Déclaration commune sur le sauvetage en mer

À l'initiative d'Agora Europe, plusieurs universitaires - parmi lesquels Etienne Balibar, Claude Calame, Catherine Wihtol de Wenden - et organisations oeuvrant pour le secours des migrants signent une déclaration commune sur le sauvetage en mer. « Ces initiatives sont plus que jamais nécessaires, alors les gouvernements de la “Forteresse Europe” perçoivent toujours les migrations comme une menace. »

“The International Organization for Migration (IOM) and UNHCR, the UN Refugee Agency, are calling for the immediate disembarkation of more than 400 rescued migrants and refugees currently on board three vessels in the Central Mediterranean […]. The humanitarian imperative of saving lives should not be penalized or stigmatized, especially in the absence of dedicated State-led efforts. The lack of agreement on a regional disembarkation mechanism, long called for by IOM and UNHCR, is not an excuse to deny vulnerable people a port of safety and the assistance they need, as required under international law […]. IOM and UNHCR are deeply concerned about the continued absence of dedicated EU-led search and rescue capacity in the Central Mediterranean”[1].

 Geneva, August 29 2020

Avant-propos par Caterina Di Fazio, Maastricht University, Présidente – Agora Europe et Virginie Lefèvre, Amel Association International, Secrétaire – Agora Europe

Les initiatives Mediterranea, Salvamento Maritimo Humanitario, Sea-Eye et United4Rescue, secourant les migrants en mer, ont uni leurs forces avec Agora Europe et ses partenaires afin de mettre en exergue la situation des personnes en exil à l’occasion d’un évènement tenu à Hendaye le 29 aout 2020, organisé par Agora Europe (Caterina Di Fazio, Catherine Domain, Frédérique Duval), en partenariat avec Columbia University Committee on Forced Migration et Alliance Program, Studio Europa Maastricht, le Club Maritime d’Hendaye Txingudi, Les Sauveteurs en Mer SNSM, la Librairie Ulysse, SOS Racismo, Irungo Harrera Sarea et Baobab Experience. L’évènement « Est-ce que l’eau est une frontière ? » a aussi été une opportunité de souligner le départ des nouvelles missions de Mare Jonio, qui ont aussi eu lieu le 29 aout, et de Sea-Watch 4, deux bateaux qui ont eu un impact majeur en portant assistance au Louise Michel après plusieurs appels d’urgence ignorées. L’évènement organisé par Agora Europe a aussi permis de rappeler que le bateau Aita Mari est toujours bloqué au port de Pasai Donibane en raison de contraintes administratives imposées par le gouvernement italien.

Ces initiatives sont plus que jamais nécessaires, alors les gouvernements de la « Forteresse Europe », parmi d’autres, perçoivent toujours les migrations comme une menace. Au contraire, Agora Europe est convaincue que les migrations sont une opportunité, en particulier dans la région Euro-Med. La liberté de mouvement est l’un des biens publics européens promu par la Charta 2020. Elle fait partie intégrante du droit global à la mobilité, qui est le reflet pratique de la dignité humaine.

La question des migrations a changé le discours européen. Il réfère ainsi à une idéologie selon laquelle dans certains pays l’immigration est assimilée à l’illégalité, ce qui produit de dangereux effets au niveau des politiques. La migration est trop souvent réduite à la question de la sécurité nationale. En réponse à la soi-disant « crise des réfugiés », l’Europe a promu une association directe entre la sécurisation de l’existence des frontières et leur fermeture. Elle réduit ainsi la relations avec les autres à la peur et à la criminalisation. La peur est loin d’être réduite. Elle demeure centrale, au niveau émotionnel, malgré la tentative de réduire cette peur à un niveau physique, en construisant des murs, en refusant des bateaux.

L'affaire de l’Aquarius, par exemple, et plus généralement la criminalisation des sauvetages en mer, ont rendu clair le fait que l’espace politique européen se conçoit lui-même comme pouvant permettant une liberté illimitée de mouvement au sein de ses frontières internes – l’espace Schengen – et ce, seulement en refusant les mouvements via ses frontières externes. Les frontières et, plus précisément, le processus d’externalisation des frontières de l’UE, posent des questions politiques et normatives lorsqu’il s’agit de la détermination d’un espace politique intégré. La question de la migration questionne donc notre conception de ce que nous définissons comme un espace politique européen.

Les causes et les parcours des migrations sont divers. Ils reflètent le choix des individus de quitter une situation qui constitue un déni de leur dignité humaine. Les réfugiés fuient la Syrie en raison de la guerre, de l’absence d’opportunité de travail, des violations des droits de l’Homme, transitent via la Turquie, restent bloqués en exil au Liban, ainsi que dans d’autres pays tiers ou environnant. Ils traversent à pied les montagnes, franchissent les frontières de nuit, prennent des bateaux, risquent leur vie, à la recherche d’espaces surs où vivre, dans lesquels leur humanité sera reconnue comme telle.

