LE CIMETIERE DES TILLEULS ALLEMAGNE 1933 -1934 \ HORS SERIE

Voici un nouvel extrait de mon taf sur la guerre et les guerres 1 et 2. Merci à vous qui le consulterez Bien à tous

Contenu

LE CIMETIÈRE DES TILLEULS. 1

Intermède ou prélude ?. 2

L’incendie, à brûle-pourpoint 4

Décret sur la protection du peuple et de l’État 5

Fin du premier acte….. 6

Arrestation et torture d’Ernst Thälmann. 6

La résistance électorale à Berlin. 6

Un chancelier encore chancelant 7

RIEN N’EST MOINS FATAL QUE LA FATALITÉ. 7

Les nazis profitent des défaillances de leurs adversaires 8

Le rôle de Staline et Thälmann face à Hitler 9

Polices, milices et camps 13

Le SPD, de la procrastination à la soumission. 14

Une nouvelle « semaine sanglante » à Berlin. 15

Sous la botte nazie au fil des jours 15

Un revolver contre la culture et la jeunesse. 16

L’alliance du sabre, de la forge et du coffre-fort 17

Bras de fers 18

Des américains à Berlin. 19

LE SANG DES NOCES. 20

« Police populaire » contre « Police secrète de l’État ». 20

Un « pygmée » monte sur la table. 21

« L’assaut des nuées ». 22

La coulée de sang. 23

Adolf Hitler devient Führer du IIIème Reich. 23

 

Tout d’abord il faut encore une fois répéter à l’encontre de grands penseurs  comme l’actuel Bertrand Delanoë, ci-devant maire de Paris :

 

NON, Hitler n’a pas été « élu démocratiquement » à la tête du pays ;

NON,  en ce funeste 30 janvier 1933, tout n’était pas encore « plié ».

NON, aux élections du 06 mars 1933, les nazis ne sont pas majoritaires, en dépit de la terreur qui sévit alors.

 

NON, les nazis qui ont défilé la nuit à Berlin du 30 au 31 janvier 1933 ne sont pas la marée humaine trop souvent décrite mais une procession de 15 à 20 000 personnes environ dont communistes et socialistes n’auraient fait qu’une bouchée, s’ils avaient été unis et décidés. Beaucoup d’images diffusées par la suite proviennent de reconstitutions mises en scène à dessein, ainsi que l’a noté Erik Larson (op.cit.)

 

NON, Hitler n’a ni relancé l’économie, ni amorcé le réarmement de son pays. Il a trouvé tout prêt ces « leviers » économiques (nous reviendrons plus loin sur la « voiture du peuple » et les autoroutes.)

 

NON, nous ne pouvons pas dire : « le peuple a suivi ». Une partie de la population a « suivi ». Nuance de grande taille !

 

Nous tentons ici de nous représenter la séquence qui va du 31 janvier au 27 février 1933, celle qui voit se dresser le Gouvernement de concentration nationale que les droites ont scellé, sous l’égide de Herr Hitler et de Herr Göring. Les droites se sentent fortes de canaliser les nazis, de les maintenir sous leur vigilance sourcilleuse.

Celle qui sonne la sainte-Alliance entre le Capital financier et le Führer en gestation, entre la bureaucratie du NSDAP et la Reichsbank.

Les nazis s’appuient sur

La petite paysannerie à laquelle ils ont promis la Réforme agraire, sur un grand nombre d’avocats, de contremaîtres d’ateliers, de courtiers, d’employés qui cherchent à éviter leur prolétarisation ; et sur la tourbe lumpen des S.A.

 

Sozis et Kozis mais aussi Centristes chrétiens sont comme tétanisés.

 

En fait, A.H et ses comparses « naviguent à vue », ils n’ont pas de « Plan » pour leur prise en main. Ils ont des objectifs et du flair.

 

 

.

 

Intermède ou prélude ?

 

Le 1er février 1933 ne tranche guère avec les journées des années 1931-32.

Les vociférations de 15000 nazis à Berlin ressemblent à toutes celles que l’on a entendu, jour après jour, des semaines, des mois durant.

Pour les chefs du SPD, tant que le cadre légal était maintenu, l’essentiel est sauf. Ceux-là haïssaient la révolution. En ultime instance, ils préféreraient à tout prendre Hitler à Thaelmann.

Les masses, prises dans cette grisaille crépusculaire de cendres et de sang, voient le chômage diminuer artificiellement depuis l’automne.

Hitler comme ses prédécesseurs tiendrait au plus un an. D’ici peu, de nouvelles élections auraient lieu et confirmeraient sans doute le déclin électoral du NSDAP.

Ne pouvant gouverner sans majorité, et devant le « refus » (en fait un mensonge inventé par Hitler) du Centre de s'allier à lui, le Chancelier demande au président Hindenburg de nouvelles élections. Hindenburg dissout le Reichstag. Les élections sont fixées au 5 mars.

 

 02 février 1933

Le nouveau gouvernement promulgue une ordonnance qui interdit toute manifestation. Göring interdit toute démonstration du KPD en Prusse. 

L’ancien ministre de l’intérieur britannique Arthur Henderson (1863-1935) ouvre à Genève une conférence sur le désarmement à laquelle participent 64 états.

 

04 février 1933

Décret-loi sur « la protection de la nation allemande », restreignant les libertés de la presse, de parole et de réunion :

Hindenburg autorise le pouvoir à interdire des journaux ou des rassemblements sous prétexte qu'ils diffusent de fausses nouvelles nuisant aux intérêts de l'Etat ou diffament les autorités et les fonctionnaires.

La campagne électorale se déroule sous la « terreur nazie » : les meetings et la presse communiste sont interdits, les réunions des sociaux-démocrates troublées, plus de 51 antinazis assassinés.

 12 février 1933

Journée sanglante à Eisleben où les SA assaillent les communistes.

 

Le 15 février 1933, le correspondant à Berlin de la Gazette de Lausanne livre ses impressions :

 

« Les événements politiques depuis l’arrivée au pouvoir du système Hitler-Papen-Hugenberg [respectivement chancelier, vice-chancelier et ministre du Reich à l’Economie et à l’Alimentation] confirment en les dépassant toutes les prévisions faites le 30 janvier. 

La presse a d’abord été muselée. Un décret donne aux moindres autorités policières la possibilité de saisir et de faire ruiner un journal ou une revue sous le premier prétexte venu. Ce décret contre la presse comporte comme innovation le délit de récidive, prévoyant comme sanction la suppression du journal pour six mois et de la revue pour un an. Il encourage également la délation en prévoyant une peine d’un an de prison à quiconque n’aura pas dénoncé à la police des stocks de publications séditieuses dont sa profession lui permettait de connaître l’existence. Cette disposition introduit le mouchardage dans les rédactions et les imprimeries. […]Les journaux d’opposition ne s’expriment plus qu’avec la plus grande circonspection sur le national-socialisme et sur le compte de Môssieur Hitler. […][1]                  

Le 17 février 1933

En Prusse, Göring autorise par décret les policiers à tirer à volonté pour réprimer les manifestations.

 

Le 20 février 1933

Göring invite les représentants du monde économique à une rencontre avec Hitler au Reichstag. Parmi les 25 invités, le président de la Reichsbank Hjalmar Schacht, le banquier Kurt Von Schröder (1889-1966) et les industriels Gustav Krupp Von Bohlen und Halbach, Albert Vögler ainsi que d’autres représentants de l’industrie lourde, du bâtiment et des banques.

