Les débuts de La révolution en Syrie : Les enfants martyrisés de DERAA

Syrie : "C'est un régime qui s'entête à utiliser la force." © FRANCE 24
Syrie : "C'est un régime qui s'entête à utiliser la force." © FRANCE 24

La révolution syrienne est en marche, alimentée par une répression sanglante, qui va jusqu'à l'envoie de troups dans des villes comme DERAA et BANYAS, qui étaient auparavant des bastions du régime.

Comment tout cela a commencé?

En fait, depuis le 4 février, des appels sur FACEBOOK invitaient les syriens à suivre l'expemple tunisine, puis egyptien, avec peu de succès. C'est aux alentours de mi-mars que des enfants, entre 10 et 14 ans, qui jouaient à DERAA, ont fait des grafitis sur les murs "le peuple veut la fin du régime" imitant les slogans egyptiens d'alors.

Les forces de sécurité, dirigées localement par le cousin du président Assad, Atef Najib, ont enfermé une quinzaine de ces enfants, et les ont torturés. Lorsque leurs familles se sont rendus au bureau du gouvrneur, ils ont été chassées et humiliées, y compris un imam bien respecté localement, dont le kefieh a été balancé par ce gouverneur. Ainsi on dit que la révolution tunisienne a démarré avec un chariot à légume, alors que la révolution syrienne a commencé par un kefih jeté par terrre, en signede non respect.

Une première manifestation, réclamant la libération des enfants, a eu lieu, coïncidant avec le vendredi de défi selon l'appel du facebook. Or, pour ne rien calmer, les forces de sécurité ont tiré sur la foule tuant au moins cinq personnes.

Plus tard, pour calmer les esprits, les forces de sécurité ont relâché certains des enfants. Leur familles ont découvert alors les traces des coups sur leur corps et les ongles arrachés pour au moins l'un d'entre eux.

Lors de la seconde manifestations, cette fois pour réclamer des sanctions contre le cousin du président, responsable de la torture et de la première massacre. Des dizaines de morts sont tombés sur les balles à Deraa, le mosquée où se réfugiaient les manifestants a été envahi par des troupes, qui ont prétendu y avoir trouvé des armes et des explosifs! La télé syrienne évoquait alors une organisation salafiste totalement inconnue en Syrie. Cela a aggravé le sentiment d'injustice et l'humiliation des habitants.

Cela est la version de M ABU ROUMIEH, deputé syrien dont l'intervention a été censuré par les médias locaux. Le témoignage intégral se trouve sur youtube, en Arabe (http://www.youtube.com/watch?v=O7VPxcgR_zE).

Assad va limoger le gouveneur, et prétendra avoir viré son cousin. Or, ce dernier est toujours à Deraa où il dirige les opérations de répression.

Le bain de sang ne fait que commence, la famille Assad a déjà une réputation qui n'est plus à faire.

Malheureusement, ce blog n'est pas près de se cloturer rapidement.

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