L'accord avec la Turquie et le renvoi des bateaux vers les côtes libyennes repoussent les limites de l’espace européen en lui-même. La multiplication des renvois illégaux vers l’extérieur des frontières européennes – autour de 10 000 uniquement cette année, de la Croatie à la Route des Balkans, de Chypre à la Grèce et la Turquie, avec un possible refoulement vers la Syrie ; et 60 000 de Malte à l’Italie et la Libye depuis 2015 – normalise dangereusement les violations systématiques des droits fondamentaux aux frontières européennes. Le fait que les camps de réfugiés sont de plus en plus établis aux frontières des zones européennes – voire même au-delà – est une manifestation concrète de la façon dont l’Europe, en externalisant ses frontières, a refaçonné l’imaginaire géographique.

Les politiques produisent un nombre de décès dans la Méditerranée – plus de 500 en seulement 9 mois, en plus des nombreuses disparitions – qui ne peuvent être considérées comme acceptable. La stratégie adoptée par Malte, dans le cas du cargo Maersk Etienne, qui n’a pas été autorisé à débarquer 22 migrants, ayant dû rester à bord avec l’équipage pendant plus de 30 jours, démontre les violations systématiques des Conventions internationales maritimes de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. La stratégie de la criminalisation du sauvetage en mer, qui a été adoptée, par la menace du blocage des bateaux en mer, va probablement dissuader d’autres bateaux de sauver des vies. Cette stratégie viole les Conventions maritimes internationales car les Conventions SAR et SOLAS notent que l’Etat coordonnant la recherche et le sauvetage dans la zone a « la responsabilité de fournir un espace sur, ou de s’assurer qu’un espace sur soit fourni ».

En raison de la dangerosité du passage à travers la Libye et suivant la fermeture des ports italiens – compte tenu de la tentative d’ « importer » le modèle australien de « procédure offshore » et de la politique de détention (Operations Souveraineté des Frontières, connue comme la politique « Stop les Bateaux ») de l’Union Européenne, en particulier dans les cas de l’Italie, de Malte, et récemment de la Grèce, et plus spécifiquement dans les récentes réponse du gouvernement italien a la « crise des refugies et au contrôle sur les frontières externes (Decreto Sicurezza Bis) – la route de l’Ouest devient une route fréquemment utilisée en Europe. De plus, la route Atlantique vers l’Europe, le passage périlleux de l’Afrique de l’Ouest vers les Iles Canaries, qui a déjà constitué une route majeure pour les migrants, est de plus en plus commune. C’est la plus dangereuse.

La crise actuelle du COVID-19 rend d’autant plus urgent, pour l’Union Européenne, de se pencher sur les défis actuels et futurs des migrations. La déclaration commune sur le sauvetage en mer présentée par Agora Europe est une tentative d’ouvrir une voie, basée sur la solidarité et la coopération. Cela ne doit pas nous empêcher d’envisager aussi une approche plus holistique, qui prendra en considération les perspectives des pays d’origine et de transit, qui sont l’Europe « de l’autre côté ». Il ne faut pas non plus occulter l’importance de définir une méthode plus compréhensive couvrant les frontières internes et externes, ainsi que les routes migratoires atlantiques, centrales, est, ouest, incluant une analyse comparative des politiques migratoires. Finalement, les défis actuels ne peuvent pas être appréhendés sans impliquer les organisations de la société civile qui opèrent dans les zones de sauvetage et de recherche et connaissent la situation, sur le plan local.

Voilà l’objectif de cette déclaration commune sur le sauvetage en mer, visant à renforcer le principe universel du non-refoulement, avec la conviction que la protection des vies en mer doit perdurer dans nos sociétés à la fois en tant que priorités actuelles de l’action européenne et en tant que valeurs communes, sur le long terme et sur le plan transnational. Dans ce cadre, les disparitions forcées doivent être rendues visibles et peuvent être évitées, et les décès peuvent eux aussi être évités et appellent une redevabilité. #AllBlackLivesMatter

Préface par Etienne Balibar, Philosophe

Aux participants du Rassemblement : « Est-ce que l’eau est une frontière ? » organisé par Agora Europe et la Mairie de Hendaye (29 août 2020)

Je suis profondément heureux de pouvoir intervenir un instant, par le truchement de Caterina Di Fazio, dans le cadre de votre belle initiative, à laquelle je souhaite un plein succès, porteur d’espérance et de résolution.

Naturellement, il aurait été encore mieux, plus agréable, plus évocateur de ce qui nous unit, de pouvoir faire physiquement le déplacement et d’être avec vous ici, face à la mer. Nous vivons des temps étranges, où le déplacement des êtres humains, plus vital que jamais, fait l’objet d’interdictions et d’empêchements de toute sorte. Certains se justifient, d’autres sont plus aberrants que jamais, au point de vue des libertés comme des intérêts communs. Raison de plus pour insister dans la réflexion et dans l’action.

L’eau des fleuves, des lacs, des mers, des océans est la condition même de notre vie. Nous l’avions parfois oublié, et de dures réalités écologiques sont en train de nous le rappeler. Faut-il y voir aussi une frontière ? Pourquoi pas, dès lors que cette notion est arrachée aux institutions et à l’imaginaire de l’obstacle, de l’interdit, du refoulement, de la sélection des êtres humains en fonction de leur nationalité ou de leur race, de la fortification ou du piège, pour aller vers son autre signification : celle du voyage, de la rencontre, de la coopération, de la traduction. Comme frontière mouvante, ouverte aux aventures et aux partages de ressources, la mer peut être un milieu de vie. Comme espace de disparition, de naufrages provoqués, de barrage contre l’espérance d’un refuge, elle devient l’une des faces affreuses de la mort en masse. Tel est aujourd’hui, à l’échelle du monde, le dilemme incontournable.

