Un petit ouvrage à faire lire à monsieur Estrosi

"Si le journal du hard existait encore, peut-être que Mme Schiappa irait, je n'en sais rien." 23 janvier 2019, Sud-radio.

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Christian Estrosi, comme nombre de ses collègues politiques, manie ici le sexisme ordinaire, celui qui faisait rire il y a 20 ans. Quelle éducation ont reçu ces messieurs pour réagir aussi primitivement ? Dans la société civile, des progrès sont notables, mais en politique on freine des quatre fers. C'est Marlène Schiappa qui le dit dans son petit ouvrage :

Marlène Schiappa, Le deuxième sexe de la démocratie, éditions L’aube, 163 pages, 2018, 16,80 euros.

Notre secrétaire d’état chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes parle dans ce livre de ce qu’elle connaît bien. Engagée depuis longtemps dans le féminisme, elle est la fondatrice de l’association « Maman travaille ». Alors que les médias nous informent sur la discrimination par le genre dans l’entreprise, sur le sexisme ordinaire au quotidien, ou sur le harcèlement de rue, il reste un point flou, sinon aveugle, pour le grand public : le sexisme dans la vie politique.

Où en est-on exactement, dans nos instances dirigeantes, de la représentation des femmes ? Marlène Schiappa nous éclaire : il a fallu attendre le XXIe siècle pour voir une femme au Sénat. Tous groupes confondus, 27% des députés sont des femmes (7 e au classement européen). Aucun président de groupe n’est une femme ! La résistance des hommes politiques est intense. Il faut même des rappels à l’ordre du président de l’Assemblée nationale pour que les députés acceptent d’adopter le « madame la députée » dans leurs discours ! Révélateur…

Marlène Schiappa aborde aussi, mais sans insister, la question du corps des femmes en politique. La focalisation de certains éditorialistes d’extrême droite sur son apparence – cheveux longs bouclés, maquillage -  l’a choquée, mais elle remarque aussi que les magazines féminins, ainsi que tous les magazines people - qui l’eût cru ? – ont été respectueux dans leurs articles la concernant.

Enfin, elle nous expose, in extenso, le protocole anti-harcèlement sexuel élaboré par La République en marche, destiné aux partis politiques. Monsieur Estrosi a oublié de le lire, ou bien il n'est pas "au courant du dossier".

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