NOUS REFUSONS D’ÊTRE DES IMBECILES

NOTRE CHRONIQUE Deuxième partie. Vendredi 13 novembre 2020. Désolé si ce billet est quasiment une mini-brochure. On n’a pas toujours le temps d’être bref comme le notait Raymond Chandler, le père du detective Philip Marlowe (incarné au cinéma par Humphrey Bogart, avec Lauren Bacall.)

Contenu

NOUS REFUSONS D’ÊTRE DES IMBECILES. 1

« Nos enfants sont et restent des enfants ». 2

Un acte racialiste d’État 3

De la « DÉMOPART ». 3

  1. Ruffin, la CASUISTIQUE et la PARTICIPATION. 4

Premier survol du film LE HOLD UP. 5

La jeunesse lycéenne face au Covid et à la répression. 6

Retour sur la mort du Général de Gaulle. 6

Premières réactions médiatiques au film LE HOLD-UP. 7

Union sacrée contre le film LE HOLD UP. 8

De l’Anticomplotisme d’État 10

Pour le Front du refus 11

 

Non, messieurs les chefs d’Etat, de la Gauche versaillaise ou insoumâtre, messieurs les chefs de nos Confédérations syndicales ou de LR et du RN, nous refusons d’être des imbéciles. Nous refusons votre Confinement en bande organisée et la mise à sac des hôpitaux. Nous refusons d’être des gobeurs. Et, ce n’est pas tout.

 

Et voilà, un Messie de boulevards du neuvième arrondissement a décidé que la campagne de 2022 est lancée, à condition que 150000 internautes au moins le plébiscitent.

Oui, selon nous, ce vieux cheval de retour de feu Mitterrand devient fasciste, ni plus, ni moins.

Ne revenons pas plus qu’il ne le faut sur sa xénophobie et son racisme intrinsèque. Même le sbire Darmanin en est resté scotché : «J'ai entendu M. Mélenchon dire qu'il y avait un problème avec la communauté tchétchène. Il progresse très, très vite, peut-être même un peu trop loin. Il est trop à droite pour moi»[1].

Il semble même que les deux personnages fabuleux soient en compétition sur le même terrain de plus en plus racialiste.

 

« Nos enfants sont et restent des enfants »

 

 

Nous faisons donc nôtre la déclaration suivante du Front Uni de l’Immigration des Quartiers Populaires (FUIQP) :

 

DÉCLARATION DU FUIQP- 08 novembre 2020

 

« L’instrumentalisation gouvernementale et médiatique du crime odieux de Samuel Paty se poursuit par celle de l’hommage national dans les établissements scolaires. Indépendamment du fait qu’il ait été privatisé par le pouvoir, parti en croisade contre les personnes de confession musulmane, mécontentant au passage une grande part du corps enseignant qui, au nom de la liberté d’expression, s’est vu contraint de lire une lettre de Jaurès tronquée et falsifiée, cet hommage cachait en réalité une prophétie auto-réalisatrice.

 