Il y a quelques années, au moment du blocage de l’Aquarius par l’action conjuguée des gouvernements européens (notamment italien et français), ce navire de secours en mer dont aujourd’hui le Mare Ionio et l’Aita Mari ici représentés continuent la mission, j’avais parlé publiquement de pratiques génocidaires. Exagération, m’a-t-on dit ! Mais comment faut-il dénommer l’ensemble de politiques délibérées et militarisées qui aboutissent à organiser l’élimination d’une partie propre de l’humanité, celle que j’ai appelée l’humanité errante, ou la partie mobile de l’humanité ? Les gouvernements européens – nos gouvernements, dont nous sommes responsables – ne font pas que subir une situation hors de contrôle, ils organisent cette élimination meurtrière (dont l’autre face est constituée par les honteux camps de regroupement, de Lesbos et d’ailleurs). Leur concurrence dans la lâcheté et la cruauté est une complicité, c’est une volonté qui ne s’avoue pas mais qui se met en œuvre.

Or cette complicité et cette volonté, usurpant les noms de politique et de droit, ne règlent strictement rien : ni les questions de flux de populations, ni les questions de droit international, ni les questions de gouvernance et de communauté en Europe. Au contraire, année après année, elles produisent une autodestruction de l’Europe, dont la dimension est morale aussi bien qu’administrative. Une communauté de nations et de citoyens n’existe jamais dans l’histoire sans un certain respect de soi-même, dont fait partie le traitement de l’étranger et du réfugié en ami.

En effet, c’est de citoyenneté qu’il doit être question ici. Personne ne croit, personne ne dit qu’il est facile d’entrer dans le monde des solidarités requises pour que l’humanité – aujourd’hui confrontée à des défis sans précédent en matière d’environnement, d’inégalités, de cohabitation entre les cultures – devienne capable de se gouverner, et de se préserver elle-même de ses tendances nihilistes. Mais c’est à nous tous, citoyens de nos régions et de nos pays, citoyens européens, citoyens du monde, qu’il appartient d’emmener nos Etats et nos concitoyens dans ce sens, en faisant la preuve qu’un autre usage des mers et des frontières est imaginable, qu’il est possible, qu’il est urgent. C’est tout le sens des rassemblements fraternels, des insurrections pacifiques, des convergences internationales comme celle d’aujourd’hui, à laquelle je dis avec chaleur et conviction salut et bonne chance.


Introduction par Sandro Mezzadra - Université de Bologne

I am particularly happy to contribute a short text to the dossier on sea rescue promoted and edited by Agora Europe. At least since the 1990s the question of borders and their often-lethal operations against people in transit is at the center of critical debates and activism in many parts of the world. In Europe, as well as for instance in Australia, the maritime border has become more and more prominent over the years. This is of course due to dramatic accidents and shipwrecks (I will limit myself to remember two of them: the collision between the Katër I Radës, carrying migrants from Albania, and a ship of the Italian Navy in 1997, and the shipwreck of October 3, 2013 off the coast of Lampedusa), and more generally to the intolerable number of men, women, and children that lost their lives over the last decades in the attempt to cross the European maritime border.

As a notion and an institution, the border has an intimate link with the land at least since the ancient representation of a furrow traced in the earth through a plough. In modern Europe, the steady emergence of the new cartographic notion of a linear border was strictly associated with the formation of territorial states. While the European space was reorganized around that notion, the sea – as well as the colonial world – was subjected to different and shifting legal and political formations. The liquidity of the sea seems even today to resist the geometric accuracy of bordering, as the often-elusive intertwining of territorial waters, contiguous zones, exclusive economic zones, SAR zones, and international waters amply demonstrates. Nevertheless, in many parts of the world and in particular in the Mediterranean bordering exercises are underway for the extraction of resources and above all for the management of migration. As many activists engaged in sea rescue contend, such bordering exercises have wider implications for the way in which borders are managed even on land. This makes the stakes of sea rescue even higher today.

In my own writings on borders and migration I have always emphasized the stubbornness of people on the move, their challenge to the border regime, their struggles, and their mundane and risky practice of freedom of movement. I am convinced that this emphasis is even more important than ever today, in a conjuncture that is characterized, with different degrees in different countries, by the criminalization of humanitarianism and humanitarian intervention. For a relatively long time, humanitarian actors had been part of the border regime in the Mediterranean and elsewhere. Militarization and humanitarianism have indeed often intermingled in the operations of the European border regime since the early 2000s, definitely opening contradictions and space of maneuver but also leading to what critical scholars have often described as a governmentalization of the “humanitarian reason.”

The situation appears completely different today. Activists and volunteers engaged in sea rescue, although employing different languages and mobilizing different imaginaries, seem to be more and more aware of the fact that their action has a more general oppositional and political meaning. They do not look anymore to migrants considering them as mere victims, but rather acknowledge their struggles as a crucial point of reference. The increasing circulation among activists and volunteers engaged in sea rescue of the reference to the legacy of black abolitionism in the U.S. in the 19th century, and especially to the “Underground Railroad” is particularly significant in this regard.

