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Billet de blog 18 nov. 2016

Lettre de félicitations à Monsieur MACRON

Agnès MARRE
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Cher Monsieur Macron,

Après huit courriers à vous écrire "Monsieur le Ministre"- restés sans réponse aucune d'ailleurs ­- je m'habitue à réécrire votre nom.

Par la présente, je tenais à vous féliciter. Votre victoire est totale, tous les objectifs de votre loi, en ce qui concerne le notariat, vont être atteints.

Depuis hier 14h00, l'horodatage est ouvert. Environ 29740 demandes en 24 heures. Vous­-même n'auriez pas espéré tant. La débandade est totale. Tout le monde clique. Les aspirants installés, les notaires en place, les SCP, même certains  qui ne remplissent pas  les  conditions  pour accéder à la profession ont essayé, juste pour voir ce que ça fait.

Je vous vois, assis sur la banquette arrière de votre voiture avec chauffeur ­ les autocars étant en liquidation ­ un petit sourire au coin des lèvres, parcourant nos groupes de discussion.

Ces  mêmes  groupes  vous  effrayaient hier, ayant décuplé la force de la profession, les publications prônant l'unité, la solidarité, le combat étant alors chaque jour plus nombreuses.

Aujourd'hui, vous suivez amusé ce que vous avez créé : la dissension, le chaos... un beau coup de canif dans notre confraternité.

Les  notaires, abattus  par vos  insinuations  et les  insultes  de vos  technocrates, n'ont plus  de patience pour subir les derniers assauts de votre loi mortifère. Les wannabe ­ ceux qui veulent l'être ­ lassés de deux ans d'attente pour obtenir ce que vous leur aviez promis, sont chaque jour plus  agressifs. Les  défenseurs  de la profession, atterrés  de la naïveté de ceux  qui leur reprochaient de brasser du vent, sont las de deux ans à expliquer et réexpliquer. Les salariés commencent à comprendre l'impact de votre loi sur les emplois dès demain. Les jeunes installés ne dorment plus, face au tableau d'amortissement de leur crédit calculé sur un prix validé par l'Etat. Tout le monde est à bout. Le ton monte, l'irrespect avec.

Demain, le notariat va accueillir les nouveaux installés. Mais dans quelles conditions? Vous avez tout mis en œuvre pour que cela se passe le plus mal possible. Je vous ré­entend, le 28 octobre 2015, face à moi dans  l’amphithéâtre du CSN, avec  vos  trois  sbires  pathétiques  pour vous soutenir, marteler : "Nous  allons  mettre en place une solution plus  méritocratique que le concours".

Nous avions voulu voir, nous n'avons pas été déçus : le tirage au sort !

600 candidats  pour 17 postes, cela vous  paraissait inconcevable. 29740 pour 1650 places maximum, c'est vrai que le rapport est beaucoup plus raisonnable...

Vous  nous  avez  salis, vous  avez  voulu nous détruire, et maintenant, vous  avez  introduit la  gangrène dans  nos  rangs. Lisez  ces  commentaires  suspicieux, insinuateurs, agressifs, désagréables, anti­confraternels. Admirez­les, c'est votre œuvre !

Demain, les nouveaux nommés prêteront serment, comme les autres. Ils jureront d'accomplir leur mission avec exactitude et probité. Ils seront notaires, comme les autres.A mes yeux en tout cas.

Monsieur Macron, je ne vous laisserai pas gagner.

J’exècre votre loi, je crains ses effets, je vomis votre vision du notariat. Mais  demain, j'accueillerai chaque notaire comme tel, je le respecterai comme tel. Vous  ne m'aurez pas Monsieur Macron, ni vous, ni Messieurs Lacresse, Chanterel et Hubert qui ont juré notre perte. Vous êtes trois, nous sommes 57000. Vous avez le pouvoir, nous rendons le Service.

Monsieur Macron, je vous  laisse savourer votre victoire, espérant qu'elle soit la plus  courte possible.

Ambroise Véret

Association de Sauvegarde et de Promotion du Notariat

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