Il était impossible que sur 12 millions d’élèves, dès 2 ans et demi en petite section de maternelle et mineurs pour l’écrasante majorité, on ne puisse pas relever des entorses, des résistances, des propos absurdes d’enfants, car quoi qu’ils en disent en haut lieu, ce sont des enfants. Par exemple, des comportements tout à fait anodins pour des enfants (rires ou agitations pendant l’hommage) sont jugés déviants et ont conduits à des signalements, faisant entrer ces enfants dans une machine répressive infernale. Evidemment, comme après l’attentat de Charlie Hebdo en 2015 à l’occasion d’une autre minute de silence, la focale médiatique se place sur ceux et celles que France Culture avait nommés « les enfants perdus de la République ». Si en 2015 la chasse aux soi-disant « islamistes radicaux » a été un fiasco et l’occasion d’atteinte aux droits de l’Homme dénoncée par toutes les organisations nationales et internationales antiracistes, la pêche aux enfants suspects d’intelligence avec l’ennemi ou de soutien au terrorisme l’est encore davantage. Nous ne discuterons pas ici du nombre de ces 400 signalements effectués par des enseignants et personnels de direction – pour certains d’entre eux totalement saisis par l’effroi ou pénétrés par l’idéologie dominante, ou encore mus par un zèle rappelant des heures sombres de l’histoire raciste de France ; ces signalements se sont traduits notamment par un appel à la police pour s’emparer d’une élève qui avait juste photocopié un texte en arabe. Non, le nombre ne fait pas le compte. Ce qui importe n’est pas la dimension quantitative mais qualitative, et en l’espèce la manœuvre du gouvernement consiste à déshabiller l’enfant de son enfance et à le parer des atours de l’adulte ennemi de l’intérieur. C’est comme cela et uniquement comme cela que l’on peut donner du sens à la garde à vue rebaptisée « retenue »qui a été infligée à des enfants de 10 ans pendant 9 à 11h dans un commissariat. C’est assassiner l’enfance chez cette enfant de 10 ans que d’envoyer dans sa chambre à 7h du matin une dizaine d’hommes armés et cagoulés, pour l’arracher à son sommeil, la défaire de la chaleur de son lit puis la saisir et l’éloigner des regards en larmes de ses parents à qui on signifie de venir la chercher dans deux heures au commissariat. Ce sera finalement 11 heures pour elle et pour d’autres, après avoir signés à leur âge une déclaration. Déjà en 2015 à Nice, Ahmed, un enfant de 8 ans, avait été poursuivi pour apologie du terrorisme pour avoir dit « Je ne suis pas Charlie » à une partie du corps enseignant qui lui avait refusé l’accès à son traitement médical. La gravité des faits auxquels nous assistons dans une atonie et une sidération généralisées, n’est rien moins qu’un processus de déshumanisation, symptôme de la fascisation en cours. L’islamophobie à la française, qui repousse sans cesse les limites de l’acceptable, en est un signe fort. La suspicion qui repose sur les musulmans et musulmanes ou assimilés comme tels, en France ne vise plus uniquement les adultes mais aussi les enfants. L’école n’est plus seulement invitée à jouer son rôle d’éducation et parfois d’assimilation plus ou moins bienveillante, elle doit désormais participer au côté des institutions policière et judiciaire à exclure et broyer les enfants désignés comme « ennemis de l’intérieur », séparatistes, tout comme leurs parents.

 

Nos enfants sont et restent des enfants

 

Pour le FUIQP, la réaction et la construction d’une alternative est urgente ! Soit nous nous soulevons ensemble contre ces pompiers pyromanes qui aux postes de pouvoir ou dans les médias dominants relaient leurs thèses et leurs constructions racialistes, soit nous laissons faire, reculant sans cesse le niveau d’acceptabilité, et alors ce « nous » disparaîtra. »

Un acte racialiste d’État

Ce lundi 09 novembre, le reporter François Bonnet[2] de Mediapart s’est rendu à Albertville, il a pu mesurer les premiers effets de cet acte racialiste d’État :

Samedi, dans une déclaration au Dauphiné déjà beaucoup moins catégorique que celle de la veille, le procureur de Chambéry Pierre-Yves Michaud expliquait que « les trois garçons ont avoué avoir tenu certains propos, sans reconnaître explicitement les menaces de mort » (la veille, il assurait qu’ils reconnaissaient les avoir proférées), que les familles n’étaient pas radicalisées. « Désormais, les choses sont éclaircies, il faut que la situation s’apaise. » Mais il persiste : c’est bien une enquête qu’il fallait pour tout cela. Parce que le ministère de l’intérieur exigeait de telles enquêtes ?