Hitler leur présente son programme, qu’ils saluent avec enthousiasme : édification d'un Etat autoritaire et du démantèlement des « syndicats » marxistes, quel que soit le résultat du scrutin du 05 mars.


En conclusion de la réunion,  Haljmar Schacht invite les présents à financer la campagne électorale du NSDAP.

Les magnats de l'industrie offrent immédiatement 3 millions de Reichsmark pour financer la campagne électorale des nazis.

 

Le 22 février 1933

Göring créé en Prusse une force de police auxiliaire de 50 000 hommes, dont 40 000 sont  des S A et de SS, et le reste des « Stahlhelm ». Il leur recommande l’usage « avec zèle » des armes... « Fleißiger Gebrauch der Schußwaffe ».

La police de Prusse se trouve entièrement aux mains des Nazis.

Ouverture du premier camp de concentration à Oranienburg

A ce moment-là, Willem Pieck, dirigeant du KPD, fait une nouvelle proposition du Front unique au SPD.

Sur un autre plan, Hitler a promis aux généraux de la Reichswehr un vaste programme de réarmement, assorti d’un objectif de premières conquêtes à l’Est.

La gauche allemande vit encore avec les réflexes « d’avant » et les chefs du SPD se retranchent derrière les élections.

Le 18 mars 1933, le Komintern lancera un appel pathétique à  l'unité contre le fascisme. Comme dira amèrement Trotsky, « le chant de la chouette s’élève au crépuscule ».

On peut encore croire qu’Hitler n’interdira pas les organisations ouvrières du jour au lendemain puisqu’il avait fallu deux ans à Mussolini pour annihiler toute vie politique et syndicale…

 

 

L’incendie, à brûle-pourpoint

 

A 21 heures, le 27 février 1933, c’est l’incendie du Reichstag (allumé par un chômeur d’origine néerlandaise, Marinus van der Lubbe, présenté par les staliniens comme un « simple d'esprit », qui a sur lui une carte du KPD).

 

  • Nota bene: Marinus van Lubbe était surtout un communiste antistalinien et libertaire. D’où la hargne des staliniens à son égard. Pour ne pas entraver la défense des communistes inculpés, dont Georgi Dimitrov, Marinus, perdu pour perdu, décide de prendre tout sur lui. Il aura été torturé, drogué, isolé et mené à l’abattoir

 

Les nazis accusent aussitôt les communistes.

4.000 d'entre eux sont arrêtés à travers tout le pays. Le président du groupe parlementaire communiste, Ernst Togler, qui s’est spontanément présenté à la police pour disculper son parti, est jeté en prison sur le champ.

La ficelle semble être grosse. En l’absence de preuves écrites, il semble que l’artificier n’est autre que Göbbels (et non Göring qui va servir de fusible cette fois-là).

Le lendemain, sur demande de Hitler, Hindenburg suspend par le décret sur « la protection du peuple et de l'État » la liberté des personnes, l’inviolabilité du domicile, la liberté d'opinion, de réunion, de presse, le secret postal et légalise l'internement préventif ou définitif d'individus jugés « dangereux ».

Au droit de ce décret, la presse social-démocrate est interdite, dont le grand quotidien  Vorwärst.

Décret sur la protection du peuple et de l’État

 

« Ordonnance du président du Reich du 28 février 1933, pour la protection du peuple et de l'État.

En vertu de l'article 48, al. 2, de la Constitution, il est ordonné ce qui suit en vue de prévenir les actes de violence communistes menaçant la sécurité de l'État :

 

Article premier.

Les articles 114,115, 117, 118, 123, 124 et 153 de la Constitution du Reich cessent, jusqu'à nouvel ordre, d'être en vigueur. En conséquence, seront valables les restrictions de la liberté personnelle, du droit de libre opinion - y compris la liberté de la presse - du droit d'association et de réunion, les immixtions dans le secret des lettres, de la poste, du télégraphe et du téléphone ; les visites domiciliaires, saisies, restrictions de la propriété, même au-delà des limites jusqu'alors fixées par la loi.

Article 2.

Lorsque, dans un Land, les mesures propres à rétablir l'ordre et la sécurité publique n'auront pas été prises, le gouvernement du Reich pourra, dans cette mesure, assumer provisoirement les attributions de l'autorité supérieure de ce Land.

Article 3.

 Les autorités des Länder et des communes devront, dans le cadre de leur compétence, exécuter les instructions du gouvernement du Reich prescrites en vertu de l'article 2.

Article 4.

 

Quiconque aura contrevenu, où provoqué à contrevenir aux ordonnances prises soit par les autorités supérieures des Länder ou les autorités placées sous leurs ordres, soit par le gouvernement du Reich conformément à l'article 2, sera puni, dans la mesure où le délit ne tombe pas sous le coup d'une peine plus élevée, d'un mois de prison au minimum ou d'une amende de 150 à 15.000 marks.

 

Quiconque, en contrevenant comme il est dit ci-dessus, aura provoqué un danger commun pour la vie humaine, sera puni de détention et, en cas de circonstances atténuantes, de six mois de prison au minimum ; si la contravention a entraîné mort d'homme, il sera puni de mort ou, en cas de circonstances atténuantes, d'une peine de détention pendant deux ans au moins ; la confiscation de ses biens pourra, en outre, être prononcée.

 

Quiconque aura provoqué à contrevenir (al. 2) de manière à créer un danger public sera puni de détention ; en cas de circonstances atténuantes ; la peine sera de trois mois de prison au minimum.

Article 5.

 

Seront punis de mort, les crimes pour lesquels le Code pénal prévoit, aux paragraphes 81 (haute trahison), 229 (empoisonnement), 307 (incendie), 311 (explosion), 312 (inondation), 314, al. 2 (sabotage de voie ferrée), 324 (empoisonnement menaçant la santé publique), la détention à perpétuité.

Sera puni de mort ou, dans la mesure où une peine supérieure n'est pas prévue, soit de détention perpétuelle, soit de détention non inférieure à quinze ans :

1° Quiconque entreprendra de tuer le président du Reich, un membre ou un commissaire du gouvernement du Reich ou d'un Land, ou incitera à commettre cet assassinat, s'offrira à le perpétrer, acceptera une offre à cet effet, ou conviendra de le perpétrer avec un tiers ;

2° Quiconque, dans les cas prévus par le § 115, al. 2 du Code pénal (révolte grave) ou par le § 125, al. 2 (grave violation de la paix publique), agira au moyen d'armes ou collaborera sciemment et volontairement avec un tiers armé ;

3° Quiconque privera de liberté une personne (§ 239), dans l'intention de s'en servir comme otage dans la lutte politique.

Article 6.

La présente ordonnance entrera en vigueur le jour de sa promulgation.[2]

 

Fin du premier acte…

Les deux jours qui précèdent les élections convoquées le 5 mars sont placés sous le signe de la terreur.

 

Arrestation et torture d’Ernst Thälmann

Le 3 mars 1933, Ernst Thaelmann, le dirigeant le plus connu et le plus populaire du KPD est dénoncé par un des siens et arrêté. Ernst Thaelmann pourra encore témoigner :

« Ils m’ordonnèrent de retirer mon pantalon et puis deux hommes m’attrapèrent par la nuque et me placèrent sur un tabouret.

