Aissa Terchi (avatar)

Aissa Terchi

Militant politique

Abonné·e de Mediapart

4 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 juillet 2017

Aissa Terchi (avatar)

Aissa Terchi

Militant politique

Abonné·e de Mediapart

Quartiers Populaires : territoires de résistance !

Aissa Terchi (avatar)

Aissa Terchi

Militant politique

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Après l’élection d’Emmanuel Macron organisons la résistance ! Les quartiers populaires vont être la première cible du nouveau gouvernement Macron-Philippe. Après un quinquennat Hollande-Valls qui a été marqué par des mesurettes, de la poudre aux yeux et des reniements en matière d’égalité et de justice sociale, tout laisse à penser que rien ne va s’améliorer, pire cela va s’accélérer. Nous venons de vivre deux décennies de politiques antisociales menées par la droite puis le social-libéralisme du PS. L’austérité a été imposée à coup de 49.3 et de répression policière. Dans les villes et les quartiers populaires, la déception puis la colère ont été immenses au point que Hollande n’a pas osé se représenter devant les électrices et les électeurs. Cela été un événement historique. 

Malgré l’élection de Macron, ce que nous pouvons retenir de cette période, c’est la mobilisation des habitant-e-s des quartiers populaires. Loin des clichés véhiculés par les médias, elles et ils se sont intéressés à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ont suscité un espoir permettant des scores historiques, se retrouvant en tête dans plusieurs grandes villes, ainsi que dans les quartiers populaires. Avec 19.6% la France insoumise devient la force du peuple, celle des sans voix, des sans dents, de beaucoup de "rien, qui seront Tout" ! 

Quelles en sont les raisons ? A mon sens il en existe plusieurs. Tout d’abord parce que nos quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques. Au contraire, ce sont des territoires de résistance, mais aussi de mobilisations qui ne datent pas d’aujourd’hui, la Marche pour l’Egalité des droits et contre le Racisme de 1983 est un moment important dans lachronologie des quartiers populaires. Plus récemment les mobilisations pour demander la Justice et la Dignité à l’occasion de la marche du 19 mars à Paris montrent une détermination. Le combat des familles des victimes des violences policières est une démonstration de courage et de dignité. Ce combat rejoint celui du mouvement social qui s’est exprimé dans les mobilisations contre la loi travail et qui a été pareillement réprimé lors des manifestations syndicales pacifiques. 

Il y a indéniablement le talent de notre candidat Jean-Luc Mélenchon qui a su fédérer le peuple. Il a fait une campagne de pédagogue, apportant des propositions concrètes pour améliorer la vie des gens. Mais c'est aussi et surtout un collectif, avec des personnes talentueuses qui ne sortent pas de l'ENA. 

La façon de faire campagne a été totalement différente de ce que nous avons connu dans le passé : avec un processus d'élaboration du programme, une convention nationale, des milliers de contributions, des modes d'action et une campagne véritablement de terrain, notamment avec la Caravane insoumise pour l'égalité des droits qui a parcouru les quartiers populaires, la possibilité d’être actrices et acteurs d’une campagne citoyenne et populaire, dépassant les cartels boutiquiers. Un mouvement de masse avec 500 000 personnes, permettant à chacun-e de s’impliquer, la création de milliers de groupes d’appui. Nous pouvons dire qu’un processus de révolution citoyenne s’est engagé. C’est de loin la France Insoumise qui a remporté la partie au niveau de l’implication citoyenne dans cette campagne présidentielle. Et même si le résultat final n’est pas celui que nous espérions, nous avons remporté une victoire ! 

Des milliers de gens se sont mobilisés, pour leurs droits, pour changer les institutions, pour une VIème République. La Marche de la Bastille le 18 mars a marqué une étape pour la construction d’une nouvelle constituante. Les livrets thématiques sont venus compléter le programme L’Avenir en commun. Le peuple est prêt à se soulever. Ça s'est senti, mais celareste fragile. Ce sont souvent ceux qui galèrent le plus qui peuvent baisser les bras, et tout laisser tomber face à l’adversité. Les choses peuvent aller dans le bon sens comme dans le pire. Je crois au meilleur, nos quartiers populaires étant la clé de la révolution citoyenne, nous avons besoin de nous structurer. 
Une grande partie de la population a eu envie de rejeter le système, le « tous pourris », ses institutions, la Vème République, la monarchie présidentielle, la misère. En effet, beaucoup vivent en dessous du seuil de pauvreté - ce n’est pas de la fiction, c’est la réalité. La campagne présidentielle a été marquée par les affaires, de Cahuzac à Fillon, en passant par les Balkany et le sentiment qu’ils donnent de pouvoir mal agir en toute impunité. C’est une des raisons, pour lesquelles les habitant-e-s de nos quartiers populaires s’éloignent de la politique et s’abstiennent. L’affaire Fillon est l’exemple même de ces puissants qui se goinfrent sur le dos des plus démunis. Mais dans le même temps cela s’est traduit par l’expression de la volonté populaire. Les formules telles que «Rends l’argent » et « Qu’ils dégagent » sont devenues des points de ralliement traversant toutes les couches sociales dégoûtées des pratiques révoltantes de l’oligarchie. Les citoyens perçoivent une forme d'arrogance, insupportable dans un pays où il y a neuf millions de pauvres et tant de chômage et de précarité. La campagne de l’élection présidentielle menée par la France Insoumise a montré que ce dégoût peut se transformer en force propulsive. 