Il reste les enfants. Les trois que Mediapart a rencontrés ne veulent pas retourner à l’école. « Mes copains vont me traiter de terroriste », dit l’un. La fillette a peur et a du mal à dormir. Un autre gamin s’est mis à faire pipi au lit. Des médecins leur ont fait une dispense de deux semaines. »

Les parents de ces enfants signalés par l’Education nationale sont des ouvriers d’origine turque d’Albertville. Aux yeux de l’École des flics et des patrons[3], ce sont d’abord des musulmans et des immigrés. Là encore, le Cheval de retour de Mitterrand a aussi apporté, comme ministre de l’Enseignement professionnel du gouvernement Chirac-Jospin sa contribution à la transformation immonde de l’École en France.

De la « DÉMOPART »

Au même moment se poursuivent les sempiternelles considérations plus ou moins philosophiques pour la Démocratie participative.

Sauf que !

La Démocratie participative n’est NI démocratique NI participative.

Reprenons l’exemple du Cheval de Retour de Mimi-la-brouette (qui se faisait appeler Tonton ou Dieu). Il ne réunit pas son Parti de gauche en Congrès pour désigner un candidat à des élections. Quant à sa LFI, il semble qu’il l’ait dissoute sous une nouvelle marque  « insoumission ».

La Démocratie participative sert à démolir la Démocratie représentative (chacun-chacune vote à tous les niveaux pour un délégué, et lui donne un mandat dont il doit rendre compte). 

La Commune de 1871 a montré ce qu’est la Démocratie représentative directe.

La démocratie représentative classique, c’est-à-dire bourgeoise, se faisait par la médiation des Partis politiques, de leurs Congrès, chaque parti représentait une couche sociale et des intérêts particuliers. C’était déjà trop car l’intérêt général du futur CAC40 devait primer comme étant celui de tous ! D’où le putsch gaulliste d’Alger, le 13 mai 1958 et le Régime qui sévit encore, dans la putréfaction.

 

 

 

F. Ruffin, la CASUISTIQUE et la PARTICIPATION

Mais il est temps de laisser la parole à un expert de la démocratie participative, le Député François Ruffin :

« Le député insoumis a voté contre, samedi 24 octobre, le projet de loi visant à proroger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 16 février. Il déplore une gouvernance “solitaire” d’Emmanuel Macron qui “ne consulte même plus son conseil scientifique” et propose, dans nos colonnes, la création d’une Convention citoyenne sur le coronavirus, afin d’associer “toutes les parties prenantes”. »

Ce n’est pas sur le fond de cet État d’exception qu’il s’insurge mais contre la façon qu’a Macron de l’orchestrer. Les deux adversaires ont fréquenté, à quelques années d’intervalle, le même collège jésuite où l’on apprend aussi la Casuistique.

Comme le notait le regretté romancier Philip Kerr, la Casuistique est « un moyen d’expliquer le monde à sa convenance plutôt que la simple faculté de donner un sens aux choses »[4]

Et, Ruffin de dire :

« On est dans un temps d’acceptation, on verra s’il dure. »

Et, de poursuivre intarissablement :

« L’Assemblée n’est pas assez représentative de la société, elle n’est qu’une chambre d’enregistrement. Il faut une instance qui vienne débattre de tout ça, une mise en branle de toute la société sur cette question. Je propose la création en urgence d’une convention citoyenne sur le coronavirus qui serait en dialogue permanent avec le gouvernement dans cette crise. ».

Ca y’est, la machine Ruffine est « en branle » :

..On a pensé croissance, consommation et pas assez à l’obsession sanitaire Je n’ai aucun espoir qu’il mette en place cette convention citoyenne sur le coronavirus... Alors que, je pense, ça ferait du bien au pays, à la démocratie et à la santé des Français.

Si 100 ou 200 personnes réfléchissaient ensemble aux mesures et à leur application, il y aurait plus de solutions proposées et elles seraient mieux acceptées. Il faudrait par exemple que des directeurs d’ Ephad et des usagers soient présents.

Là, ça fleure le tirage au –mauvais - sort !