 

Un officier de la Gestapo en uniforme avec un fouet en cuir d’hippopotame à la main me fouetta les fesses à coups réguliers. Rendu fou de douleur, je ne cessais de hurler à pleins poumons »[3]

 

Le lendemain, en Prusse, la chasse aux opposants est ouverte, la police ayant ordre de tirer à vue et d’emprisonner « tout ce qui bouge ».

 

 

  • 5 mars 1933: c’est le scrutin de la terreur nazie

La résistance électorale à Berlin

Pourtant, en dépit de cette répression sauvage, de la censure la plus immonde, les élections ne donnent pas le résultat escompté. Les nazis n’obtiennent que 43% des voix.

Socialistes et communistes sont nettement majoritaires à Berlin.

Les nazis ne sont majoritaires qu’avec l’apport du parti national. Il paraît surprenant que le KPD obtienne encore 12 % des voix et le SPD, 18%. Le SPD n’a quasiment pas reculé !

Qu’à cela ne tienne, Hitler a juré que, quel que soit le résultat, il continuerait son entreprise.   

Pour Berlin même, les résultats de ce vote de la terreur brune du 5 mars 1933 sont hautement significatifs :

  • Le SPD et le KPD obtiennent encore un total de 52,6% des voix, dont 30 ,6 en faveur des sociaux-démocrates.[4] Bien que mis hors d’état de mener quelque campagne électorale que ce soit, le KPD obtient tout de même plus de 20% des voix.

 

Le 9 mars 1933, les 81 mandats de députés que détiennent les communistes sont annulés.

Le 15 mars 1933, le KPD est définitivement interdit.

Le 23 mars 1933, se tient la réunion du Reichstag encerclé par les SA.

Hitler y arrache à une très forte majorité les pleins pouvoirs, y compris avec les voix des députés du Centre catholique. Seuls, les députés sociaux-démocrates s’y opposent.

S’ouvre alors la période trouble qui prendra fin en juillet 1934, avec le dernier soupir du président Hindenburg

Un chancelier encore chancelant

  

  • « J’ai rencontré dix fois Hitler, au kaiserhof, alors que, tendu et fébrile, déjà chancelier, il menait sa campagne électorale» témoignera Georges Simenon alors journaliste (avant Maigret, donc), le 07 juin 1933[5] dans Paris soir.

RIEN N’EST MOINS FATAL QUE LA FATALITÉ

L’explication la plus fréquente de ce qui va suivre peut être résumée ainsi :

  1. La montée du fascisme hitlérien a été provoquée par le krach de 1929 et la politique déflationniste d’austérité qui s’en est suivie, en lieu et place d’une politique keynésienne.

Une autre explication plus subjective peut se superposer à la première :

  1. L’ascension de l’hitlérisme est un choix délibéré du Grand capital allemand et, en particulier de son Industrie lourde, de ses magnats du charbon et de l’acier.

Quoi que l’on puisse penser du fond de ces deux explications, elles invitent à croire qu’un un engrenage implacable s’est déclenché en Allemagne dans la foulée du krach de Wall Street, en ce qui concerne la première explication.

La seconde explication donne à penser qu’Hitler a été un pion des capitalistes et des hobereaux.

Si l’on tente de rétablir le schéma dynamique des faits, ces raccourcis simples à énoncer manquent de vie. Hitler devient un sujet passif dont les ficelles sont tirées par des gens qui préfèrent l’ombre à la lumière et investissent dans le NSDAP comme on investit dans la recherche sur des produits d’exportation ou à destination de la consommation de masse.

 

Le Grand capital a été acculé à s’en remettre aux nazis et, à ce moment-là, ses représentants politiques et ses agents économiques pensent qu’Hitler sera « encadré » et « recadré » par ces gens-là .Ainsi prendra corps un régime fasciste «  à l’italienne ».

 

ADOLF HITLER leur fait une promesse sincère, la promesse de reprendre le sentier de la guerre, d’être l’agent actif de la reprise de la guerre, d’appliquer les plans de guerre initiaux de l’État-major de la Reichswehr, d’accélérer le réarmement.

 

Dans ce développement intervient la déchéance du système parlementaire ; Le NSDAP souffle sur les braises de cette crise politique. Bien plus que les menées nazies, la politique économique de Brüning déstabilise la république. Seule une politique de rupture avec la bourgeoisie pourrait inverser le sens de rotation de cette spirale. C’est ainsi qu’au nom de la lutte contre le chômage sont prises des mesures qui le généralisent. Dans ces conditions, la droite se décompose.

 

De 1928 à 1930,

Le chômage a donc connu une progression fulgurante qui commence à refluer à la mi-1932, au gré de mesures de précarisation totale de la main d’œuvre disponible.

 

La république de Weimar connaît alors une crise insoluble. Les partis de droite se décomposent.

 

L’affrontement fait rage entre les communistes et les sociaux-démocrates.

 

Le parti communiste se renforce électoralement et en effectifs mais trop lentement et ce renforcement s’opère d’abord parmi la masse des chômeurs. Les ouvriers qui ont encore un emploi continuent à se reconnaître majoritairement dans le SPD et les syndicats que ce parti contrôle.

Les nazis profitent des défaillances de leurs adversaires

 

Les nazis ont donc su tirer profit :

 

  1. de la fragmentation des rangs ouvriers

 

  1. de la politique de trahison permanente des intérêts ouvriers des chefs du SPD

 

  1. de la décomposition des partis bourgeois chrétiens et nationalistes-monarchistes,

 

  1. du rabaissement du parlement et des mesures autoritaires prises dès avant février 1933, avec les décrets présidentiels

 

Le facteur qui l’emporte sur les autres réside dans :

 

La politique de trahison et de collaboration des chefs sociaux-démocrates avec les gouvernements les plus bonapartistes et antisociaux de la République agonisante.

Cette politique de collaboration de classes a trouvé son complément nécessaire dans la politique de combat acharné des chefs communistes aux ordres de Staline qui mettaient sur le même plan les sociaux-démocrates, appelés « sociaux fascistes » et les nazis.

 

Nommé Chancelier, par défaut, le 30 janvier 1933, Hitler reçoit enfin l’agrément des cercles les plus puissants du capitalisme allemand, avides de débouchés et d’ordre.

 

Selon Sir Ian Kershaw :

 

« Si Hindenburg avait résisté une fois de plus, il y a fort à parier que le NSDAP aurait continué à perdre de l'influence.

Ses caisses étaient vides, il ne faisait plus le plein dans ses meetings et il était de plus en plus miné par les divisions.

Et puis l'économie commençait à repartir.

Autrement dit, si les élites n'avaient pas fait ce pari insensé en janvier 1933, Hitler et son parti seraient probablement tombés dans les oubliettes de l'histoire. » [6]                           

 

Hindenburg est un monarchiste aristocrate, il est grandement atteint par l’âge, il n’a pas d’avenir et plus de présent puisqu’il est depuis 13 ans au faîte de sa carrière. Remettre sa chancellerie à une simple « estafette » mal fagoté lui fait mal aux seins. Mais dans l’arène électorale, les Kozis pèsent quasiment 17%, les Sozis se maintiennent et une partie d’entre eux renouent peu ou prou avec les traditions révolutionnaires social-démocrates d’avant-guerre. Le sol se dérobe sous les pieds du « général social » Schleicher auquel Hindenburg préfère son von Papen. Surtout, le nomination de Herr Hitler ne risque pas de provoquer une grève générale comme celle que le putsch de Kapp avait déclenchée en mars 1921.

