de loin. Plus précisément de vacances, où la distance m’a tenue délicieusement éloignée des Primaires américaines. De toute façon, c’était plié, il était dit qu’au moment où je poserais mes valises, le ‘Super Tuesday’ aurait sonné le glas de la campagne de Sanders. A y regarder de plus près, il n’en est rien. 

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Le sénateur démocrate socialiste colle aux escarpins d’Hillary Clinton comme un vieux chewing-gum dont elle aimerait bien se débarrasser au plus vite. Mais les électeurs démocrates ne sont pas prêts à concéder à celle-ci une victoire facile ou rapide.

 

 Hier soir, contre toute attente, Sanders a remporté la majorité des délégués dans le Michigan, où Hillary Clinton partait avec 20 points d’avance dans les sondages, et où la candidate n’avait pas ménagé sa peine auprès des habitants de Flint, après le scandale de l’eau contaminée au plomb. 

Le week-end précédent, Bernie Sanders avait également remporté massivement 3 primaires démocrates sur 4 - Kansas, 67,7%, Nebraska, 57,1% et Maine, 64,3% - avec une affluence d’électeurs record. Des résultats largement occultés dans les médias par la victoire de Clinton dans les Etats du Sud, Alabama, Caroline du Sud, Georgia, Louisiane, Mississippi, où l’ex-Première Dame de l’Arkansas conserve un réseau établi et une forte popularité auprès de l’électorat noir.

Avec 760 délégués en sa faveur (issus des 22 primaires qui ont déjà eu lieu) contre 546 pour Sanders, Hillary Clinton conserve une avance confortable sur son adversaire pour remporter la nomination démocrate. Mais cette marge pourrait se réduire dans les 34 Etats et territoires qui doivent se prononcer dans les semaines et les mois qui viennent, notamment dans le Midwest, - Illinois, Missouri, Ohio - , et l’ouest - Californie, Washington, Arizona, Oregon, Wisconsin -. 

Dans cette course de fond à l’investiture, les différences entre les deux candidats s’affirment, même si les coups se retiennent. Bernie Sanders mise sur le temps  - jusqu’à la convention démocrate en juillet 2016 - pour déployer son message contre la main-mise de Wall Street sur Washington et pour une réorientation politique et économique au service de l’humain - emploi, salaires, droits sociaux -. 

Une stratégie qui pourrait s’avérer payante pour reconquérir et mobiliser un large électorat ouvrier et populaire délaissé par le parti démocrate, et qui se laisse aujourd’hui tenter par les sirènes de Trump. Des succès de Bernie Sanders dépendront le vote des « superdélégués »: ces élus supposément acquis à Hillary Clinton, pourraient bien reconsidérer leur choix pour tenir compte de leurs propres électeurs…comme ils l’ont fait en 2008.

 

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