C’étaient ici quelques extraits des propos ruffinesques tenus sur le Huffpost[5]

Nous en savons un peu plus sur la Démocratie participative qui exige, à cette étape :

  1. Un dialogue permanent avec le pouvoir,
  2. Davantage de solutions proposées par un panel de chefs d’établissements et d’usagers,
  3. Solutions mieux acceptées,
  4. Le pouvoir tranchera, sous couleur d’arbitrer.

Monsieur Ruffin entendrait-il apprendre à Macron comment pondre des œufs ?

Cela, Macron le sait déjà car c’est très exactement ce qu’il a orchestré en 2019 suite aux actions en Gilet Jaune : une consultation « citoyenne » avec des « tirés au sort » et des assemblées dans les villes où l’arbitre Emmanuel 1er sifflait souvent les trublions qui venaient gâcher ces séances de Management en ciblant les violences policières de l’État

La Démocratie participative va bien au-delà de ces considérations casuistes. Nous en avons déjà parlé à propos des PLANS en général et du PLAN DE RELANCE « Ségurien » de Castex. La Démopart (démocratie participative traduite par nous en Novlangue), c’est - comme disait Le Général Me-Voilà (De Gaulle)- la Participation.

En bref : nous faire participer à notre propre misère, à notre propre déchéance.

Le Cheval de retour, lui, se veut plus gaulliste que de Gaulle, dans ce domaine comme dans tous les domaines de la lutte impérialiste contre les peuples.

Ce qui ne saurait nous empêcher d’indiquer le lien internet vers son formulaire d’intronisation de sa candidature présidentielle.[6]

Nous refusons d’être des mulots !

Premier survol du film LE HOLD UP

  C’est pourquoi, nous refusons le confinement qui nuit gravement au traitement du SRAS COV2. Point n’est besoin de rappeler ici que cette Confinaison est une mesure politique odieuse. Nous vous proposons de voir ou de survoler le film LE HOLD UP où s’expriment médecins, universitaires et économistes.[7] Pour le moment, nous ne l’avons que survolé, ce qui nous induire en erreur sur telle ou telle intervention

S’y expriment à la marge du film – comme nous le fait remarquer une de nos lectrices sagace[8]- là aussi, hélas, des Casuistes. Les Casuistes sont nombreux et ils ont l’art de se faufiler entre les lignes en toute occasion favorable, tels Laurent Alexandre[9], un toubib qui a fait les grandes écoles ( HEC, ENA) et du management d’entreprise puis, selon Wiki : «  Laurent Alexandre se tourne alors vers l'écriture de science-fiction, et publie plusieurs romans d'anticipation sur le thème du transhumanisme co-écrits avec David Angevin, édités chez Naïve, teintés de racisme et d'eugénisme. ».

Cet aventurier plein aux as est aussi un macroniste déconfiné. Ce disant, ses petites incursions dans le film Hold Up ne nous détourne en rien du combat salutaire de ses auteurs et de la très grande majorité des intervenants qui l’animent. Parmi lesquels, la député Martine Wonner que nous saluons à nouveau.

 

La jeunesse lycéenne face au Covid et à la répression

 

Ce combat est aussi celui que mènent les lycéens contre les conséquences de la Confinerie d’État.

Là encore, la faction milicienne de la Police nationale est à l’exercice comme nous l’avons constaté : à Saint-Nazaire, à 15 casqués contre un lycéen pacifique.[10] No comment.

À Paris : « Une quarantaine d’étudiants a tenté de bloquer le lycée parisien Colbert, mardi matin, avant d’être rapidement dispersée par la police. Selon eux, les mesures annoncées le 5 octobre par Jean-Michel Blanquer sont trop faibles et non appliquées.

