Que faire des cons ?

Désemparés face aux cons, nous optons le plus souvent pour un comportement inapproprié, mélange d'appels à la morale et/ou à la loi, et nous nous noyons dans l'inefficace et la soumission. Maxime Rovere nous tire de ce mauvais pas avec des éclaircissements sur les mécanismes relationnels en jeu dans nos conflits.

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Maxime Rovere, Que faire des cons ? – pour ne pas en rester un soi-même, éditions Flammarion, 2019, 197 pages, 12 euros.

Petit ouvrage de philosophie pratique, Que faire des cons ne se réduit pas pour autant ni à des propos de comptoir, ni à une leçon magistrale. C’est d’abord un manuel de survie, mais aussi un traité de psychologie du quotidien ; car mieux comprendre les rouages de nos comportements, c’est être en mesure de mieux gérer les conflits avec les cons.

On entend souvent que "nous sommes tous le con de quelqu'un". Mais ce relativisme, tout évident soit-il,  n’empêche pas l’existence d’une vérité des relations. Et c’est justement sur les relations humaines que l’auteur s’appuie pour nous aider à résoudre nos situations difficiles. Car on ne peut pas asséner la vérité à un con, qui n’en a cure. Alors l’auteur nous demande de retenir cette petite maxime : « Vous n’êtes pas le prof des cons. Changez les situations, pas les personnes ». Chaque chapitre se termine par une maxime de ce type, en guise de synthèse et de clin d’œil.

Il va donc falloir renoncer, à chaque heurt avec un con, à certaines attitudes qui risquent de provoquer un bourbier relationnel et nous voir devenir un con. D'abord, et c’est pourtant ce qui nous vient spontanément, ne pas faire appel à une autorité morale - elle est virtuelle donc absente ; ne pas faire appel à la loi, sauf si vous sentez une véritable urgence à porter plainte. Car dans les deux cas, vous avouez votre impuissance. Et vous piétinez alors ce que les sages vous ont toujours conseillé : ne pas passer tout votre temps à juger vos semblables.

L’auteur nous enjoint de ne pas déprécier  nos valeurs en les introduisant dans des broutilles du quotidien mais de plutôt négocier avec les émotions de l’autre, car, même si on a l’impression d’un recul sur nos convictions morales, il est plus important « d’empêcher la connerie de nuire dans la pratique ». « Soyez des bricoleurs plutôt que des juges ! » Page 179

Maxime Rovere réussit un beau pari avec ce livre : nous parler des cons de nos vies sans acrimonie, avec originalité, sans nous noyer sous des références érudites, avec une pensée originale, bienveillante, proche de nos préoccupations. Il finit par nous convaincre que tout est relationnel et que c’est nous qui avons la clé de la résolution des conflits avec les cons. À bon entendeur…

 

 

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