L’IRRESPIRABLE MACRON FACE AUX « IRRESPONSABLES »

CHRONIQUE DU DÉSASTRE DES INSTITUTIONS ÉTATIQUES ET POLITIQUES – (3)- Par Daniel Petri

C’était le 2 mars 2017. Ce jour-là, le candidat Macron se produisait en spectacle dans les colonnes avides du Parisien en Une et sur 4 pages. Il balayait tous les sujets. Ou presque : pas un mot sur la Santé ! C’était déjà tout dire. La crise hospitalière et médicale était déjà devenue une tumeur maligne…

 

Contenu

L’IRRESPIRABLE MACRON FACE AUX  « IRRESPONSABLES ». 1

CHRONIQUE DU DÉSASTRE DES INSTITUTIONS ÉTATIQUES ET POLITIQUES – (3)- 1

Par Daniel Petri 1

Quand le candidat Macron évoquait la Santé. 1

La note de la Caisse des Dépôts pour Macron et la privatisation totale de la Santé. 2

Macron contre l’OMS. 3

Monsieur Mélenchon entre en scène. 4

Continuons à signer en masse la pétition pour les 600 et à la faire connaître au grand jour 5

 

Le 29 mars 2017, Macron daignait enfin présenter son programme En Marche (EM comme Emmanuel Macron, s’il s’était appelé Cacron, le cri de ralliement eût été En Course). La grande presse quotidienne s’en fit l’écho en long, en large et en travers. A tous ces observateurs, il paraissait de plus en plus clair que Fillon, mis en examen allait mordre la poussière. Le premier tour se jouerait moins d’un mois plus tard.

Quand le candidat Macron évoquait la Santé

 « Nous consacrerons 5 milliards d’euros de notre Plan d’investissement à la santé, notamment à la transformation de notre médecine de ville et de nos hôpitaux.

Nous doublerons le nombre de maisons de santé. Pour lutter contre les déserts médicaux, ces maisons regrouperont des médecins, des infirmières, des orthophonistes, des kinésithérapeutes, des professionnels du sport (page 23 sur 28)[1] ». C’est tout ce que Macron avait à dire sur la Santé ! L’occurrence hôpital apparaissait 3 fois dans le programme macronneux, l’occurrence Hôpitaux, une seule fois. Ainsi même, pas besoin de lire entre les lignes pour piger que, là aussi, Macron prônait une transformation, c’est-à-dire, une destruction « créative », c’est-à-dire destructive. Ce que nous appelons, nous, un Macronyme (antiphrase qui n’est pas prononcée par ironie, mais par pure macronnerie (melting-pot de pure connerie bête et méchante, mélange de mère Ubu et de Big Brother).

 

Le 2 octobre 2017, rappelle Alain Dubois sur le blog L’Herbu[2], les personnels de santé qui manifestent sont salement gazés par Les FDO[3] du Pouvoir.

 

Le 2 avril 2020 : Macron « tient » toujours, tel un pantin désarticulé. Résultat : «On envoie le personnel à l’abattoir», ce sont les paroles de soignants du Val-de-Marne (LP) sollicités par le Parisien- Edition du 9-4.[4]

La note de la Caisse des Dépôts pour Macron et la privatisation totale de la Santé

La veille, un 1er avril sans poisson mais non sans arêtes mortelles,  Laurent Mauduit et martine orange de Mediapart publient la note explosive de la Caisse des dépôts contre l’hôpital public[5]. Lire ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/010420/hopital-public-la-note-explosive-de-la-caisse-des-depots

 « « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, a-t-il [Macron] dit lors de son allocution au pays le 12 mars, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, [pour] notre État-providence, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe […]. Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »

Laurent Mauduit et Martine Orange relatent :

« La Caisse des dépôts et consignations (CDC) est en train d’élaborer à sa demande pour l’hôpital public, et dont Mediapart est en mesure de révéler la première ébauche, va totalement à rebours de ses déclarations. Ce document expose une série de propositions qui s’inscrivent toutes dans la philosophie néolibérale qu’Emmanuel Macron a toujours défendue par le passé. Privatisation rampante au travers de sulfureux partenariats public-privé (PPP), marchandisation accélérée de la santé : voilà un plan qui tourne le dos aux valeurs de l’État-providence. (…) il est aussi fait mention du rôle de 700 start-up qui sont aussi… privées. Dans une note en bas de page, il est aussi fait l’éloge de nombreux assureurs privés qui soutiennent l’« Alliance digitale pour le Covid-19 », laquelle est « composée de Docaposte, la start-up lilloise Kelindi, l’agence Dernier cri, Allianz France et le cabinet d’avocats De Gaulle Fleurance & associés ». Et la note ajoute : « Le consortium est soutenu par AG2R La Mondiale, AstraZeneca, CompuGroup Medical, Johnson & Johnson, La Banque postale assurances, Malakoff Humanis, la plateforme de téléconsultation MesDocteurs et le groupe VYV. »Bref, d’une ligne à l’autre, c’est une ode de chaque instant au privé. »

Le 2 avril, un nouvel article de Mediapart cingle le pouvoir. En voici un court extrait :

« Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées : basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines.