«C’est comme si rien n’avait changé 

Aux abords du lycée Colbert, dans le Xème arrondissement de Paris, Sirine soupire. Cette lycéenne de 18 ans ne comprend pas qu’elle ait toujours à changer de salle de classe entre deux cours (les flux d’élèves multipliant les chances de transmission de la maladie). Elle craint d’attraper le Covid-19, elle qui vit avec deux personnes à risque : sa mère, «atteinte d’une maladie orpheline» et sa grand-mère. »[11] 

Là encore les FDO dispersent manu-militari[12]

Au Lycée Bergson (Paris), des flics contrôlent les carnets de correspondance des élèves et s’étonnent que certains soient majeurs. Des lycéens avaient érigé une barricade, ce 10 novembre, jusqu’à l’arrivée d’un fourgon de Police[13]. Vu que les lycéens ont retiré cette barricade, les poulets s’en prennent aux carnets de correspondance des jeunes. Bientôt, les FDO les noteront les élèves en EPS et Instruction civique, au train où vont les choses.

 

Retour sur la mort du Général de Gaulle

 

Ce faisant, ces drames et autres faits divers ne sauraient nous faire zapper le 50ème anniversaire de la mort de Charles de Gaulle (honorée par Macron. Ce décès soudain avait été précédé par l’incendie qui «  dans la nuit du 1er novembre 1970, un incendie provoquait la mort de 146 jeunes gens dans une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont, en Isère. Un drame qui traumatisa la France entière »[14] comme l’a rappelé la journaliste Camille Lestienne du Figaro.

Huit jours plus tard, de Gaulle décédait. Né le 22 novembre 1890 à Lille, il meurt  le 09 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises, dans le 5-2, en Champagne pouilleuse (ou crayeuse).

« Ce lundi 9 novembre 1970 est une journée ordinaire à La Boisserie, la propriété que le couple de Gaulle a achetée en 1934 à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne).

Il pleut, c’est l’automne. Charles de Gaulle travaille à ses « Mémoires d’espoir », déjeune avec sa femme Yvonne, se promène, entre deux averses, dans le jardin, écrit à quelques « Compagnons » et à son fils Philippe. 

Une journée ordinaire comme le premier président de la Ve République, bientôt 80 ans, en connaît depuis qu’il a démissionné, dix-huit mois plus tôt, au lendemain de l’échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, après onze années passées à l’Élysée.

Il est 19 h. Il vient de gagner la bibliothèque où un feu de bois se consume dans la cheminée. Il s’assoit devant la table de bridge, où chaque soir avant le journal télévisé et le dîner, il s’adonne à ce qu’il appelle sa « discipline d’oisiveté » : une réussite.

Charles de Gaulle s’affaisse dans son fauteuil, la tête dans une main, sous les yeux d’Yvonne, en train d’écrire, installée à son secrétaire. « J’ai mal, là, dans le dos », murmure-t-il avant de perdre connaissance.

Aussitôt appelés par son épouse, le père Jaugey, curé de Colombey, et le docteur Lacheny arrivent ensemble. Il est trop tard. Rupture d’anévrisme abdominal, diagnostique le médecin.»[15]

Quelques mois auparavant le Général Me-Voilà, avait rendu visite au sinistre Franco…De Gaulle avait aidé ce Caudillo à l’automne 1944 en faisant bloquer les réfugiés d’Espagne investis dans la Résistance et qui voulaient retourner au combat sur leur propre sol pour liquider le franquisme…

Premières réactions médiatiques au film LE HOLD-UP

Avant d’écouter la conférence que doit tenir Castex, ce 12 novembre, nous voilà contraint par Libération de revenir sur le film Hold-Up dont la rubrique Chek-news en ligne de ce quotidien se mêle… en s’emmêlant. N’étant pas abonné à ce journal en ligne, nous n’avons pu en lire que les premières lignes au titre fort objectif : « Que sait-on du documentaire «Hold-up», qui dénonce une «manipulation» mondiale sur le Covid-19 ? »[16]

Le tout pour faire dire par un lecteur :

« Fort d’un crowdfunding à près de 200 000 euros, le réalisateur Pierre Barnérias[17] entend dénoncer les «mensonges et corruptions» autour de l’épidémie en France. Mais finit par évoquer, dans la plus grande confusion, une conspiration mondiale. »

[Le crowdfunding [18](ou financement participatif) est un mécanisme qui a pour objectif de collecter les apports financiers d’un grand nombre de particuliers au moyen d’une plateforme Internet. L’objectif de cette collecte est le financement d’un projet.]