 

Le rôle de Staline et Thälmann face à Hitler

 

.[7]

La direction du SPD a mené une politique de soumission à Hindenburg et aux gouvernements les plus bonapartistes  de la République agonisante, Cette politique a trouvé son corollaire dans la politique de division acharnée des chefs communistes aux ordres de Staline qui mettaient sur le même plan les sociaux-démocrates, appelés « sociaux fascistes » et les nazis.

En 1924, Staline avait lancé :

« Le fascisme est une organisation de combat qui s’appuie sur le soutien actif de la social-démocratie. La social-démocratie est objectivement l’aile modérée du fascisme. […] Ces deux organisations ne se rejettent pas mutuellement, au contraire, elles se complètent l’une l’autre. Elles ne sont pas aux antipodes, elles sont jumelles »[8]

Cette formule fut mise en sommeil les années suivantes.

Dans son ouvrage, l’Histoire de la Troisième internationale, Pierre Broué cite abondamment de nombreux extraits du quotidien communiste allemand Die Rote Fahne, ou des propos de Thaelmann dans la revue Die Internationale, et en particulier celui –ci, daté de la fin 1931 :

« Si l’on ne vainc pas la social-démocratie, on ne pourra pas battre le fascisme ». [9]

Broué a également fait référence à l’historien allemand Hermann Weber (1928- 2014)[10], fils d’un métallo communiste qui a été emprisonné par les nazis pendant plus d’un an. Hermann Weber a résumé les différentes inflexions de la politique stalinienne, comme suit, au dire de Broué :

  1. Jusqu’au printemps 1930, contre le « social-fascisme »
  2. Du printemps à l’été 1930, front unique avec le SPD à la base seulement
  3. D’août à décembre 1930, « l’émancipation nationale »
  4. De décembre 1930 au printemps 1931, « le fascisme est là »
  5. D’avril à octobre 1931, NSDAP et SPD, « frères jumeaux »
  6. Mai à octobre 1932, action antifasciste
  7. D’octobre 1932 à 1933, les plus rudes coups contre le SPD[11]

Nous pouvons légitimement penser que Staline-Thaelmann avaient intégré l’idée qu’Hitler allait être appelé au gouvernement et qu’après, ce serait au tour du KPD de prendre le pouvoir, non sans avoir porté le coup de grâce au SPD.

Ce pronostic n’est pas faux en soi. A tout moment, ADOLF HITLER pouvait être appelé à prendre les rênes d’un gouvernement sous la houlette de Hindenburg. Mais, faire croire que la venue d’ADOLF HITLER au gouvernement pouvait précipiter la révolution prolétarienne était, nous ne sommes pas les seuls à le penser, aventuriste.

D’après Staline et les chefs du Komintern, les gouvernements bonapartistes de Brüning, Von Papen et Von Schleicher étaient déjà des gouvernements fascistes. Ce qui revenait à dire : « la nuit, tous les chats sont gris », à banaliser Hitler.

Pour éviter de paraître comme des politiciens empiriques, les staliniens se livrent à des exercices théoriques sur l’évolution de la situation mondiale depuis 1917, en la séquençant en périodes distinctes :

  • Première période : Révolutionnaire (1917-1923)
  • Seconde période : Stabilisation (1924- 1928)
  • Troisième période : Révolutionnaire. (À partir de 1928)

«  La pratique est mille fois plus importante que n’importe quelle théorie », aimait à dire Lénine. Dans la pratique, l’idée-force de la 3ème période a couvert une politique suicidaire.

 

Il arrive alors que, NSDAP et KPD soient engagés dans des  actions » conjointes, contre l’ennemi commun social-démocrate, comme par exemple :

 

  1. Le référendum contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en août 1931,

 

  1. La motion de censure contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en mars 1932.

La politique du KPD s’aggrave encore lorsqu’il cherche à concurrencer le NSDAP sur son terrain national- démagogique en reprenant ses mots d’ordre de « révolution populaire »  voire nationale.

Si le Traité de Versailles est une camisole contre TOUS les peuples européens, il ne relègue pas pour autant l’Allemagne au rang d’une nation opprimée c’est-à-dire colonisée ou semi-colonisée, ce qui peut s’entendre à la rigueur pour la Sarre et Dantzig mais pas pour l’ensemble du territoire.

Peut-être le KPD pense-t-il attirer la « gauche » du NSDAP dans son giron. Mais, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, dit-on.

Il arrive néanmoins qu’à la dérobée, sous la pression d’une partie conséquente de la base et même de cadres historiques communistes, le KPD lance des appels furtifs au SPD à des actions communes mais Thaelmann et ses adeptes se rétractent bien vite, puisque la théorie du social-fascisme est maintenue. C’est ce qu’on appelle des manœuvres aux seules fins de « plumer la volaille » social-démocrate.

 

De son côté, Trotsky tranche sur le vif. En janvier 1932, Trotsky fustige

 « La théorie du social-fascisme, qui aide la social-démocratie et le fascisme. »

 

Si nous examinons les choses de façon purement factuelle, les chefs sociaux-démocrates ne sont pas moins diviseurs que les chefs du KPD.

Si nous cherchons à saisir les choses  politiquement, la responsabilité de la division incombe aux chefs du KPD liés à Thälmann - Staline. En effet, ces chefs sont encore à ce moment-là des révolutionnaires, des révolutionnaires bureaucratiques cherchant obstinément à « fermer les bouches » dans leur parti, ayant acquis des avantages matériels substantiels qui les différencient  socialement des militants à un point élevé. Ils considèrent avoir acquis ces avantages à la force du poignet, par leur dévouement quand ce m le soulignera Jan Valtin

Oui, en définitive, comme l’avait souligné Marx dans l’Idéologie allemande «  les conditions d’existence déterminent la conscience » et « les individus ne sont pas tels qu’ils se représentent eux-mêmes mais tels qu’ils agissent en réalité ».

Ainsi même, que les chefs du SPD divisent la classe ouvrière, c’est somme toute,  dans leur ADN politique et social, dans leur genèse de « lieutenants ouvriers de la bourgeoisie ». C’est, pour ainsi dire, dans l’ordre des choses.

 

Que les dirigeants communistes se prêtent à cette division et fassent tout pour l’attiser est une toute autre chose, même  et surtout si, dans le même temps, les militants du KPD se placent en première ligne d’action antifasciste. (Pour la seule année 1931,  on relève la mort de 103 communistes et 79 nazis dans les combats de rue.[12]).

 

En cultivant, cette division, ils font très exactement ce que cherchent les bonzes du SPD, ils les aident objectivement  à paralyser la force de frappe ouvrière antinazie, pensant ainsi faire l’économie de la révolution sociale.

 

Pour sa part, dans son Histoire du parti communiste français, Philippe Robrieux  notait :

« En réalité, Staline avait commis deux erreurs de fond :

Il ne comprenait pas la nature véritable du nazisme, phénomène nouveau dont il sous-estimait le potentiel et le danger. Raisonnant mécaniquement, il centrait toute la perspective du Komintern sur la prise du pouvoir par les communistes et il en déduisait la nécessité d’écarter le principal obstacle à ses yeux dressé sur cette route : la social-démocratie »[13]

 

La politique de « construction du socialisme dans un seul pays » et la quête d’une coexistence pacifique permanente avec des nations impérialistes que favorise cette politique entre en contradiction avec la révolution communiste en Allemagne qui est aussi une garantie pour l’URSS si elle devient victorieuse. Engoncés dans leurs schémas boîteux, le Kremlin et la direction du Komintern finissent par penser qu’un gouvernement Hitler est inévitable et que ce gouvernement ouvrira au KPD la voie vers la prise du pouvoir.

