La Grece laboratoire de la stratégie liberal-déflationniste.

La Grèce va entrer ce soir dans le cercle des pays sous-développés. Merci l'euro. Élites corrompues, ne payant pas d'impôts et mettant leur capital à l'abri dans les banques suisses anglaises ou allemandes. 65 milliards d'euros a minima ont quitté la Grèce depuis deux ans. Élites commerçantes vivant de la rente à l'importation sur les produits de première nécessité que le pays n'est plus capable de produire, accablé par une devise sur-évaluée et les faillites des entreprises locales, alors même que le chômage explose. Problèmes de santé et même d'alimentation. Exode des jeunes les mieux formés. Budget de l'état accaparé par le service de la dette. Scolarisation en baisse. Etc... Ce soir le vote imposé au parlement grec est un diktat honteux et ubuesque. A la trappe à Phynances les grecs ! L'histoire retiendra le nom des parlementaires qui vont voter contre. Comme elle a retenu ceux des parlementaires français qui en juilet 40 ont refusé de donner les pleins pouvoirs à Pétain. Il faut laisser la Gréce dévaluer en la soutenant par des subventions directes en euro lui permettant de faire la soudure le temps que son économie redémarre. Il faut en gros lui payer la moitié de sa facture pétrolière. Deux cent millions de barils, à quarante euros le baril, cela fait huit milliards d'euros. Beaucoup moins cher que ce qui nous attend. La déflation imposée à la Grèce n'est pas une exception. Le Portugal et l'Espagne sont sur le même chemin de sous-développement, avec des smic de l'ordre de 600 euros. Et n'oublions pas l'Allemagne où le salaire minimum réel est du même ordre. Les Francais ont grand tort de croire que cette déflation salariale va les épargner. La Troïka Sarkozy Hollande et Bayrou qui soutiennent le diktat contre les grecs et le traité d'austérité budgétaire nous emmènent tout droit à une baisse des salaires de 20% en France pour sauver leur fétiche, l'Euro, et le donc le pouvoir d'achat des détenteurs de capitaux. La seule alternative c'est la fin de l'euro pour bloquer cette spirale qui va tous nous entraîner vers la misère et des chocs anti-démocratiques.

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