Euro ou salaires : l'heure du choix

Que le Front National demande à sortir de l'euro n'est pas incohérent avec la proportion forte d'ouvriers et d'employés qui composent son électorat. Ils vivent au jour le jour la pression à la baisse des salaires nominaux qui s'exercent dans le système. La France est le seul grand pays d'Europe où le SMIC est à 1400 euros. Nos grands partenaires, Allemagne en tête, ont un Smic réel compris entre 500 et 800 euros. Le maintien de la politique de l'euro fort et de la déflation compétitive conduite par l'Allemagne va précipiter la zone euro dans la deflation, les hausses de charges et de taxes sur la classe moyenne coupant le dernier moteur de croissance. Croire que dans une zone de monnaie unique le Smic Francais ne s'alignera pas sur le niveau le plus bas est irréaliste. Nous devons regagner 20% de compétitivité avec l'Allemagne pour gommer dix ans de rigueur en Allemagne. Il n'y a que deux solutions : la dévaluation externe ou la baisse des salaires. La dévaluation externe est une contribution solidaire de toute une nation, détenteurs de capital en premier lieu, à l'effort commun. La baisse des salaires est u e réponse non solidaire et de plus inefficace comme le montre les effets de boule de neige au Portugal et en Grece. Un mot aux retraités : le miracle allemand, c'est sept ans de blocage des retraites. Croire que les retraites en France ne seront pas bloquées voire baissées relève de la politique de l'autruche. Le parti socialiste a le mot déjà prêt : la répartition des efforts entre générations. Vous voulez vraiment Garder l'euro ? Alors que votre seule chance c'est la baisse chômage et la hausse des salaires ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.