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Billet de blog 31 mai 2011

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Colloque : “Lieux d'internement, lieux de mémoire“ à Paris le mercredi 8 juin 2011

Colloque : "Lieux d'internement, lieux de mémoire"  Mercredi 8 juin 2011 de 9H15 à 18H00 à l’Auditorium de l'Hôtel de Ville, 5,rue Lobau, 75004 Paris (Métro: Hôtel-de-Ville) : journée organisée par la Ville de Paris et l'association harkis et droits de l'Homme. Pour plus d'informations et inscription : 06 68 00 61 34 ou associationAHDH@gmail.com     Le 12 novembre 1938, sous la Troisième République, un décret permit l’internement des « étrangers indésirables » dans des « centres spécialisés ». Contrairement à la procédure "juridico-policière" traditionnelle, l'internement administratif vise des personnes non pour ce qu'elles ont fait (ou sont présumées avoir fait) mais pour le danger potentiel qu'elles représentent aux yeux de l'Etat du seul fait de leur présence sur le sol français. En 1938, elle vise principalement les réfugiés espagnols... suivent les juifs, les tziganes, les indochinois, les harkis… « Ces centres spécialisés » ne sont rien d'autre que des camps.

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Colloque : "Lieux d'internement, lieux de mémoire"

Mercredi 8 juin 2011 de 9H15 à 18H00 à l’Auditorium de l'Hôtel de Ville, 5,rue Lobau, 75004 Paris (Métro: Hôtel-de-Ville) : journée organisée par la Ville de Paris et l'association harkis et droits de l'Homme. Pour plus d'informations et inscription : 06 68 00 61 34 ou associationAHDH@gmail.com

Le 12 novembre 1938, sous la Troisième République, un décret permit l’internement des « étrangers indésirables » dans des « centres spécialisés ». Contrairement à la procédure "juridico-policière" traditionnelle, l'internement administratif vise des personnes non pour ce qu'elles ont fait (ou sont présumées avoir fait) mais pour le danger potentiel qu'elles représentent aux yeux de l'Etat du seul fait de leur présence sur le sol français. En 1938, elle vise principalement les réfugiés espagnols... suivent les juifs, les tziganes, les indochinois, les harkis… « Ces centres spécialisés » ne sont rien d'autre que des camps.

Matinée

9 H 30

Projection du documentaire « Camp de Rivesaltes – Journée du patrimoine 2007 » de José Jornet

10 H 30 - 12 H

Denis Peschanski, historien, directeur de recherche au CNRS, président du conseil scientifique du Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes et Marianne Petit, directrice du Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes;

José Jornet, cinéaste et auteur du livre "Républicains espagnols en Midi-Pyrénées : Exil, histoire et mémoire" aux éditions Toulouse PU Mirail.

12 H – 12 H 30

Geneviève Jacques, ancienne secrétaire générale de la CIMADE.

12 H 30 – 13 H

Echanges avec le public

Après-midi

14 H 30 – 15 H 15

Abderrahmane Moumen, historien; chercheur associé au CHRiSM (Centre de Recherche Historique sur les Sociétés Méditerranéennes, Perpignan)

15 H 15 – 15 H 45

Echanges avec le public

15 H 45 – 16 H 30

Pierre Daum, journaliste, auteur du livre: " Immigrés de force: les travailleurs indochinois en France, 1939-1952" auxéditions ActesSud;

16 H 30 – 16 H 45

Echanges avec le public

16 H 45 – 17 H 45

Dominique Rolland, Maître de conférences à l’Inalco, auteure de Petits Vietnams, histoire des camps de rapatriés d’Indochine, Elytis, 2010

Intervention animée : "Mémé Le Crenn s'en est allée" : extraits du specatcle de Dominique Rolland "La

Tonkinoise de l'île de Groix", en hommage à Joséphine Le Crenn, doyenne du camp de Sainte Livrade,

récemment décédée .

Modérateur: Gilles Manceron, historien

RESUMES DES INTERVENTIONS

Denis Peschanski, historien, directeur de recherche au CNRS, président du conseil scientifique du Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes, et Marianne Petit, Directrice du Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes

Le camp de Rivesaltes, lieu longtemps passé sous silence, fut pourtant le témoin majeur del’internement, l’exclusion, et la mise à l'écart des étrangers considérés comme " indésirables «, qu'ils soient espagnols , juifs , tsiganes , harkis .... Son histoire s'inscrit dans celle de la France des camps de 1938 à 1946 et se poursuit jusqu'à la guerre d’Algérie. Il est devenu depuis quelques années un projet de musée mémorial, porté par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales : un lieu de mémoires et d'histoire partagée.