 

En déplacement, mardi 31 mars, dans une usine de fabrication de masques chirurgicaux, le président de la République Emmanuel Macron a cité beaucoup de chiffres sur les approvisionnements en cours, afin de rassurer les Français qui s’inquiètent de la pénurie de ce matériel médical essentiel pour la protection des soignants.

Beaucoup de chiffres, sauf un : « 1200 ».

 « 1200 », comme le nombre officiel de personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le vaisseau amiral des hôpitaux publics français, qui ont été contaminés par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie.

 « 1200 », comme la preuve de la vulnérabilité des soignants, « au front chaque jour », comme le dit le chef de l’État, mais bien souvent sans protection adaptée contre le virus.

 « 1200 », comme le résultat de l’impéritie du pouvoir politique face à une crise sanitaire d’une ampleur et d’une violence inédites » Le titre de cet article de Yann Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi est sans bavure : Masques: les preuves d’un mensonge d’État. Lire ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/020420/masques-les-preuves-d-un-mensonge-d-etat .

Ces articles se partagent sur les réseaux en rafale.

Macron contre l’OMS

Mais, comme toujours lorsque le pouvoir est démasqué, il se trouve toujours un tribun pour brouiller et amadouer les choses. Monsieur Mélenchon l’a proclamé sans protocole : l’heure est à l’unité d’action avec Macron et ses cinq S… des deux sexes (Castaner, Buzyn, Belloubet, Philippe, Pénicaud) pour ne parler que de ces premiers de cordée-là, de sac et de cordes pour mieux dire. Avant de dire ce que nous pensons des conseils de Sage que prodigue monsieur Mélenchon, il faut rembobiner et reprendre la séquence à partir du 12 mars.

 Le 12 mars, le Directeur général de l’OMS[6] intervient- Voici un extrait de sa déclaration (lire ici : https://www.who.int/fr/dg/speeches/detail/who-director-general-s-opening-remarks-at-the-mission-briefing-on-covid-19---12-march-2020)

 

« Excellences, chers collègues et amis,

Bonjour.

Comme vous le savez, j’ai déclaré hier que la flambée mondiale de COVID-19 pouvait désormais être considérée comme une pandémie.

Cette déclaration n’est pas une décision que nous avons prise à la légère.

Nous sommes arrivés à cette conclusion principalement pour deux raisons: premièrement, du fait de la vitesse et de l’ampleur de la transmission.

Près de 125 000 cas ont été signalés à l’OMS, par 118 pays et territoires. Au cours des deux dernières semaines, le nombre de cas signalés en dehors de la Chine a été multiplié par près de 13 et le nombre de pays touchés a presque triplé.

La deuxième raison est que, malgré nos mises en gardes fréquentes, nous sommes profondément inquiets de constater que certains pays ne traitent pas cette menace avec le niveau d’engagement politique nécessaire pour la maîtriser.

Je serai clair: la qualification de pandémie ne signifie pas que les pays doivent baisser les bras. L’idée que les pays doivent passer du confinement à l’atténuation est fausse et dangereuse.

Au contraire, nous devons redoubler d’efforts.

Il s’agit d’une pandémie maîtrisable. Les pays qui décident de renoncer à des mesures de santé publique fondamentales risquent d’être confrontés à un problème plus vaste et à une charge plus lourde pour leur système de santé, dont la maîtrise exigera des mesures plus strictes.

Tous les pays doivent trouver un juste équilibre entre la protection ‎de la santé, la limitation des perturbations économiques et sociales ‎et le respect des droits humains.

Nous invitons instamment tous les pays à adopter une approche globale adaptée à leur situation – dont le pilier central est le confinement »

A noter qu’à aucun moment, ce dirigeant de l’OMS ne dit que le confinement doit se traduire par l’assignation à résidence de toute la population. Ce Directeur dit : « On ne peut pas combattre un virus si l’on ne sait pas où il se trouve. Une surveillance étroite est donc nécessaire pour détecter, isoler, tester et traiter chaque cas afin d’interrompre les chaînes de transmission.

Troisièmement, réduire la transmission.

Pour sauver des vies, il est impératif de réduire la transmission. Il faut donc détecter et isoler le plus de cas possible et mettre en quarantaine leurs contacts les plus proches. Même si l’on ne peut pas arrêter la transmission, on peut la ralentir et protéger les établissements de santé, les maisons de retraite et autres lieux vitaux – mais seulement si l’on teste tous les cas suspects ».

Tournant le dos à ces recommandations, Macron maintient le premier tour des élections municipales au lieu de remettre ce scrutin à plus tard. Et il ose traiter d’Irresponsables des médecins en colère.