Certains théoriciens trotskystes d’après 1940 ont pensé que Staline voulait empêcher la révolution en Allemagne. Je l’ai moi-même pensé. Trotsky, en 1939 ou 1940, réfutera cette thèse-là devant ses camarades des USA. Nous y reviendrons plus loin.

 

Staline, les chefs du Komintern et du parti communiste allemand ont capitulé devant les nazis. Toute « théorie » fausse et faussée contient, en les même, son propre châtiment avait prévenu Trotsky. L’absurde et aventureuse théorie du « social-fascisme », une fois mise en pratique, condamne le KPD à une capitulation historique d’une portée comparable à la capitulation social-démocrate en 1914.

 

Devant les SA rassemblés à Berlin au soir du triste 30 janvier 1933, Hitler se signe :

 

«  Le grand moment est arrivé. L’Allemagne s’est enfin réveillée. Nous avons gagné le pouvoir en Allemagne. A présent, nous devons gagner le peuple allemand. »[14]     

En effet, Hitler a marqué un essai certes décisif mais ce n’est encore qu’un essai.

 

Polices, milices et camps

 

De prime abord, il faut parler du gouvernement Hitler-Papen-Hugenberg. S’y insère Hermann Göring, ministre sans portefeuille dans le gouvernement du Reich (il deviendra au cours de l’année 1933 ministre de l’aviation). Göring n’en est pas moins Göring est ministre de l'Intérieur pour la Prusse.

En Prusse et à Berlin en particulier, les SA ont les mains libres pour leurs menées sanglantes.

La Police et la milice SA conjuguent leur « action » au travers de la police auxiliaire composée de SS, SA  et Casques d’acier (Stahlhelm) évoquée plus haut. Les premiers Konzentrazion Lager (KL) émanent de Göring  Le 22 février 1933 a été créé le camp d’Oranienburg. Un mois plus tard, sur le site d’une fabrique de munition désaffectée est « ouvert » le camp de Dachau, à une quinzaine de kilomètres de Munich.

 

S’ils veulent tenir, les nazis doivent frapper vite, frapper fort et pour longtemps. Frapper est un euphémisme.

 

Goring pousse l’avantage en créant le 26 avril 1933, la GESTAPO en Prusse, Geheime Staatspolizeiamt) : police secrète d’État  [À COMPLETER  Philip Kerr «  Douce flamme »  Département 1a]

Dans son blog « mémoire juive et éducation », Dominique Natanson note :

 « C'est alors la transformation de la police politique organisée par la République de Weimar en 1919 pour lutter contre les communistes. Goering décide de placer cette police politique sous l'autorité du chef des services de police du ministère de l'Intérieur, Rudolph Diels et de lui donner des pouvoirs spéciaux. Cette nouvelle police se répand dans les divers Lànder (régions d'Allemagne) et se détache de l'administration normale pour passer sous l'autorité personnelle de Goering. ».[15]      

La Gestapo est issue directement de la République de Weimar, moyennant il est vrai, une épuration administrative pour en évincer catholiques, sozis, juifs.

 

Voilà l’édifice qui se jette sur la population, prise en embuscade. Sans compter les indics et …les concierges, souvent femmes de policier. Et, les délateurs spontanés dont les motivations sont, le plus souvent « apolitiques ».

 

Les KZ, à l’origine, sont créés à la hâte pour palier la surpopulation carcérale liée à la terreur nazie. Il n’existe pas encore d’idée préconçue d’un univers concentrationnaire et d’usines de la mort. Dachau est donc le premier camp officiel. La propagande nazie présente ce site comme un centre de rééducation, avec ses moments de détentes. De même, qu’en France actuelle, on ne parle pas de « camps de rétention » mais de « centres de rétention administrative » nés de prisons clandestines contre les étrangers non-régularisés, il n’est pas encore question dans l’Allemagne de 1933 encore question de dire au public que ce sont des camps de travaux forcés où l’assassinat « préventif » est permis ,et la torture, de rigueur.

 

Certes, la France de 2020 n’est pas l’Allemagne de 1933. Il n’en reste pas moins que l’évolution de la législation française conduit, à force de détentions préventives arbitraires, à la mise en place de camps spéciaux, si l’on n’en inverse pas le cours.

 

L’internement concentrationnaire est régit par la Schutzhaft-  (détention préventive sans jugement dite «  de protection », ni contrôle judiciaire que nous connaissons actuellement dans le cadre de l’État d’urgence dont une partie des dispositions a été introduite dans le droit commun)

 

[8 janvier 1934 : inauguration d'une nouvelle usine de la Dehomag, utilisant la technologie de la mécanographie et des cartes perforées Hollerith.]

 

Le SPD, de la procrastination à la soumission

 

Une simple chronologie la plus sommaire montre comment la social-démocratie et les syndicats qu'elle’ contrôle se saborde.  On l’a vu, des mois durant, les chefs du SPD ont dit : ce n’est pas le moment, pas encore, les ouvriers doivent garder leur calme, ne pas répondre aux provocation. Lorsqu’Hindenburg a nommé ADOLF HITLER, il était urgent d’attendre le moment où il s’écarterait de la Constitution.

 

30 avril 1933

Le SPD annonce sa rupture avec la II ème  Internationale et dénonce les attaques de sa presse contre Hitler pour sauver son existence

 

1er mai 1933

Le gouvernement décrète ce jour « jour du travail national » : une grande manifestation, organisée techniquement par l’architecte Albert Speer, a lieu à Berlin à laquelle le syndicat ADGB (lié organiquement au SPD) accepte de participer.

 

02 mai 1933

A l'initiative de Robert Ley, la police, les SA et les SS occupent les locaux de l’« Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund » (ADGB) : les locaux des syndicats sont occupés et le patrimoine saisi tandis que les dirigeants (Leipart) sont arrêtés. Aucune justification légale ne suit. Un décret ultérieur interdit les grèves et redonne tout pouvoir aux patrons.

05 mai 1933 :

A Moscou, le Reich et l’Union soviétique prolongent le traité de paix signé en 1926.

 

17 mai 1933

Au Reichstag, Hitler prononce un « discours de paix ».

Il se déclare prêt à désarmer à condition que les autres nations en fassent autant. Les députés du SPD siégeant encore au Parlement approuvent par leur vote la déclaration de politique extérieure d’Hitler.


Fondation à Prague par les dirigeants sociaux-démocrates en exil (Wels, Ollenhauer, Stampfer) de la SOPADE. (Sozialdemokratische  Partei Deutchlands)

 
22 mai 1933

Le SPD est interdit, ses biens confisqués. Les membres du parti sont interdits d’emploi dans la fonction publique.

 

Dans la foulée, le KPD est définitivement interdit et ses biens sont saisis.

 

Une nouvelle « semaine sanglante » à Berlin

 

Quelques semaines se passent et, le 21 juin 1933, le ciel de Berlin se mue en une coulée de sang.

Les SA investissent le quartier ouvrier de Berlin-Köpenick et y déchaînent une « semaine sanglante » qui fera 91 morts et plusieurs centaines de blessés, majoritairement des communistes et des socialistes.

