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Billet de blog 26 mars 2013

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Journée de l'abandon des harkis - 12 mai 2013 à Paris

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Appel du 12 mai 2013 par le collectif de la journée de l’abandon des harkis

Le 12 mai 1962, appliquant la politique du Gouvernement en place, Pierre Messmer, ministre des Armées,  envoie au général Fourquet, commandant supérieur interarmées,  basé à Alger, un télégramme lui demandant de sanctionner les officiers ayant pris sur eux d’évacuer des groupes de harkis depuis l’Algérie vers la métropole.

Trois jours plus tard, le 15 mai 1962, Roger Frey, ministre de l’Intérieur, confirme, dans une lettre adressée au ministre des Armées  la volonté des autorités civiles d’abandonner les harkis sur le sol algérien : «... Des groupes de harkis arrivent ou s'apprêtent à rentrer en métropole dans des conditions assez anarchiques... Il me paraît même probable que, dans certains cas, des harkis ont été incités à franchir la Méditerranée sans qu'ils aient été précisément menacés. Il y a là un danger certain... »

Si Pierre Messmer n’est pas le seul responsable de la tragédie des harkis, ce télégramme, qu’il a signé, est un symbole. Depuis le début de la guerre en 1954, pour servir la politique du gouvernement en place, des responsables militaires ont tout mis en œuvre pour enrôler des hommes, et aussi des femmes, parfois mineurs, pour combattre, en tant que supplétifs,  aux côtés des soldats français. Plusieurs centaines de milliers de jeunes, principalement des ruraux, souvent pris en otages par les belligérants, participent à cette guerre. Ces mêmes responsables militaires les rassurent en leur promettant protection en cas de nécessité. Seuls quelques-uns d’entre eux tiendront leur promesse le moment venu.

Cet abandon, confirmé par  des historiens, eut des conséquences tragiques dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. On ne peut passer parpertes et profits les nombreuses exactions subies par d'anciens harkis et leurs familles, les humiliations, les tortures, les condamnations à une mort lente, les massacres. Les témoignages des anciens harkis refugiés en France, les archives nationales et internationales sont là pour l'attester. À titre d’exemple, un document du vice-président du Comité International de la Croix-Rouge (CICR),  que nous mettons à la disposition du Président de la République, rapporte que 20 000 anciens harkis sont morts en déterrant, de force, des mines posées par le Génie militaire français pendant la guerre. Plusieurs dizaines de milliers de harkis ont été emprisonnés, en Algérie,  à la fin de la guerre. Les autorités civiles et militaires étaient informées de la situation.

Les harkis et leurs enfants ont payé un lourd tribut à la guerre d’Algérie, non seulement en termes de pertes humaines et de drames familiaux, mais en termes d’exil, et, de relégation dans des camps sur le sol français.

Quelques personnalités françaises se sont exprimées sur le sujet 

Sans être exhaustif :

-       Le 13 septembre 1991, Jean Lacouture s’exprime dans l’hebdomadaire Télérama : « Ce tabou-là n’est pas près d’être levé. 100.000 personnes sont mortes par notre faute. Un massacre honteux pour la France comme pour l’Algérie. Le déshonneur est trop lourd à porter ».

-       Le 4 novembre 1999, dans le quotidien Le Monde, Dominique Schnapper souligne : « La France s’est mal conduite. Elle n’a pas respecté sa parole pour des raisons politiques. Elle a abandonné à la vengeance de ses ennemis ceux qui étaient engagés pour elle. »

-       Le 17 juin 2000, dans le quotidien Le Figaro, Jean Daniel écrit : " … Nous avons tous à demander pardon aux harkis".  Le 17 septembre 2009,  il revient sur le sujet et rapporte dans l’éditorial du Nouvel Observateur : « De Gaulle a abandonné les harkis : c’est son crime; et le nôtre».