Monsieur Mélenchon entre en scène

Le 16 mars, Macron décrète l’union sacrée et déclare la guerre contre « l’ennemi invisible » et le gouvernement décide l’assignation à résidence de toute la population, laquelle n’a rien à voir avec la Quarantaine. La gauche parlementaire se met au garde-à-vous-même si certains députés communistes ou insoumis tiennent des propos dissonants. Puis, en fin de semaine, la loi d’État d’urgence sanitaire est adoptée (le PS s’abstenant ; le PC et LFI votant finalement contre). Or, l’État d’urgence sanitaire n’existe pas dans le droit français. De plus, les « cas suspects » ne sont pas testés.

Le 31 mars, Macron s’ébroue : «  quand on mène une bataille, on doit être unis pour la gagner. Je pense que toutes celles et ceux qui cherchent déjà à faire des procès alors que nous n’avons pas gagné la guerre sont irresponsables ».

Le lendemain, monsieur Mélenchon est l’invité du  8.30 franceinfo, il dit à propos de Macron « tout son cadre mental, en quelque sorte, est effondré et il improvise maintenant, il entre en quelque sorte dans une autre logiquequi est plus de l’organisation systématique de l’économie ». Mélenchon finit par dire de Macron : « je suis sûr qu’il est sincère » (07’12’’), « je ne vais pas mettre en cause ses qualités humaines » (07’57’’). Ensuite, monsieur Mélenchon dit : « on doit essayer de s’aider les uns les autres par les contributions, les idées que l’on met sur le tapis et la manière de faire »’. Puis la conversation roule sur la Planification. « Ce qui manque, c’est un Comité de Planification » (11’10’’) puis «  on a en France de très bons planificateurs ». Peu après, Mélenchon se réfère à Roux de Bezieux [chef du MEDEF] disant que la nationalisation n’est pas un mot qui le choque. Fort de quoi, Mélenchon lance : « il y a là un compromis qu’il faut faire avec eux [les patrons]  pour planifier la mise en mouvement, avec le patronat. ». Et Mélenchon de prôner « l’intervention des salariés dans la gestion ». Pour finir, monsieur Mélenchon lâche «  Moi, je suis un responsable politique, mon sujet, c’est : « si je devais gouverner demain matin le pays, par quel bout j’empoignerais les problèmes »

Ecouter : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/gestion-de-la-crise-sanitaire-nationalisations-union-europeenne-le-8h30-politique-de-jean-luc-melenchon_3874479.html

Nous n’allons pas ici parler de planification, dernière recette découverte par la « Tribun du Peuple », fin mars. Cela dit, il nous saute aux yeux que monsieur Mélenchon prône un État dirigiste, ce qui n’a pas rien à faire avec « l ’État-providence » censé garantir les services publics au service du public, censé les financer intégralement.

Ce que le « Tribun du Peuple » propose, c’est l’association capital-travail, formule inventée par feu le Croix de feu[7] De la Rocque et promue ensuite par monsieur De Gaulle en vue de briser le Modèle social 1945, et intégrer les syndicats aux rouages de l’État « technocratisé ».

A l’évidence, le Président du groupe parlementaire LFI ne soutient pas les actions des médecins et des personnels contre l’État macronisé.

Pour l’heure, nous sommes aux côtés de tous les « IRRESPONSABLES », c’est-à-dire de ces médecins qui ont pris la responsabilité de dénoncer les mensonges criminels de l’État.

Nous pensons aussi à ces médecins qui défendent la Liberté de prescrire, bafouée par les entraves de » l’État à la prescription de traitements à l’hydro-chloroquine. Nous pensons à toute la population.

Continuons à signer en masse la pétition pour les 600 et à la faire connaître au grand jour

https://www.change.org/p/peuple-fran%C3%A7ais-nous-soutenons-les-600-m%C3%A9decins-qui-attaquent-e-philippe-et-a-buzyn-en-justice-plaintecovid-onoublierapas?utm_content=cl_sharecopy_21000848_fr-FR%3Av3&recruiter=242258691&recruited_by_id=bd2ceee4-2af8-4876-8e20-4410f80ee0b2&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=ff174ba963f347a7a6b41b8630061ddd

 

390 000 signataires à ce jour.

 

A suivre, à débattre – Bien à vous toutes et tous !

 

 

 

[1] https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf

[2] http://lherbu.com/2020/04/comment-macron-traitait-hier-2-octobre-2017-les-personnels-de-sante.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

[3] Forces De l’Ordre. (Encore un de ces macronymes pour désigner les provocateurs casqués du pouvoir)

[4] http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/c-est-de-la-medecine-de-brousse-paroles-de-soignants-du-val-de-marne-31-03-2020-8291565.php#xtor=EREC-1481423489-[NL94]---${_id_connect_hash}@1

 

[5] https://www.mediapart.fr/journal/france/010420/hopital-public-la-note-explosive-de-la-caisse-des-depots

[6] L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est une agence spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour la santé publique créée en 1948.

[7] Croix de feu, organisation de choc d’anciens combattants, menés par le Colonel de La Rocque de type fasciste, qui attaquait physiquement les organisations ouvrières

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