 

Sous la botte nazie au fil des jours

 

Le 1er  avril 1933, le boycott des magasins et entreprises juifs est un  fiasco.

Les S.A doivent se poster devant les boutiques pour empêcher les clients d’acheter les produits.

Il s’agit surtout d’un chantage auprès des pays où le « dénigrement » du nouveau pouvoir et la dénonciation de son antisémitisme sont de rigueur. Les menées antijuives sont d’une rare violence (juifs rossés dans la rue par les S.A, juifs internés dans les premiers camps de concentration ou « disparus dans le canal de la Spree »).

La campagne contre l’antisémitisme s’amplifie, avec, entre autre, des appels au boycott de l’Allemagne. Les gouvernements « démocratiques » se montrent fort peu diserts. Les dirigeants sionistes ne prônent pas le boycott de l’Allemagne.

Hitler doit temporiser dans la lutte « antijuive », constatant que, dans sa majorité, la population n’y souscrit pas.

Cette temporisation est contrebalancée par une propagande hystérique…du racket, des faits divers ciblés et toutes ces « mystérieuses » disparitions sans suite. Elle est contrebalancée par la propagande de l’hideux et infect Julius Streicher et son torchon « Angriff ».

 

27 avril 1933

Hermann Goering créé la Gestapo (« Geheime Staatspolizei »), la police secrète d’État, ainsi qu'un tribunal spécial pour les crimes politiques.

 

03 mai 1933

L'industriel Krupp reçoit les pleins pouvoirs pour réorganiser le secteur industriel dans l'esprit souhaité par le gouvernement de « concentration nationale ».

Theodor Adrian Von Renteln (1897-1946) est élu nouveau président du patronat allemand (« Reichsverband der deutschen Industrie » -) – fédération nationale de l’industrie allemande-.

09 mai 1933

Création du Service de sécurité, le SD (« Sicherheitsdienst »).

 

16 mai 1933

Suppression du droit de grève en Allemagne nazie. Déportations de députés de Karlsruhe.

 

19 mai 1933

Institution à la tête des « quatorze régions économiques » de quatorze curateurs, administrateurs du travail (« Reichstreuhänder ») qui dépendent du ministre du Travail et qui doivent contrôler les salaires et donc les revenus des salariés.

 

Un revolver contre la culture et la jeunesse

 

10 mai 1933

Plusieurs villes universitaires d'Allemagne sont le théâtre d'une véritable nuit d'autodafés (« Bücherverbrennung ») : la « littérature nuisible et prohibée » (20.000 livres, dont des oeuvres majeures de l’esprit allemand) est brûlée en place publique, lors d'une cérémonie présidée par Goebbels  qui n’avait eu de cesse de pourfendre l’Art dégénéré

 

 

 

Von Schirach – chef des jeunesses hitlériennes – s’écrira alors

 « Quand j’entends le mot Culture, je sors mon revolver »

 

Par la suite, cette exclamation sera souvent attribuée à Goebbels, maître de cette cérémonie moyenâgeuse.  Peut-être, le Goebbels l’a soufflée à l’oreille de Von Schirach cette nuit-là.

 

17 mai 1933

 

. Le Reichssportführer Hans Von Tschammer und Osten fonde la Ligue gymnique du Reich (« Deutscher Reichsbund für Leibesübungen »), afin d’exercer un contrôle idéologique sur les associations sportives allemandes.

 

Toutes les organisations de jeunesse sont désormais soumises à l’autorité du Reichsjugendführer Baldur Von Schirach.

 

Ainsi s’amorce une mise au pas permanente et sanglante. Pour « gagner le peuple », il faut d’abord le plonger dans l’angoisse née de l’incertitude et la terreur arbitraire. Ces « techniques » d’intégration et de contrôle des masses agissent comme un chloroforme ou comme la morphine.

 

L’alliance du sabre, de la forge et du coffre-fort

 

Nous avons déjà eu l’occasion d’affirmer que les nazis ne sont pas l’émanation des capitalistes et des banquiers mais des mercenaires qui étaient, entre autres, des bandes armées du grand capital.

L’intention première, ou plutôt, la prétention des capitalistes, des banquiers et des aristocrates, visait à canaliser les nazis au travers du « gouvernement de concentration nationale », de « transition » vers une dictature directe des Krupp, Schacht, Thyssen et autres capitaines d’industrie et barons de la banque.

Ainsi, après avoir mis le genou à terre aux syndicats, aux socialistes et aux communistes, Hitler et Goering seraient limogés et leurs troupes de choc plébéiennes phagocytées, à la faveur d’un régime national-corporatiste. Tel était le scénario de départ.

 

On l’a vu, de l’État, il ne reste plus que le squelette. Après les élections de mars 1933, la représentation parlementaire capitaliste est vidée de sa substance

A ce moment-là, un bras de fer s’engage entre les SA et Hitler qui, face à eux, choisit d’intervenir en faveur des classes possédantes : grands industriels et banquiers, aristocrates « de souche » et Junkers, en s’appuyant sur la Reichswehr, cette force armée de 100 000 hommes seulement.

 

Dans sa préface au recueil d’écrits de Trotsky « Comment vaincre le fascisme », le théoricien Ernest Mandel dira que les nazis ont procédé à l’expropriation politique de la bourgeoisie. Voilà qui ne me paraît pas exact. La bourgeoisie est bridée mais les positions du Grand capital et des propriétaires terriens se font valoir, non à travers les joutes parlementaires, mais au sein même du pouvoir et pas seulement en coulisse. A tel enseigne que la lutte interne au sein du NSDAP rebondit. Cette fois, ce n’est plus Strasser qui s’en prend frontalement à la politique dictée par Hitler mais Ernst Röhm

 

Les choses se compliquent encore quand une partie des classes possédantes conservatrices tentent d’entraîner dans leur sillage –selon BS Encycl.- le chef des  S A, Ernst Röhm pour contrebalancer Hitler, au compte du président Hindenburg, lequel est devenu grabataire.

Röhm est à la tête de troupes débraillées de 2 millions d’âmes. Hitler est incapable de les juguler, il n’en devient que moins tolérable. De concert avec Röhm, deux mois seulement après la nomination d’Hitler, Goebbels mène une agitation inlassable pour une « seconde révolution » plus « radicale», ainsi que le rapporte encore l’encyclopédie BS Editions.

 

18 avril 1933

 

Röhm, Göbbels et les radicaux du partis prônent « la seconde révolution » contre la droite, les affaires, les Junkers, l'aristocratie...

Évidemment, Röhm veut, au surplus une « révolution de Palais ». Il se tient prêt pour servir les intérêts « industriels » et se servir.

Bras de fers

 

07 juin 1933

Signature à Rome du « Pacte à Quatre » pour la paix entre l’Allemagne, l’Italie, la France et la Grande-Bretagne. Avec cet accord, Mussolini tente de neutraliser les ambitions territoriales allemandes.

 

09 juin 1933

En France, la Chambre des députés approuve le Pacte à Quatre

Quel qu’aient été les arrières pensées et considérations respectueuses et pacifiques des chefs de ces nations, leur pacte adoubait Hitler.

 

19 juin 1933

Le RDI, dissout un mois plus tôt, devient la corporation de l'industrie allemande. Krupp conserve la présidence et l'organisation préserve une certaine autonomie.

 

05 juillet 1933

Dissolution de tous les partis politiques allemands, hormis le parti national-socialiste (nazi).