While we are all looking at what is happening in the Mediterranean, where people continue to drown among the indifference of European authorities, we are also aware of the fact that developments at sea are immediately connected with politics and society on land. The formation of a transnational civil fleet is in this regard extraordinarily important, since it foreshadows a principle of cooperation between civil society actors at the European level that could be an example for a multitude of social movements and struggles currently developing in many parts of the continent. In a time of pandemic, when crucially important decisions need to be taken in the fields of economic and social policies, the question of migration continues to be strategic both regarding the development of European citizenship and society and regarding Europe’s relations with its multiple outsides – its position in a tumultuously and rapidly changing world. At the end of the day, these are the stakes sea rescue is confronted with in the Mediterranean.

Déclaration publique de Salvamento Maritimo Humanitario

Quiero agradecer a la asociación Agora Europe la creación de este espacio de discusión para reflexionar sobre la proyección hacia el futuro de lo que deseamos que sea Europa, al Club Marítimo de Hedaia por ceder este espacio, a los compañeros y compañeras que trabajan en las distintas iniciativas en favor de las personas desplazadas y en movimiento. Y en general doy las gracias a todos los presentes que se interesan por conocer mejor la realidad de estas personas.

Se me hace difícil imaginar un viaje en el tiempo hacia el futuro y tratar de explicar las actitudes de las instituciones europeas de hoy a un niño o una niña de dentro de 40 ó 50 años. De alguna manera trato de imaginarme a un ciudadano de la Alemania del holocausto tratando de justificar los que pasó ante los ojos de miles de ciudadanos que no respondieron a aquella vergüenza. No encuentro la manera de hacerlo.

Pero lo que me produce verdaderos escalofríos es imaginarme que nadie pida cuentas dentro de 40 ó 50 años de lo que hoy esta pasando en las fronteras europeas. Y no porque nadie lo sepa, sino por que se entienda que es lo correcto y lo que se debía de hacer.

El peligro real que corremos, lo que verdaderamente nos estamos jugando hoy en Europa y lo que debe preocupar es la normalización de la violencia institucional (con consentimiento pasivo de los ciudadanos) contra las personas racializadas. Racializadas y pobres. La asunción por parte de la sociedad civil del mensaje repetido de mil maneras de que la vieja Europa es intocable, que sus valores y tradiciones son las únicas válidas y buenas.

La visión del mundo desde el prisma eurocentrista es una aberración histórica y conceptual donde anida el racismo y las bases del holocausto.

Siento decir que entre la visión de una Alemania pura y aria y una Europa blanca y occidental solo hay una diferencia de 80 años, pero conceptualmente hay poca diferencia.

La Europa sin fronteras que nace como “multiculturalidad” europea sólo acepta como válida la multiculturalidad europea. Si se ha de dar cabida a otras culturas que no se entiendan como europeas ya no es válida esa pluralidad.

Si las fronteras dentro de Europa se entienden como un freno al desarrollo y al crecimiento europeo ¿cómo es posible que los fondos al desarrollo que se envían a África se empleen para construir fronteras donde nunca antes las hubo?

Todo se hace en nombre del paneuropeismo y de la seguridad y prosperidad de Europa.

En nuestro continente hinchamos pecho diciendo que somos la cuna de los valores de la revolución francesa. De Rene Cassin, de los padres de la declaración de los derechos humanos.

Pero sólo son valores que se aplican a los nacidos a partir de cierta latitud geográfica para el resto, que es la mayoría de la humanidad no se aplican los mismos principios. Y es donde debemos plantarnos, no podemos ceder y dejar que triunfe el discurso del miedo que justifique cualquier acción. No todo vale en nombre de la seguridad de nuestros hogares.

Hoy la amenaza somos nosotros mismos, nuestra pasividad, nuestra conformidad con el modelo donde vivimos. Nos debemos preguntar ¿por qué no hay más personas de otras razas y orígenes en nuestro entorno y por qué hay tantos en los arrabales de nuestras ciudades?

Nosotros, la flota civil de rescate, vemos lo que pasa en las fronteras europeas es un horror, es un espanto ver botes abandonados a la deriva durante días. Personas que prefieren morir ahogadas antes de ser devueltas a lugares en guerra como Libia. Pero todo el mundo ve lo que pasa dentro de las fronteras y nadie se plantea que es igualmente aberrante. Lo que pasa en las fronteras marítimas es el fiel reflejo de lo que consentimos en nuestra sociedad a diario.


Déclaration publique de Mediterranea Saving Humans

Desde hace muchos años el Mediterráneo es un campo de batalla. La migración está en el centro de este campo de batalla. La terquedad de hombres, mujeres y niños en movimiento, su práctica mundana y arriesgada de la libertad de movimiento se han enfrentado a una política cambiante de control al menos desde finales de la década de 1990. La militarización y el humanitarismo se han entremezclado a menudo en esta política, que siempre ha estado impulsada por procesos de externalización del control fronterizo y por la participación de países de la costa sur del Mediterráneo en el régimen fronterizo europeo. Incluso en sus inflexiones humanitarias más pronunciadas (por ejemplo, durante la operación Mare Nostrum lanzada por la marina italiana en octubre de 2013), la ilegalización y precarización del viaje de los migrantes, la naturaleza arriesgada y, con demasiada frecuencia, letal del cruce de fronteras en el mar nunca fueron realmente desafiado.