Le terme managérial de «  crowdfunding » désigne tout simplement une souscription, ce qui est déjà beaucoup moins ténébrant. Si vous voulez un autre néologisme, nous avons Censurationnisme ou censure indirecte par la dissuasion : ne regardez pas ce film car il est Conspirationniste et Confusionniste.

 Ce n’est pas comme si un journaliste critiquait Le Hold Up, en expliquant en quoi ce documentaire est mauvais selon lui.

Mieux vaut donc crever l’écran une bonne fois, en dégommant tel ou tel passage. Ça évite de se pencher sur le sujet qui est le combat pour la Santé, pas pour le management d’État de la Maladie.

 

Union sacrée contre le film LE HOLD UP 

 

Comme on pouvait s’y attendre, la machinerie médiatique grossièrement pilotée par le Croiseur LaRem s’est emballée comme dans un de ces déchaînements enchaînés quasi hebdomadaire. Le simple envoi de l’Affiche du film sur le compte Instagram de l’actrice Sophie Marceau a mis le feu aux fesses des hommes politiques, BFM, LCI, Le Point, de droite à gauche, au fil de l’eau polluée.

BFM (comme : Bisness Finance Management) cite un des producteurs :

« Dans une tribune publiée sur le site France-Soir, l'un des producteurs du film, Christophe Cossé, résume le propos du documentaire ainsi:

 

« C’est la base du film, nous évertuer à comprendre: les mensonges, la manipulation, l’ingénierie sociale, la corruption. Il faut bien se figurer que la privation de nos droits, de nos libertés, de nos choix est un hold-up. Nous aurions pu l’intituler ' Coup d’Etat».

C’est ce que ressentent aussi des millions de jeunes, d’ouvriers, de personnes souffrantes, d’agents hospitaliers, ou bien ?

BFM ne voit pas les choses ainsi, mais pas question de polémiquer contre l’auteur de ces lignes. L’article, signé par madame Clarisse Martin, n’a rien d’une controverse, comme le montre l’extrait qui suit :

« Il y a par exemple le professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine).

 

Ce dernier a été récemment démis de ses fonctions au sein de la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT) sur décision du conseil d'administration.

 

La structure a pris cette décision en raison de propos tenus par le médecin sur Sud Radio le 15 octobre dernier, où il avait notamment qualifié la situation sanitaire de "petite vaguelette", que les tests PCR étaient "souvent des faux positifs" et que les médecins généralistes "touch(aient) de l'argent" lorsqu'ils déclaraient un test positif du Covid pour leurs patients.

 

La FFMVT dénonçait également l'engagement public du médecin au côté de l'association BonSens, "aux valeurs étrangères à l'éthique de la FFMVT". Une association cofondée il y a quelques semaines par la députée Martine Wonner (exclue de LaREM en mai pour avoir voté contre le plan de déconfinement, qui a depuis quitté l'association) ainsi que par des personnalités pro-Didier Raoult, précisait Libération le 13 octobre.

 

La députée du Bas-Rhin figure également parmi les intervenants de Hold-Up. Elle avait déjà fait polémique à plusieurs reprises en estimant que le port du masque "ne ser (vit) strictement à rien" ou en demandant dans l'Hémicycle la différence entre le Covid et "une énorme grippe", rappelle l'AFP.