-       Le 18 mars 2010, à l’occasion de son élection à l’Académie Française, Simone Veil a prononcé un discours où, dans un passage qui leur est consacré, elle a exprimé une réelle compassion vis—à-vis du drame vécu par les harkis et leurs familles en 1962 : «La tragédie de ces familles entières abandonnées laisse en tout cas une tache indélébile sur notre histoire contemporaine. »

Des organisations de défenseurs de droits de l’Homme se sont positionnées sur le sujet 

-       Le 10 septembre 2001, dans une tribune de « Libération » intitulée « Harkis : un crime d’état », Michel Tubiana, président de la LDH, écrit : « …La République a commis en 1962, en Algérie, un crime d’État… Il faut que la République reconnaisse sa responsabilité publiquement. »

-       Le 20 septembre 2005, Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, écrit au Président de la République Jacques Chirac : « N'est-il pas temps que notre pays reconnaisse officiellement qu'il a eu vis-à-vis de ceux que l’on a l’habitude d’appeler les harkis un comportement indigne de lui ? ».

-       Le 3 mars 2006, dans un communiqué de presse, Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP,  déclare : « Les supplétifs de l'armée française… ont été lâchement abandonnés sur place après le cessez-le-feu».

-       Le 9 septembre 2012, Alain Jakubowicz, président de la LICRA  déclare lors des universités d’été de cette association: « (..) Si le message ne vient pas du plus haut niveau il n’est pas entendu. C’est pourquoi je souhaite m’adresser au Président de la république et lui demander solennellement… de rendre justice à nos concitoyens harkis… Le président Chirac, en 1995, 50 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, a tenu au vélodrome d’hiver, le discours qu’on attendait d’un Chef de l’État. Il ne s’agissait pas de repentance, il s’agissait de refermer une page d’histoire. Le président Chirac a eu les mots justes en disant ce qui a été. Il n’a pas stigmatisé la France, il lui a au contraire rendu son honneur; 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, justice doit à présent être rendue (…)».

Trois Présidents de la République reviennent ou s’engagent sur le sujet 

-       Le 25 septembre 2001, lors de la première journée nationale d’hommage aux harkis, Jacques Chirac, prononce, dans son discours officiel : « … Elle [La France]ne laissera pas l’oubli recouvrir la mort et la souffrance… Notre premier devoir, c’est la vérité. Les anciens des forces supplétives, les harkis et leurs familles, ont été les victimes d’une terrible tragédie… Les Harkis ne sauraient demeurer les oubliés d’une histoire enfouie… »

Jacques Chirac parle de souffrance, de terrible tragédie, de devoir de vérité sans reconnaître la responsabilité de la France dans l’abandon et les massacres en 1962.

-       Le 31 mars 2007, le candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, déclare devant un parterre de membres d’association de harkis : «Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de Harkis et d’autres milliers de ’’musulmans français’’ qui lui avaient fait confiance, afin que l’oubli ne les assassine pas une nouvelle fois. »

Nicolas Sarkozy n’a pas tenu son engagement de campagne.

-       Le 5 avril  2012, le candidat à la l’élection présidentielle, François Hollande, écrit aux associations de harkis : « Si le peuple français m'accorde sa confiance, je m'engage à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil des familles transférées dans des camps en France. Au-delà de cette reconnaissance tant espérée et tant attendue, que l'actuel président sortant a refusé d'accomplir, je veux ici vous faire part de mon intention d’assurer aux Harkis et à leurs descendants la reconnaissance de la République. ".

François Hollande a parlé de fautes, le 25 septembre 2012, mais n’a toujours pas tenu son engagement de campagne.

Pour demander au président de la République de tenir son engagement,

 Rassemblement le dimanche 12 mai 2013, à 10 heures

 Place en face de l’entrée principale du Palais de justice,

4 boulevard du Palais à Paris – Métro : Cité

 Le collectif demande à être reçu par le Président de la République

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Premiers signataires du Collectif de la journée de l’abandon

-       AHDH (Association harkis et droits de l’Homme), présidée par Fatima Besnaci-Lancou, département de Paris.