Mediterranea se lanzó en el verano de 2018, en una coyuntura caracterizada por un dramático endurecimiento del régimen de fronteras marítimas en Italia y, en general, en Europa. Decidimos ponernos de pie, organizarnos y lanzar un barco de rescate de migrantes para confrontar la política de Matteo Salvini de "puertos cerrados". Los centros sociales y las organizaciones de la sociedad civil, las parroquias y los sindicatos participaron en el establecimiento de una plataforma para gestionar el barco y organizar campañas de financiación y apoyo. Desde el principio insistimos en que no nos entendíamos como una ONG tradicional, sino como una NGA, una “Acción No Gubernamental”. El activismo es, de hecho, una característica definitoria de Mediterranea, tanto en el mar como en tierra, donde somos parte del movimiento migrante y antirracista, mientras que, en general, participamos en luchas y campañas por la justicia social.

Esto significa que, si bien respetamos profundamente a los actores humanitarios y cooperamos con ellos, entendemos Mediterranea como una forma original de acción política más allá de las trampas y los límites del humanitarismo convencional. Huelga decir que esta forma original se basa en una práctica, la práctica del rescate en el mar que hemos implementado en las diversas misiones que perseguimos en estos dos años (y que apoyamos tanto con medios políticos como legales). Definitivamente intervenimos en situaciones de emergencia donde hombres, mujeres y niños se encuentran en condiciones potencialmente mortales. Pero no consideramos a los migrantes y refugiados como meras víctimas. Preferimos mirarlos como protagonistas de una lucha por la libertad, por elemental y arriesgada que sea, que tenemos que apoyar y desarrollar políticamente dentro de una perspectiva más amplia de transformación política. Esta es una actitud que ha caracterizado cada vez más el debate y la práctica de varios actores involucrados en el rescate de migrantes en el Mediterráneo, y estamos orgullosos de ser parte de una flota civil en expansión activa en el mar y en tierra.

Quisiéramos cerrar esta declaración destacando que hoy en día la situación en el Mediterráneo ha cambiado una vez más. Lo que está sucediendo en estas horas, con las autoridades europeas abandonando el Louise Michel en estado de emergencia, demuestra definitivamente las implicaciones criminales del régimen fronterizo europeo y la urgente necesidad de los actores de la sociedad civil en el Mediterráneo. Nuestro barco, el Mare Jonio, salió del puerto de Augusta al mediodía y navega hacia el Louise Michel para brindar ayuda y asistencia.

Continuaremos luchando contra los retrocesos ilegales realizados por los llamados guardacostas libios, continuaremos interviniendo para rescatar a personas en peligro, continuaremos consolidando la cooperación dentro de la flota civil. Pero tenemos que ser conscientes de que ya no nos enfrentamos a Matteo Salvini y su política de “puertos cerrados”. Para decirlo rápidamente, el actual régimen fronterizo en el Mediterráneo no está gestionado por los "populistas". Está gestionado, en su formación cambiante, por el mismo centro de la Unión Europea. Esto significa que hay mucho más en juego en el Mediterráneo, que estamos luchando a lo largo y contra las fronteras europeas en una situación en la que, debido a las consecuencias de la pandemia Covid-19, la UE intenta relanzar y recalificar el proceso de integración. La dirección y la calidad de la integración europea estarán en el centro de las luchas sociales y políticas durante los próximos meses. Nuestro activismo en el mar será parte de tales luchas, en un intento por abrir nuevos espacios de libertad e igualdad, lo que también significa establecer nuevas condiciones materiales para una relación diferente de Europa con sus múltiples exteriores, en el gran Medio Oriente y más allá. Una vez más, las luchas y prácticas diarias de los migrantes son para nosotros una fuente fundamental de inspiración en este sentido.


Déclaration publique de Sea-Eye

It is with great concern, that we’ve been witnessing the purposeful, steady decline of the state of human rights, as well as the continued and deliberate violation of maritime and international laws by state actors of the European Union, with respect to people in distress at sea in the Mediterranean. Especially during the past three years we, as a civil sea rescue organization, have not only been confronted with the general unwillingness of states to conduct and facilitate sea rescue, but also the implementation of strategies to hinder, incapacitate, and even criminalize civil sea rescue efforts aimed at saving human lives at sea. This year the farce of the detention of our ship ALAN KURDI in Italy due to transpicuously ostensible reasons has prevented us from conducting rescue missions for four months. During this detention period alone, at least 252 people drowned in the Central Mediterranean Sea. We’ve since filed legal action before the competent court in Palermo.