 

06 juillet 1933

Devant les Statthalter[16], Hitler proclame la « fin de la révolution » et déclare qu'il faut « conduire le courant incontrôlé de la révolution (les SA) dans le lit tranquille de l'évolution ». Röhm parle de trahison des buts de la révolution

Goebbels rentre dans le rang.

 

Plus tard, dans son Journal d’exil, Trotsky notera les propos de Röhm

«  Les protestations enflammées et les rassemblements de masse sont certes très utiles, et peut-être même souvent indispensables, pour la création d’une atmosphère d’exaltation ; mais s’il n’y a pas un homme qui, derrière cet assaut de nuées, réalise la préparation pratique et est résolu à agir, elles demeurent sans effet »[17] .         

 

Celui –là peut en effet arguer avoir réalisé cette préparation pratique, hors de laquelle Hitler n’eut été qu’un tambour.

Il attend de son ami plus que de la reconnaissance. Röhm se moque bien des « révolutions » et de « l’évolution ».

Il cherche à avoir la main sur l’armée, qu’elle fusionne avec ses troupes paramilitaires vingt fois plus nombreuses. Lui est un vrai officier, pas un simple caporal, caporalisé par défaut, qui n’a pas combattu dans les tranchées et a étudié les règles de l’art militaire comme convalescent dans une caserne.

 

« L’assaut des nuées » ne l’intéresse pas. Sur sa carte de visite, il y a tout de même, du point de vue nazi, un de ces détails qui « tue » : Röhm est homosexuel.

 

S’agissant de la terreur, du régime de la détention préventive sur simple dénonciation, de la traque des juifs, de l’ouverture des premiers KZ[18], Röhm, Goering et Himmler sont engagés dans une surenchère sans merci. Hitler est pris dans une contradiction inextricable entre sa volonté de satisfaire les classes possédantes, les politiciens conservateurs-monarchistes et son désir de « gagner le peuple » pour en devenir le « conducteur » (führer).

 

Beaucoup de citoyens, de diplomates étrangers pensent que, le moment venu, Hindenburg va y mettre bon ordre. Mais, quel moment venu ?

 

Des américains à Berlin

 

 

Le 30 juin 1933, un nouvel ambassadeur des USA à Berlin entre en scène, William E. Dodd, à la demande du leader Démocrate Franklin Delano Roosevelt (appelé souvent par ses initiales FDR) qui a pris ses fonctions de Président US le 04 mars 1933

 

Le mandat que lui donne FDR consiste d’abord à permettre le règlement des intérêts de l’hyper-dette allemande, ne serait-ce qu’auprès des épargnants, petits et grands.

La condamnation de l’hitlérisme est, du côté de Roosevelt, purement morale, dans le droit fil de la défense platonique des libertés.

Dans ce contexte, son ambassadeur Dodd considère que l’Allemagne a le droit d’éprouver son nouveau régime pour lequel sa fille Martha éprouve une admiration esthétique.

 

Or, les ressortissants américains eux-mêmes sont victimes d’exactions nazies lorsqu’ils ne font pas le salut nazi au passage des défilés des S A.[19]

Ainsi, la lutte de classes étant « supprimée », rien ne bride ou « discipline » les conflits au sein des classes dominantes, la fin des partis politiques donne à tous ces conflits internes un caractère explosif et se réfractent, du même coup, dans le parti national-socialiste. Cliques et clans, cliques et claques  donnent libres cours à toutes sortes de luttes intestines.

 

De fait, Hitler, comme Chef, ne tient encore  qu’à un fil.

 

LE SANG DES NOCES

En ce début de l’année 1934, Hitler n’est pas encore le Führer. Le « partei » (puisque le NSDAP est le seul parti légal désormais) est un fourre-tout où les vétérans sont comme dilués dans la « masse » des « violettes de mars ». Il n’est plus un parti élitiste.

Dire que dans ce décor, les SA font désordre, c’est peu dire.

Les deux millions de troupiers font régner l’anarchie, inondent les restaurants et les bars de leurs vociférations, de leurs chants et de leurs « Heil Hitler ». Ce sont des héros…surtout lorsqu’ils tabassent un récalcitrant à 5 contre 1. Avant la nomination d’ADOLF HITLER, les « exploits » de la SA s’inscrivaient dans les visées hitléristes en vue de déstabiliser l’État.

A présent cette méthode de déstabilisation de l’État mise au point par Röhm est tournée contre l’alliance d’ADOLF HITLER avec l’aristocratie foncière et les tenants de l’Industrie lourde dont Göring est le trait d’union.

J’insiste encore : les circonstances qui conduisent l’Allemagne sur le sentier de la guerre ne sont pas l’œuvre d’un seul homme, d’un seul Reich, d’un seul parti.

Dans ce parti, toutes les tensions de la société civile se répercutent et y sont contenues, en relation avec les tensions entre toutes les grandes puissances. En pure logique, l’Italie fasciste devrait être l’alliée naturelle de l’hitlérisme, d’autant plus que la marche sur Rome et la prise du pouvoir sont un modèle pour ADOLF HITLER. Or, Hitler et Mussolini ne sont pas du tout dans le même concert des nations.

Face aux SA et de plus en plus contre cette armée milicienne, la Gestapo, à Berlin, commence à régner sur toute la police prussienne. Les commissariats doivent l’aider dans son fichage des opposants.

Reinhard Heydrich a été chargé par Heinrich Himmler de créer  la  police interne, l’IGPN des SS (été 1932)

 

« Police populaire » contre « Police secrète de l’État »

 

En ce début d’année 1934, Röhm s’est ouvertement prononcé pour le regroupement de la Reichswehr, des S A et des SS au sein d’un seul ministère. (Sous-entendu, dirigé par lui).

Puis, au grand dam de Göring, la direction de la Gestapo lui est ravie par Heinrich Himmler, cet « éleveur de poulet » (« bête à corne sournoise » selon Goebbels) qui n’a jamais combattu sur le front de la WW1, gagné au nazisme par Röhm.

Cette prise de la Gestapo par un des pionniers SS de 1926 devient effective le 20 avril 1934.

 

Deux jours plus tôt, Röhm s’ébroue :

« Les réactionnaires, les conformistes bourgeois, nous avons envie de vomir quand nous pensons à eux » ; «  Les S A sont la révolution nationale-socialiste ». [20]

 

22 avril 1934 : Reinhard Heydrich devient le chef opérationnel de la Gestapo, à la place de Rudolf Diels.

 

Quelques jours plus tard, le gouvernement révèle au grand dans quel état de santé gît le vieil Hindenburg.

 

Dès lors, les couteaux sont tirés.

 

12 mai 1934 : Goebbels s’exclame : « les juifs sont la syphilis de tous les peuples européens ». La tension monte.

 

Un « pygmée » monte sur la table

 

Le dimanche 17 juin 1934, l’insipide conservateur et ci-devant chancelier Franz Von Papen commet un discours involontairement dévastateur.