-       Union nationale des harkis et leurs enfants, présidée par Abdelkader Chaoua, département 34.

-       Coordination Jeunesse Harkis 09 et leurs Amis», présidée par Fatima Mokrani,  département 09 (Ariège).

-       Association Défense et Avenir des Harkis (A.D.A.H.), présidée par François Benredjem, département 21.

-       Association Mémoire d’Armée d’Afrique, présidée par Belkacem Gueroui, département 83.

-       Association Reconnaissance Histoire Mémoire & Réparation pour les Harkis, présidée par Abdelkader Hamoumou, département 13.

-       Association des Harkis de l'Aveyron, présidée par Rabah Ighilameur, département 12.

-       Association Zeitoun, présidée par Fatima Valla, département 47.

-       Collectif des Associations de la Communauté Harkie d'Aix et du Pays d'Aix en Provence, présidé par Slimane Djera, département 13.

-       Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins, présidée par Hamid Khémache, département 24.

-       Association Mémoire d'Hier et d'Aujourd'hui pour Demain, présidée par Achour Bali, département 31.

-       Association Générations harkis du Tarn, présidée par Mohamed Djafour, département 81.

-       Collectif harkis 13  de La Roque d’Anthéron, présidé par Zohra Aridj, département 13.

-       AHSM (Association des harkis de Seine Maritime), présidée par Ahmed Bouteldja, département 76.

-       ARACAN (Association des Rapatriés Anciens Combattants d'Afrique du Nord), présidée par Ali Laïdaoui, département 30.

-       Association des harkis mineurs victimes de guerre, présidée par Brahim Sadouni, département 76.

-       APSECT (Association  pour la promotion sociale éducative et culturelle du Tarn), présidé par Ali Tébib, siège département 81.

-       Comité régional Harkis PACA et leurs amis, présidé par Ali Amrane, département 13.

-       Collectif génération harkis, Mémoire et Vérité, présidé par Amar Méniker, département 66.

-       ANASA (Association Nationale des Anciens Supplétifs d'Algérie), présidée par Merzak Labandji, département 94.

-       AJIR Roubaix (Association Agir pour une Juste Intégration dans la République), présidée par Amar Chalabi, département 59.

-       AVACRA (Association Vendéenne d'Anciens Combattants et Rapatriés d'Algérie), présidée par Ahmed Mestar, département 85.

-       Association Génération Harkis, présidée par Adda Moualkia, département 47.

-       Coordination Harka, présidée par Hacène Arfi, département 84.

-       Comité national de liaison des harkis, présidé par Gasmi Bouaza, département 47.

-       AASAF (Association des anciens supplétifs de l’armée française), présidée  par Abdelkader Ben-Ameur, département 93.

-       UNHAS (Union Nationale des harkis associés et sympathisants), présidée par Messaoud Kafi, siège département  78.

-       MESOM (Association mémoire études des sociétés maghrébines), présidée par Zohra Cherchar, département 95.  

-       Association « Femmes et enfants de harkis de France et du monde », présidée par Aline Carabetta, département 13.

-       Collectif des associations de harkis des Alpes-Maritimes, présidé par Ali Amrane, siège département 06.

-       Association des harkis et enfants de harkis des Pyrénées-Atlantiques, présidée par Alain Ferki, département 64.

-       Union départementale des harkis de Moselle, présidée par Idir Amanzouggarene, département 57.

-       Association AJIR pour les harkis à Dreux, département 28.

-       ANACHPGA (Association Nationale des Anciens Combattants Harkis et Prisonniers de Guerre d’Algérie), département 83.

-       ACHCBC, Anciens combattants harkis de Cannes et du bassin cannois, présidé par Younès Salah, département 06.

-       Association  harkis du cœur du var et ses environs, présidée par Djamel Guedouar, département 83.

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