One blatantly evident goal of European “border policies” is the complete outsourcing of rescue efforts to the so-called Libyan coast guard, many of whom have demonstrably been documented to take part in gross human rights violations and abuse of refugees, as well as display a general incompetence in handling SAR (search and rescue) cases. This comes as no surprise, given that these forces operate in a country of raging civil war. For our organization, this has culminated in incidents where the so-called Libyan coast guard have not only severely hindered our rescue efforts during an active operation but have even fired shots in the air and threatened the refugees and our crew. We therefore strongly condemn the European policies that enable and fund these forces and insist on the fact that we must not leave sea rescue operations to said offenders.

Another important issue that cannot be stressed enough is that Libya is an active war zone, and that refugees who reside there are subjected to the worst kind of human rights violations that have previously been described as “concentration-camp-like”[2] by the German Ministry of Foreign Affairs. For theses reason it is paramount, that any survivors rescued at sea not be illegally pushed-back to this country, where they face imprisonment and must fear for their lives every day. The non-refoulement policy must be upheld and shall not be circumvented by European states by way of leaving it up to Libyan forces to execute such illegal pushbacks, as has become common practice in recent years. Furthermore, we demand that any overt or covert efforts to undermine our rescue operations seize immediately and that the states of the European Union let us continue to save the lives of people in need they so plainly choose to abandon at sea.

While we fully acknowledge that migration is a complex matter, we urge the European Union to not carry out political battles on the backs of those most vulnerable, whose lives are in danger daily and who are in need of swift assistance. It is also worth noting that, while there are many laws already in existence today that protect refugees and those in distress at sea, they are rendered irrelevant if they are de facto broken by authorities almost every single day. Enforcing these laws must become a priority and adhering to them must become best practice again, for all authorities involved.

We also demand that the European Union create safe passages for asylum seekers and refugees, so that they do not have to cross these most dangerous routes in the first place. In addition, the EU shall finally agree on a fair policy of distribution of refugees throughout Europe, so as to generate an equilibrium between nations, irrespective of geographical factors. The cooperation with and funding of the so-called Libyan coast guard must be terminated immediately, and NGOs shall be supported instead. Our main goal, as we’ve been stating for years, is to become redundant: We demand that the EU start its own state side sea rescue, with the explicit and primary goal to save all people in distress at sea - irrespective of race or passport - instead of protecting borders.

But until this has been achieved, we will not cease our rescue efforts and we will do everything we can to protect human life at sea. In fact, we will expand our operations and we seek to save as many lives as we can for as long as is necessary. #AllBlackLivesMatter #AllRefugeesMatter

Postface par Daniel Innerarity - Universidad del País Vasco/Euskal Herriko Unibertsitatea ES

La Europa de los refugiados

La crisis de los refugiados fue y continúa siendo una tragedia humanitaria, pero también constituye un síntoma de la crisis estructural de la integración europea. Tanto la Unión Europea como la mayor parte de sus estados miembros fueron incapaces de responder en aquel momento crítico a la llegada masiva de personas en busca de acogida y tampoco lo están haciendo con posterioridad. Este fracaso revela muchas cosas: cuestiona el modelo vigente de gobernanza europea, pone de manifiesto lo débil que es su identificación con los valores que en principio la definen, revela una incapacidad de adelantarse a las crisis, un compromiso insuficiente con la lucha contra las causas que provocan esos desplazamientos (conflictos, pobreza, cambio climático) y una falta de europeización de nuestras obligaciones recíprocas en general y en relación con quienes demandan asilo.

No superaremos realmente esta crisis mientras no examinemos nuestro modelo de inmigración conforme a los principios de derecho, los valores que decimos defender y su tratamiento común a escala europea. Los acuerdos alcanzados no son equitativos porque depositan todo el peso de la responsabilidad en los países de llegada, lo que está provocando muchas de las tensiones cuyos efectos perversos son ahora más evidentes. Esta incapacidad de armonizar las políticas de asilo en un espacio europeo de libre circulación está una contradicción con la naturaleza constitucional de la Unión Europea y sus valores. 

Además de los daños sobre quienes demandan acogida y sus derechos, está cada vez más claro el vínculo de ciertos marcos mentales que se han ido asentado en torno a esta cuestión con el resurgir de la extrema derecha y la xenofobia en muchos países europeos. Por eso una de las batallas fundamentales tiene que ver son el examen de los discursos sobre la migración y las contradiciones que revelan sobre nosotros mismos.

El tipo de discursos oficiales que han dominado el paisaje político durante los últimos años ha contribuído a proyectar sobre los migrantes nuestras ansiedades sociales (como si la llegada de personas fuera la causa de nuestras crisis, de la precarización laboral o el desempleo) y a vincular el tema de la emigración con los problemas de seguridad. En algunos casos a habido incluso una criminalización de los migrantes o una sospecha preventiva de que se trataba de “falsos” refugiados que venían a aprovecharse de la “generosidad” de nuestros sistemas de protección, lo cual ha venido muy bien a quienes de este modo conseguían un doble objetivo: achacar el debilitamiento del estado de bienestar a una supuesta explosión de la demanda de protección (en vez de a una voluntad expresa de disminuirlo) e instalar el marco mental que vincula al estado del bienestar con una generosidad excesiva, inasumible en tiempos de crisis. Una mirada crítica sobre esta manera de argumentar y los supuestos en los que se basa nos permite deducir muchas cosas acerca de nosotros mismos. Por ejemplo, que si un político insiste mucho en que hay que cuidar a los nuestros antes que a los refugiados probablemente no esté interesado en hacer ninguna de las dos cosas. Si un país trata con tanta insensibilidad a los inmigrantes es muy probable que se comporte de una forma similar con sus propios ciudadanos.