 

L'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, médecin de formation et contempteur de la gestion de crise sanitaire au cours des derniers mois, est également interrogé dans le documentaire. Face à la polémique grandissante provoquée par le documentaire, ce dernier s'est dit "scandalisé" par le documentaire dans lequel il apparaît et demande à en être "retiré". »[19]

Non figurons-nous, ce n’est pas de la polémique mais de l ‘Info. Côté Info, il semble que Douste-Blazy ait subi une légère pression. Dans la journée, il tweetait à son frère

En réponse à @pdousteblazy

Je n’ai pas vu ce film et s’il y a le moindre caractère complotiste, je veux dire le plus clairement possible que je m’en désolidarise. La crise sanitaire que nous traversons est suffisamment grave pour ne pas ajouter de la confusion aux moments douloureux que nous vivons. »

C’est à 18h58 qu’il s’est totalement désolidarisé sur RTL d’un film qu’il n’avait pas encore vu dans la journée. Sans doute, l’a-t-il juste survolé, lui aussi. Le mec, il est professionnellement concerné ; son collègue – le professeur Péronne- est l’un des intervenants dans Le Hold Up.

Passons plutôt à LCI : [20]

« Dénonçant une "fakenews complotiste", l'ancien secrétaire d'Etat Mounir Mahjoubi a appelé de son côté à la démission de députée Martine Wonner [!!!] (ex-LaREM), l'une des intervenantes dans le documentaire. »           

« "On reçoit des multiples messages autour du film Hold-Up. Des gens qui sont dans un véritable déni de réalité, dans une mouvance complotiste et qui pensent sérieusement que tout ça a été fabriqué", a témoigné auprès de l'AFP le président du groupe Agir Ensemble Olivier Becht, allié de la majorité.

"Il faut entendre les craintes et les incompréhensions face à tout ce qui nous arrive", a estimé de son côté l'eurodéputé LaREM Stéphane Séjourné, ancien conseiller d'Emmanuel Macron. "Mais la remise en cause de la science, les vérités alternatives, la manipulation et l’instrumentalisation des angoisses ne peuvent pas constituer un programme ni un horizon."

France info[21] s’y met aussi, façon recueil de poèmes :

« Ce n'est pas un docu, ce n'est pas du journalisme, c'est une propagande complotiste à budget blockbuster. Honteusement cautionné par quelques politiques en errance", dénonce la présidente déléguée des députés LREM Coralie Dubost, sur Twitter. »         

Un budget de superproduction ? Faux !

Et Maintenant, un Tweet de Tristan Mendès- France :

« Bon, petit #thread sur un documentaire délirant à gros budget qui excite la complosphère. Il s'agit de "Hold Up", un film de 2h45 qui tourne autour du fantasme de l'instrumentalisation du coronavirus par les élites mondialistes. Pour faire court. »

Encore une fois, qui a parlé dans Le Hold Up des « élites mondialistes », Tristan ?

Le Tristan de renchérir :

« Le plus inquiétant est l'audience que génère ce film à peine sorti. Une version fuitée sur Facebook a généré à elle-seule une potentielle exposition à plus de 3,4 millions de personnes. »

Une chose est sûre, mon bon Tristan, grâce au Tapage médiatique et Twitterien actuel contre ce documentaire, cette audience pourrait atteindre des sommets himalayens. Vous qui avez beaucoup écrit sur les dictatures en divers points du monde, vous pourriez écrire sur la forme de dictature qui préside en France. En 1958, votre très bon, très sage et très courageux Grand-père (Pierre Mendes France) avait prédit : « Ce régime, né de l’émeute périra par l’émeute ».         

De l’Anticomplotisme d’État

Pour nourrir le nécessaire débat sur le film Le Hold Up, nous reproduisons de larges extraits de la Tribune Libre de Régis DESMARAIS publiée sur Agora Vox

 

 

Le documentaire peut faire l’objet de critiques négatives : sa durée (plus de 2h40) peut nuire à son visionnage et à l’assimilation des informations (nombreuses) qui sont données. Certains intervenants auraient pu être évités ou présentés de façon plus conforme à la réalité. Difficile de qualifier un intervenant de lanceur d’alerte alors qu’il ne joue qu’un rôle de « réinformation ». Le lanceur d’alerte étant celui qui, par ses fonctions, accède à des informations qui doivent être dévoilées pour le bien collectif. Relayer des informations, par ailleurs disponibles de façon éparse sur les réseaux sociaux, n’est pas la caractéristique d’un lanceur d’alerte mais en fait un travail journalistique. Travail vital incontestablement, et travail bien fait par le « lanceur d’alerte » du documentaire.

