Aisdpk Kanaky
L’Aisdpk – Association Information et Soutien aux Droits du Peuple Kanak – défend la liberté de ce peuple colonisé à s’autodéterminer
Abonné·e de Mediapart

59 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 déc. 2020

Aisdpk Kanaky
L’Aisdpk – Association Information et Soutien aux Droits du Peuple Kanak – défend la liberté de ce peuple colonisé à s’autodéterminer
Abonné·e de Mediapart

Le pouvoir colonial joue la tension en Kanaky

Solidarité avec les protestations en cours en Nouvelle-Calédonie concernant l'usine Vale, dite usine du Sud. Kanaky solidarité et l’AISDPK organisent un rassemblement statique le mercredi 16 décembre de 18h à 19h, sur les trottoirs à l’angle de la rue Oudinot (n° 27) et du boulevard des Invalides, Paris 75007.

Aisdpk Kanaky
L’Aisdpk – Association Information et Soutien aux Droits du Peuple Kanak – défend la liberté de ce peuple colonisé à s’autodéterminer
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nous appelons à un rassemblement statique mercredi 16 décembre de 18h à 19h,
sur les trottoirs à l’angle de la rue Oudinot (n° 27) et du boulevard des Invalides, Paris 75007

avec respect des mesures sanitaires en cours (port du masque et distance)
L'AISDPK a déposé une demande d'autorisation à la préfecture et nous sommes dans l'attente de la réponse.

Instance Coutumière Autochtone de Négociation (8/12/2020) © ICAN https://www.facebook.com/ICAN2020SUD/videos/950843142110571

Depuis plusieurs semaines, une mobilisation massive est en cours en Kanaky Nouvelle-Calédonie pour défendre la souveraineté du peuple sur ses ressources minières, pour empêcher le pillage de ces ressources par des multinationales et, in fine, pour lutter contre la colonisation toujours en cours.

En décembre 2019, la société Vale Nouvelle-Calédonie, qui exploite l'un des plus grands gisements de nickel du pays et une usine de transformation du minerai, dans la province Sud, a annoncé vouloir quitter le pays et revendre ses parts. L'occasion pour les indépendantistes de faire revenir une partie des ressources minières dans le giron public, afin de garder le contrôle sur la politique de l'entreprise, à l'image du massif de Koniambo dont la province Nord est actionnaire à 51 %. 

Mais Vale NC (dirigée par le Français Antonin Beurrier), l'État et les partis anti-indépendantistes en ont décidé autrement.

L'offre de reprise déposée par la Sofinor (société de financement de la province Nord) et par un partenaire industriel sud-coréen, avec un projet d'actionnariat public calédonien à 56%, a été purement et simplement écartée, au profit de l'offre du consortium « Prony Resources », mis sur pied par Antonin Beurrier lui-même, soutenu par l'État, et financée en grande partie par le négociant international Trafigura (condamné pour ses pratiques illégales dans l'affaire du Probo Koala en Côte d'Ivoire) et par des investisseurs calédoniens privés (probablement issus des grandes fortunes coloniales encore très implantées dans l'économie calédonienne). Une part minoritaire de l'actionnariat reviendrait certes à la province Sud, mais les partis anti-indépendantistes qui la dirigent ne sont pas connus pour défendre une politique du nickel bénéficiant à l'intérêt général.

Instance Coutumière Autochtone de Négociation (8/12/2020) © ICAN https://www.facebook.com/ICAN2020SUD/videos/950843142110571

La mobilisation en soutien au projet d'une « usine pays » et en opposition à la reprise par Trafigura a pris une ampleur sans précédent depuis le mois de septembre. « Trafigura dehors », « Non au bradage de notre patrimoine foncier » font partie des mots d'ordre du collectif « Usine du sud = Usine pays » qui rassemble les institutions coutumières, les partis politiques et syndicats indépendantistes et plusieurs associations environnementales. Ces derniers jours, face au refus total de Vale, de la province Sud et de l'Etat d'étudier sérieusement le projet d'une reprise de l'usine par un actionnariat public, puis suite à l'annonce de la signature d'un accord ferme entre Vale et le consortium Trafigura, les grèves générales, blocages, barrages, manifestations, se sont multipliés. Cette affaire de reprise est devenue emblématique de la domination coloniale de l'Etat et des investisseurs étrangers et c'est contre cela, et pour leur souveraineté, que se battent les Kanak et leurs alliés.

Instance Coutumière Autochtone de Négociation (8/12/2020) © ICAN https://www.facebook.com/ICAN2020SUD/videos/950843142110571

Désormais, le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l'Outre-mer, Sébastien Lecornu, cherchent à faire peser la responsabilité des « violences » sur les militants indépendantistes, niant le fait que c'est l'État qui nourrit ces mobilisations, par son soutien à la stratégie de Vale et de la province Sud et son refus de négocier une reprise locale et publique de l'usine. Par ailleurs, ce sont les partisans de la Calédonie française, ayant monté des contre-barrages et arborant des drapeaux tricolores, qui brandissent des fusils, sans que les gendarmes à proximité ne réagissent. De même, ce sont les gendarmes français qui ont tiré à balles réelles vers les militants cherchant à pénétrer dans l'usine Vale pour en bloquer la production.