 

Il dit :

« On m’a fait savoir que ma responsabilité dans les événements de Prusse ( voir plus haut -1932) et dans la formation du présent gouvernement a eu de telles répercussions sur les événements en Allemagne que je suis obligé de considérer ceux-ci d’un œil plus critique que la plupart des gens …

Le peuple allemand suivra Hitler avec une loyauté à toute épreuve à condition d’être autorisé à participer à la prise de décisions, que chaque parole ne soit pas immédiatement interprétée  comme malintentionnée et que les patriotes désespérés ne soient pas catalogués comme des traîtres »[21]

 

La réaction publique d’Hitler sera vociférante. Sans le citer nommément, il compare Von Papen à un « petit vers ridicule » et « un Pygmée qui s’imagine qu’il peut arrêter, par quelques phrases, la gigantesque renaissance vitale d’un peuple »[22]

 

 Von Papen menace alors Hitler de démissionner du gouvernement (il est vice-chancelier du gouvernement de « concentration nationale »), il menace de se rendre chez Hindenburg. Hitler finit par l’amadouer.

 

Le 21 juin 1934, Hitler rencontre Hindenburg. Hindenburg prévient : si l’apprenti führer perd le contrôle, lui, le Président proclamera la loi martiale et donnera à l’armée tout le pouvoir.

 

Dans le même temps, survient ce pur  bobard d’Himmler indiquant à Hitler et Goering que Röhm et ses sbires tenter de l’éliminer et se préparent à frapper fort contre le gouvernement.

 

« L’assaut des nuées »

 

Le lundi 25 juin 1934, c’est au tour de Rudolf Hess de monter au créneau :

 

« Malheur à qui manque à sa parole, croyant qu’en se révoltant, il sert la révolution. Le parti affronterait toute rébellion avec une force absolue »[23]

 

Pour couronner ce tout, la canicule s’en mêle, dans un état que l’on pourrait caractériser d’anarchie paradoxale.

 

Dès janvier 34, Ernst Röhm a donc adressé au ministre de la Défense, Blomberg un mémoire

…selon lequel la défense nationale doit être assurée par la SA, le rôle de la Reichswehr se limitant à l'instruction militaire.[24]Il se targue volontiers d’avoir tout appris à Hitler dans le domaine militaire.

 

Début 1933, la SS est certes une troupe d’élite mais ne compte encore que 52000 hommes. Elle n’est encore que l’escadron de protection d’Hitler, officiellement, mais elle enfle.

 

Au printemps 1934, Hitler hésite encore à liquider les chefs de la S A. Son ange exterminateur Himmler se charge de l’intoxiquer, avec le concours de Göbbels. En outre, Röhm ne cherche pas à supplanter Hitler, il veut sa « juste » place, sa récompense.

 

À la  mi- avril, selon Erik Larson :

 

« Les détails sont peu nombreux, mais apparemment(…) Hitler  et Blomberg établirent un marché secret, dans lequel Hitler liquiderait Röhm et  les SA, en échange du soutien de l’armée pour son accession au pouvoir présidentiel au moment de la mort de Hindenburg »[25]

 

De son côté, Goering craint que « sa » Luftwaffe soit absorbée par l’a nouvelle armée prônée par Röhm. Face à  lui  se dressent Goering, Himmler, Goebbels…

 

27 juin 1934 : réunion secrète au siège de la Gestapo- [26]

Le jeudi 28 juin 1934, trois mille S A se livrent à des débordements spontanés car ils redoutent une attaque de l’armée.

 

La coulée de sang.

 

Le samedi 30 juin 1934, c’est le guet-apens et la tuerie, le règlement de compte « sacré », c’est … « la nuit des longs couteaux » !

La description de cette nuit des longs couteaux n’a d’intérêt que sensationnel et morbide.

Je ne vais pas entrer ici dans le détail de l’opération meurtrière.

90 cadres des S.A mais aussi le nazi « de gauche » Gregor Strasser, l’ancien chancelier Von Schleicher, le docteur Klausener, dirigeant de l'Action catholique y sont passés par les armes…par les S.S.

L’intervention d’un autre ancien chef de gouvernement, Franz Von Papen, le 17 juin 1934, a pesé dans la balance des hésitations d’Hitler à liquider son « ami » Röhm.

Von Papen  qui s’était exprimé au nom du grand Capital, pour la normalisation est épargné et poursuivra sa carrière.

Röhm et ses comparses furent accusés d’avoir fomenté un complot et de trahison (pour le compte de la France, qui plus est). Pure calomnie, évidemment.

Goebbels, jamais en reste, se charge de fustiger les mœurs homosexuelles de Röhm et ses compagnons.

 

Adolf Hitler devient Führer du IIIème Reich

 

Ce massacre permet à Hitler de s’ériger en Juge suprême du 3ème Reich.

La nuit du 30 juin 1934 met fin à la période de transition de la République déchue à l’établissement du régime nazi. Il reste encore une dernière marche à gravir…                                                                                      

Dans l’immédiat, nombre de citoyens allemands pensent qu’un terme vient d’être                                                mis à la Terreur brune. Hélas …

Franz Von Papen est muté comme ambassadeur du Reich en Autriche-

 

Le 1er août 1934, le vieux Président Hindenburg décède à l’âge de 89 ans, rattrapé par la maladie.

C’est à ce moment-là que le Führer devient nommément Führer du Reich, cumulant les fonctions de Chancelier et de Président.

Un plébiscite ratifie cet état des choses, « librement » le 19 août 1934.  

…/…

Parmi les ouvrages cités : HITLER par Yan Kershaw. Flammarion. 2008.

 

[1] https://www.letemps.ch/monde/1933-dictature-installee-allemagne

[2] http://mjp.univ-perp.fr/constit/de1933.htm

[3] Erik Larson. Dans le jardin de la bête. Le livre de poche, 2011.  Page 185.

[4] Introduction de Pierre Broué au tome 1 des Œuvres de Trotsky. EDI 1978. Page 47

[5] https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/06/ldt19330607.htm

[6] https://www.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20130726.OBS1194/hitler-n-aurait-pu-prendre-le-pouvoir-sans-la-complicite-d-elites-bourgeoises.html 

[7] https://www.arte.tv/fr/videos/080961-000-A/le-pacte-hitler-staline/ . 05’43’’

[8] PB – histoire de l’IC. Page 527

[9] PB -  Ibidem – Page 528

[10] Hermann Weber a rejoint le parti communiste allemand en 1945 d’où il a été exclu en 1954, à  l’âge de 25 ans. Militant dans la partie ouest de l’Allemagne depuis 1949, il rejoindra le SPD en 1955.

[11] Voir Pierre Broué – page 527

[12] Selon Wikipedia (article sur le KPD),

[13] Philippe Robrieux – Histoire intérieure du parti communiste – tome 1 – Fayard, 1980. Page 428

[14] https://youtu.be/kVh_DKWxoSU  4’29’’

[15] http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/gestapo.htm POLICES ET SERVICES

 

[16] Gouverneurs

[17] Cité par Léon Trotsky. Journal d’exil. Page 37-38, 11 février 1935- Gallimard, 1960.

[18] KZ : Konzentrazion lager – Camp de concentration

[19] Voir Erik Larson- op.cit. , dont l’ouvrage retrace la vie de la famille Dodd durant son long séjour en Allemagne (1933-1937)

[20] Larson – op.cit. Page 377

[21] Larson- ibid. Page 422-423

[22] Ibidem 422-423

[23] Ibidem- page 430-431

[24] https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_des_Longs_Couteaux#Origine_de_l'expression

[25] Larson – op.cit. Page 377.

[26]  https://youtu.be/y0iMW0Pn128 26’54’’- « Cette vidéo n'est plus disponible, car le compte YouTube associé a été clôturé. », il s’agissait d’un Docu sur la nuit des longs couteaux 

 

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