Geneviève Jacques, ancienne secrétaire générale de la CIMADE

La Cimade auprès des « indésirables étrangers » mis à l‘écart

Depuis 70 ans un même fil rouge traverse l’action de la Cimade : manifester une solidarité active avec les étrangers stigmatisés comme « indésirables ». Cette ligne d’engagement a conduit des équipes de La Cimade à agir dans différents lieux d’enfermement où se trouvaient des « indésirables », mis à l’écart par le pouvoir selon des logiques d’exclusion qui ont pris des formes différentes au cours de l’histoire.

- Pendant la seconde guerre mondiale : La Cimade a été présente dans une dizaine de camps d’internement du sud de la France mis en place par le régime de Vichy, assurant une présence humaine et fraternelle et tentant l’impossible pour sauver des vies humaines.

- Pendant la guerre d’Algérie, l’action de La Cimade s’est développée des deux côtés de la Méditerranée : en métropole, visites aux Algériens « suspects » enfermés dans des camps d’assignation (Larzac, Gard, Marne) et en Algérie, travail socioculturel auprès des familles évacuées de leurs villages et placées dans des « centres de regroupement » contrôlés par l’armée française.

- A la fin des guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, des milliers de « rapatriés » ont été ramenés en France. Parmi ceux –ci, les harkis et les rapatriés indochinois, pas exactement« indésirables » mais pas vraiment désirés, ont été placés dans des camps de regroupement, baptisés « centre d’accueil ». La Cimade a envoyé des équipes dans le camp de St Maurice l’Ardoise pour les Harkis (1965-1968) et dans celui de Ste Livrade sur Lot pour les rapatriés d’Indochine (1966-1971).

- Enfin, depuis 1984, La Cimade est présente dans les centres de rétention administrative pour assurer une assistance juridique auprès des étrangers.

Abderahmen Moumen, historien, chercheur associé au Centre de recherche historiques sur les sociétés méditerranéennes (CRHiSM) de l’Université de Perpignan. Chargé de recherches historiques – Musée Mémorial du camp de Rivesaltes

Rivesaltes et Saint-Maurice l’Ardoise. Les camps de transit pour les familles d’anciens supplétifs(1962 – 1964)

Au sortir de la guerre d’Algérie, plusieurs camps de transit sont mis en place pour « accueillir » les familles d’anciens supplétifs dits « harkis » fuyant les violences. Succédant aux camps de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) et Le Larzac (Aveyron), les camps de transit de Rivesaltes et Saint-Maurice l’Ardoise ouvrent finalement leurs portes durant l’automne 1962. Les premiers mois d’installation, dans des conditions d’urgence et d’impréparation totale, demeurent difficiles avant les premiers reclassements. Soumis à un encadrement militaire, plus de 30.000 personnes passeront ainsi par ces deux camps jusqu’à la fin de l’année 1964.

Pierre Daum, Auteur de « Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952) », Préface de Gilles Manceron, Acte Sud 2009.

La Camargue et les travailleurs indochinois

La plupart des Français l’ignorent : le riz de Camargue tel que nous le connaissons aujourd’hui n’est apparu qu’en 1942. Et ce qui est encore plus ignoré : il est né grâce à la présence dans les mas arlésiens de plusieurs centaines de paysans vietnamiens. En septembre 1939, le gouvernement français fait venir en métropole 20 000 « travailleurs indochinois », la plupart de force, afin de les utiliser comme ouvriers dans les usines d’armement. Après la débâcle, 14 000 d’entre eux, bloqués en France, vont être loués pendant plusieurs années dans tous les secteurs de l’économie. Parqués dans des camps, ils ne touchent aucun salaire. Une quinzaine de mas camarguais vont bénéficier de cette main-d’œuvre exceptionnelle pour tenter de lancer une riziculture française. Ce sera le début de leur fortune.

Dominique Rolland, Maître de conférences à l’INALCO, auteure de « Petits Vietnams, histoire des camps de rapatriés d’Indochine », Elytis, 2010.

Le CAFI, centre d’accueil des français d’Indochine de Sainte Livrade sur Lot

Centre d’Accueil des français d’Indochine, installé dans une ancienne poudrerie à Sainte Livrade sur Lot, est entré dans sa phase de rénovation. Dans quelques mois, les traces matérielles de cinquante ans de vie dans ce camp auront donc disparu, et avec elles, tout un pan de la mémoire de ces populations, principalement métisses, rapatriées en 1956, à la suite des accords de Genève. Se pose aujourd’hui de manière cruciale, pour les résidents et leurs descendants, la question de la transmission de leur histoire, largement ignorée du public.

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