Otra de las estrategias perversas ha sido convertir una política de redistribución en una política de identidad, como si lo que está en juego en este tema no fuera una decisión de asignación de recursos sino el futuro dramatizado de nuestra identidad cultural y civilizatoria. Y la narrativa que ponía el acento sobre el combate contra las mafias que se hacían cargo del desplazamiento de las personas ha sido una trampa retórica que tomaba la parte por el todo y ocultaba otras dimensiones más relevantes de la crisis migratoria, que no están tanto en el acceso como en los motivos de la partida. A estas alturas parece bastante claro que las políticas de emigración no pueden ser gestionadas sin tomarse en serio sus causas estructurales. Era mucho mas clarividente el Libro Blanco de la Gobernanza Europea (2001) cuando apuntaba a la conveniencia de contar con una anillo de países bien gobernados y prósperos económicamente, pero la insuficiencia de estas políticas de cooperación es evidente a la luz de los resultados.

En el preámbulo del Tratado Constitucional, mantendido en el Tratado de Lisboa, Europa se autodefine solemnemente como un "area especial de la esperanza humana". Esta consideración de sí misma contrasta con la realidad de quienes no son acogidos y buscaban precisamente en Europa ese futuro abierto. Ya advirtió Hannah Arendt en su célebre obra Los orígenes del totalitarismo, de 1951, que las personas sin derechos no son esos “bárbaros” ilegales que amenazan nuestra identidad y seguridad sino los primeros síntomas de una posible marcha atrás en la civilización.

Épilogue par Maria Giannacopoulos - Flinders University AU

Refugee Freedoms are part of the Struggle to Decolonize: Notes from Australia

When the Sail 4 Justice boat the ‘Lazy Jack’ set sail from Australia to Manus Island in 2019 the motivation was to bring attention to the torture and abuse of refugees in prison camps established by the Australian state. It was but also to highlight how this violence towards refugees is intimately linked to the continued illegal occupation of so-called Australia.

The absence of a treaty with First Nations peoples testifies to the fact that Indigenous peoples never ceded their sovereignty. And as Robbie Thorpe a long-time activist from the Krautungalung people of the Gunnai Nation has said ‘the Australian government has no legitimate right to grant or refuse entry to this country’. The granting of Aboriginal passports to the refugee men imprisoned on Manus Island was/is a powerful decolonising gesture. It signals the illegality and illegitimacy of the legal/political and economic regime that is Australia which claims to have the authority to deny liberties and violate the humanity of refugees seeking asylum.

It was in 2001 when the Norwegian freighter vessel the Tampa rescued 438 asylum seekers who were in distress in the Pacific Ocean that Australia began to militarise the question of asylum. The oceanic detention of the refugees on the Tampa signalled the start of offshore imprisonment under the Pacific Solution showing Australia’s intention of using the full range of state force: military, legislative and juridical to curb refugee asylum. Arne Rinnan, the Captain of the Tampa was threatened with legal action if he tried to bring the people he had rescued onto the mainland. With the refugees not allowed touch foot on Australian soil, they were sent to ‘third countries’. This was paradoxically in line with the cornerstone refugee protection of non-refoulement. Although not sent back to the original frontier of danger, new sites of danger could be and were produced with Australia establishing refugee camps in countries where Australia once had formal imperial control.  

Manus Prison was first opened as a refugee prison in 2001, closed in 2008, and then reopened late in 2012. It then operated between 2013 and 2017 until it was formally closed When Papua New Guinea (PNG) entered into arrangements with Australia for the purpose of Australia’s Pacific Solution, it was done in exchange for Australia providing millions of dollars in aid that would allow for the redevelopment of universities, hospitals, upgrading of roads, a new courts complex and the deployment of Australian police on what was formerly Australia’s imperial territory.

In the last 20 years since Tampa, the Governmental claim has been that ‘stopping the boats’ from arriving in Australia is the humanitarian approach as it prevents people dying on dangerous journeys. While they claim it saves lives, it has in fact been the foundation for the establishment of refugee prisons- places of great suffering, torture and death. This policy approach has extended the reach of Australian law beyond its formal jurisdiction revealing once again that the power to punish refugees is one rooted in imperial force. The incarceration of refugees on Pacific Islands such as PNG’s Manus Island is tied up with the historical and contemporary usurpation of Indigenous sovereignty in Australia since Australia’s legal framework is violently imposed and lacks consent at its foundation. Australia remains a colonial and imperialising state with its laws both creating and legitimising the brutality exacted upon those who have fled persecution in search of safety and asylum.

Despite the official closure of Manus Prison in 2017 following the PNG Supreme Court Namah decision, mass protests occurred as the prison and even basic infrastructural support was dismantled around the still incarcerated refugees. The prison was officially ‘closed’ but for refugees Manus Island became an ‘open air prison’. Political prisoner, refugee activist and prolific and award winning writer while imprisoned on Manus Island, Behrouz Boochani wrote that the lead-up to the closure was like being in a war zone as the prison site was destroyed and refugees deprived of all food and amenities under close police watch.  