Nous découvrons chaque jour ce que prévoit Macon: une politique encore plus dure que celle de Hollande, avec la volonté de casser les services publics, creuser encore un peu plus les inégalités, casser le code du travail, et s'en prendre aux retraités en augmentant le taux de la CSG. Dès à présent nous devons organiser les résistances contre la casse du code du travail sur tout le territoire, avec comme appui les députés de la France insoumise qui seront le lien avec les citoyens. 

Bien que Macron ait été élu, bon nombre d'entre nous n'ont pas voté pour lui. Le second tour a été plutôt un rejet de Marine Le Pen, qu'un vote d'adhésion au projet de Macron. 

Le programme L’Avenir en commun, est celui qui a été le mieux élaboré, avec près de 40 livrets thématiques, celui qui répond aux attentes du peuple, des quartiers, et aux urgences démocratique, écologique et sociale. 

La France insoumise a suscité un espoir, dans nos quartiers, chez les jeunes, et la classe populaire. Un tiers des jeunes ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. Ce n’est pas rien. Il s’est passé quelque chose dans cette campagne, une prise de conscience collective. De nombreux citoyenn-e-s de nos quartiers se sont impliqué-e-s. 

Les législatives ne se sont pas passées comme nous l'aurions souhaité. Sans doute le fait que nous n'ayons pas accédé au second tour de la présidentielle a créé une sorte de désespoir, surtout chez les moins conscientisé-e-s. Et on le sait, ce sont souvent les jeunes et la classe ouvrière qui votent le moins. De plus, durant un mois, la classe médiatico-politique a tout fait pour désespérer le peuple, sans parler des coups bas, des attaques contre la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Une propagande organisée par ceux qui détiennent les grands médias. Cette élection atteint aussi un taux d’abstention record, surtout dans les villes et quartiers populaires. La Seine-Saint Denis en est un exemple, là où en même temps, ce sont bien les bulletins de la France insoumise qui ont servi de dégagisme. Des territoires ont été reconquis. Dans de nombreux endroits nous avons résisté, et dans certaines villes et quartiers populaires, la France Insoumise s'est hissée au rang de première force progressiste, écologiste de gauche, et d’opposition à Macron. 

Si l'abstention importante, lors des législatives, s'explique en partie par le mode de scrutin, il existe d’autres éléments d'explication que nous devons analyser. 

Nos quartiers populaires sont des territoires de résistance, il y a une capacité d’auto-organisation, un tissu associatif important malgré les politiques d'austérité, et des collectifs citoyens qui ont été capables de faire reculer les politiques néfastes imposées parfois par l’Etat. Il y a des batailles remportées, une solidarité, et cette envie de rester debout ! La révolution citoyenne a commencé, et elle ne se fera pas sans les quartiers populaires et la jeunesse de notre pays. 

Durant la campagne législative, la France Insoumise a présenté beaucoup de candidat-e-s de nos quartiers populaires. C’est une chance pour la France Insoumise. Il y a là un potentiel et une force à pérenniser et à développer. Les député-e-s de la France insoumise seront les portes voix des mobilisations populaire à l'assemblée nationale, ils seront la première force à s'opposer à la politique de Macron.  

Nos quartiers populaires sont des territoires avec des énergies, des expertises de vie, des compétences. La France insoumise doit y lancer une campagne nationale. Depuis l’été dernier, les Caravanes insoumises ont sillonné les quartiers populaires. L'initiative sera réitérée cet été. 
Pourquoi ne pas organiser une université des quartiers populaires de la France insoumise, avec des représentants de tous les quartiers où la caravane est passée, des associations, des représentants de la FI et d’autres mouvements.

La nécessité de converger avec les collectifs existants et qui luttent au quotidien est un élément de notre crédibilité et de notre enracinement. 

Bref les idées ne manquent pas. Organisons partout les résistances !

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.