Ce que l'on pourrait désormais appeler « l'affaire de la reprise de Vale » est en réalité une énième tentative de l'État et des anti-indépendantistes de faire obstruction au processus de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie. Puisque le projet indépendantiste se renforce dans les urnes, avec une progression de 3 points au deuxième référendum du 4 octobre 2020, la stratégie des colons est donc de le contrer sur le terrain, en empêchant un projet qui pourrait favoriser la construction d'un futur État indépendant.

Car la maîtrise des ressources, qu'elles soient minières ou autres, est bien un élément indispensable à la souveraineté d'un pays. 

Nombre de pays africains en ont fait les frais, voyant leurs matières premières pillées et bradées par des États étrangers et des multinationales, exportées brutes sans être valorisées sur place, et sans que leurs populations aient un quelconque mot à dire et ne voient l'ombre des bénéfices de ces richesses.

Le collectif Solidarité Kanaky et l’AISDPK soutiennent donc pleinement la lutte menée par les Kanak contre le pillage de leurs ressources et pour leur souveraineté.

Nous dénonçons la position de l'État qui, alors qu'il devrait être engagé dans le processus de décolonisation par les accords de Matignon et de Nouméa, soutient un projet qui va totalement à l'encontre de ce processus et reste sourd aux revendications indépendantistes, poussant Kanaky Nouvelle-Calédonie dans une situation de grande tension. 

Instance Coutumière Autochtone de Négociation (8/12/2020) © ICAN https://www.facebook.com/ICAN2020SUD/videos/950843142110571
Attestation dérogatoire (pdf, 54.6 kB)

Les organisateurs, collectif Solidarité Kanaky et l'AISDPK

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France

Affaire Pellerin : la fuite judiciaire qui menace l’Élysée et le ministère de la justice

Le député Emmanuel Pellerin, visé en septembre dernier par une enquête en lien avec sa consommation de cocaïne, a été prévenu des investigations en cours, pourtant censées rester secrètes. L’élu des Hauts-de-Seine affirme que l’information lui a été transmise par Thierry Solère qui lui aurait dit la tenir du ministère de la justice. Le conseiller politique du président de la République et Éric Dupond-Moretti démentent.

par Pascale Pascariello et Antton Rouget

Journal — France

Le député Pellerin : la cocaïne en toute impunité

Député des Hauts-de-Seine de la majorité présidentielle, l’avocat Emmanuel Pellerin a consommé de la cocaïne avant et après son élection à l’Assemblée en juin dernier, d’après une enquête de Mediapart. Confronté à nos éléments, il a reconnu cet usage illégal. Saisie en septembre dernier, la justice n’avait pourtant pas souhaité enquêter.

par Pascale Pascariello et Antton Rouget

Journal

TotalEnergies est visée par une enquête préliminaire pour mensonges climatiques

Selon nos informations, la multinationale pétrolière est l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Nanterre à la suite d’une plainte au pénal pour « pratiques commerciales trompeuses ». Ce délit ouvre la voie à des sanctions pour « greenwashing ». Une première en France.

par Mickaël Correia

Journal

TotalEnergies : l’heure des comptes

TotalEnergies sait que ses activités sont nocives pour le climat depuis 1971. Pourtant, le géant pétrolier continue d’émettre autant de gaz à effet de serre que l’ensemble des Français·es. En pleine crise énergétique, TotalEnergies a annoncé début 2022 un bénéfice record de 14 milliards d’euros. Retrouvez ici nos articles et nos enquêtes sur une des multinationales les plus polluantes au monde.

par La rédaction de Mediapart

La sélection du Club

Billet de blog

SOS solidarité pour famille intégrée en péril

Le recours contre l'OQTF du 6-12-22 a été rejeté. Cette famille, avec trois jeunes enfants est menacé de mort dans son pays, risque l'expulsion. Conséquence immédiate : logés au CADA (hébergements demandeurs d'asile) de Cebazat, ils seront à la rue le 31 janvier et si le 115 ne répond pas ce jour-là ou ne propose rien... SOS solidarité rapide et concrète dans ce billet. A vous de jouer.

par Georges-André

Billet de blog

Nous, les banni·e·s

À travers son nouveau podcast « Nous, les banni·e·s », La Cimade a décidé de donner la parole aux personnes étrangères qui subissent une décision de bannissement. Pour illustrer la violence des interdictions de retour sur le territoire français (IRTF), 5 témoins partagent leurs histoires, de leur départ vers la France jusqu’aux difficultés d’aujourd’hui.

par La Cimade

Billet de blog

Appel contre l’immigration jetable et pour une politique migratoire d’accueil

Nous appelons à la mobilisation contre le nouveau projet de loi du gouvernement, qui s’inscrit dans une conception utilitariste et répressive des personnes étrangères en France. S'il était adopté, il accentuerait encore le fait qu'elles sont considérées comme une population privée de droits, précarisée et livrée à l’arbitraire du patronat, de l’administration et du pouvoir.

par association GISTI

Billet de blog

OQTF : la réalité derrière ces quatre lettres

À cause de l'OQTF, j'ai perdu mon travail étudiant. Je me suis retrouvé sans ressources du jour au lendemain, sans rien. C'est très dur, car je cotisais comme tout le monde. Avec ma compagne, on attend une petite fille pour juin prochain. D'ici là, je dois me terrer. J'ai l'impression de vivre comme un rat, j'ai tout le temps peur de tomber sur la police. Je ne suis certes pas Français, mais j'aime la France comme j'aime le Sénégal.

par Couzy