The colonial Australian state has been attracting considerable attention for the treatment of refugees and asylum seekers. Some of that attention condemns the state for its brutality and Behrouz Boochani has been a powerful voice in that regard. Meanwhile other right-wing state power brokers, like Donald Trump and Geert Wilders have been inspired by Australia’s imperial reach and legalized violence against refugees on its neighbouring Pacific Islands. Trump’s tweet before meeting with Australian Prime Minister Scott Morrison for the G20 summit exclaiming that ‘much can be learned’ from Australia’s example and Wilder’s appropriation of Australia’s 2014 ‘No Way’ slogan to found an anti-immigration party in the Netherlands validate and build on Australia’s identity as a penal state.

In such narratives, Australia’s unacknowledged sovereign debt crisis remains invisible. The Australian sovereign debt crisis is the unrecognised fact that colonial Australia (and its practices of refugee violence) are built off the constantly accruing and unpaid debts to Indigenous people who have never ceded their lands and sovereignty.   In Australia, the work needed to ensure refugee freedoms and protections is tied to the ongoing struggle for the self-determination of Aboriginal peoples upon on their own lands. Decolonization requires us to think of these questions together. 

Auteurs

Etienne Balibar, Columbia University FR
Giuseppe Caccia, Mediterranea IT
Caterina Di Fazio, Maastricht University NL
Maria Giannacopoulos, Flinders University AU
Daniel Inerrarity, Universidad del País Vasco/Euskal Herriko Unibertsitatea ES
Virginie Lefèvre, Amel LB
Sandro Mezzadra, Università di Bologna IT
Iñigo Mijangos, Salvamento Maritimo Humanitario ES
Sophie Weidenhiller, Sea-Eye DE

Organisations

Amel FR
Baobab Experience IT
Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-es (LDH) FR
Mediterranea IT
Migreurop EURO-AFRICAIN
Salvamento Maritimo Humanitario ES
Sea-Eye DE
SOS Racismo ES

Signataires

Morris Rosalind, Columbia University US
Schulz Miriam, Columbia University US                            
Constantini Gianluca, Fumettista IT                                  
Benhabib Seyla, Yale University US                                     
Sala Roberta, Università Vita-Salute San Raffaele IT
Terraciano Pasquale, INSR IT                                                      
Resta Eligio, Università degli Studi Roma 3 IT    
Gianni Alfonso, Fondazione Cercare Ancora IT       
Pullano Teresa, University of Basel CH                  
Costa Andrea, Baobab Experience IT                     
Boccia Marialuisa, Università di Siena IT                                 
Fiorillo Michele, Civico FR                                       
Montanari Tomaso, Università per Stranieri di Siena IT            
Visone Tommaso, Sapienza-Università di Roma IT                
Ben-Yehoyada Naor, Columbia University US                            
Bessone Magali, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne FR 
De Lucas Javier, Senador/Universitat de Valencia ES
Gundogdu Ayten , Columbia University US
De Leonardis Ota, Università Milano-Bicocca IT
Calame Claude, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) FR
Garcès Blanca, Barcelona Center for International Affairs ES
Wihtol de Wenden Catherine , CNRS SciencesPo FR
Palazzotto Erasmo, MP IT
Canfora Luciano, Università di Bari IT
Varotti Carlo, Università di Parma IT

Pour signer : agoraeupoliticalspace@gmail.com

A propos d’Agora Europe

Agora Europe vise à inaugurer et promouvoir un débat transnational – au sein de l’Europe et au-delà – sur l’échelle, la portée et la substance de l’espace politique européen. L’objectif de ce débat est d’encourager la coopération, de promouvoir l’inclusion, et de développer des liens à travers les régions euro-méditerranéennes et atlantiques, questionnant la signification de la citoyenneté et ses limites à une époque marquée par l’interconnexion globale et la migration de masse. Afin de faciliter ce débat, Agora Europe fonctionne comme une agora permanente et itinérante, rassemblant des académiques, des politiciens, des acteurs culturels et des citoyens. Agora Europe a été cofondé en 2018 par Etienne Balibar, Caterina Di Fabio, Nadia Urinait et plusieurs autres personnalités académiques et activistes, au sein des Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Colombia. Depuis 2020, Agora Europe est enregistrée comme association sans but lucratif au sein de la Mairie d’Hendaye. Agora Europe a coordonnée et présente au Parlement Européen, conjointement avec Studio Europa Maastricht, Charta 2020, la première charte des biens publics européens.

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https://maastrichteurope.nl/charta-2020/

https://alliance.columbia.edu/events/est-ce-que-leau-est-une-frontiere

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[1] “IOM and UNHCR call for urgent disembarkation of rescued migrants and refugees in Central Mediterranean Sea”, Geneva, 08/29/2020: https://www.iom.int/news/iom-and-unhcr-call-urgent-disembarkation-rescued-migrants-and-refugees-central-mediterranean

[2] https://www.welt.de/politik/deutschland/article161611324/Auswaertiges-Amt-kritisiert-KZ-aehnliche-Verhaeltnisse.html l.a. 9/29/2020

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