 

Ce documentaire est constitué de nombreuses interviews (des citoyens, des scientifiques, des intellectuels, des politiques, un prix Nobel etc.) et d’images d’archives qui proposent des témoignages ou une interprétation de ce qui se passe.

Les critiques négatives en resteront là car, soyons objectifs, elles sont extraordinairement mineures au regard de la qualité de ce film.

Pour ce qui concerne les critiques positives, on louera la fluidité du montage, la qualité des interviews et illustrations d’archives et surtout, surtout, après une petit baisse de régime aux 2/3 du documentaire, sa dernière partie d’une puissance absolue : on reste presque pétrifiés, en tous cas sonnés par ce que nous entendons, à l’image de cette sage-femme, bouleversée, qui prend connaissance d’un discours digne des programmes et visions nazis.

Bien entendu, ce documentaire propose une explication à ce que nous vivons, et fonde sa proposition sur des déclarations de multiples personnalités. Incontestablement, Hold-up interpelle, suscite des questions et l’envie irrépressible d’en savoir plus et de vérifier ce qui est exposé. Pourquoi cette envie de vérifier les propos tenus : parce que si ces propos et analyses sont fondés, nous sommes proche de voir l’humanité basculer dans le pire des cauchemars !

Un indice sur le caractère dérangeant de ce documentaire est la censure, sur les réseaux sociaux, que subissent les publications qui évoquent son existence.

Ce film est évidemment qualifié, dans la plus pure novlangue de l’oppression, de produit « complotiste ». Je précise aux lecteurs que ce vilain mot de « complotiste » (inconnu du dictionnaire) est un terme autrefois fabriqué par la CIA, et utilisé pour dévaloriser toute tentative de contestation et d’explication alternative d’un fait, d’une politique etc.

 En clair, le terme « complotiste » est destiné à tuer dans l’œuf toute tentation du doute, toute velléité d’analyse et de déconstruction d’une explication dominante, toute interprétation alternative d’un fait. Ce mot est donc un outil idoine pour asseoir un régime sans possibilité d’en faire la critique.

Hold-Up est pourtant vital pour stimuler la réflexion et la critique.

Difficile, sauf à être totalement conditionné, de ne pas prendre en compte le contenu de ce documentaire au seul motif que ce contenu dérange et serait contraire à notre compréhension du monde. Adopter une telle attitude revient à renoncer définitivement à son libre arbitre et à sa capacité d’analyser le monde dans lequel on vit.[22]

 Laissons le Chek News de Libération reprendre la Croisade anti-hold up, ce 13 novembre, en ciblant la « plateforme Odysee » qui diffuse cette vidéo. Là encore, une question affirmatoire :

« Qu'est-ce qu'Odysee, cette plateforme de vidéos qui accueille le documentaire «Hold-up», Soral, et autres complotistes ?[23] »

Finalement, le plus abject des « complotismes » ne réside-t-il pas dans cet « anticomplotisme d’État » décriant le film « scandaleux » comme s’il participait…d’une sorte de complot contre la République ! ?

    Penchons- nous succinctement sur le Conférencier du soir, Jean Castex :

Le chef du gouvernement a évoqué « une hospitalisation toutes les trente secondes et une admission en réanimation toutes les trois minutes » dans les hôpitaux. « Un décès sur quatre est dû au Covid », a-t-il affirmé.[24]

Ces données mesurées en seconde (pourquoi pas en centième d’heure comme dans les bureaux des méthodes des centres de construction mécanique, pendant que nous y sommes ?).

Leur précision ne rend pas ces données étatiques vérifiables :

Emanent-t-elles des services ministériels de Santé publique ?

Sont-elles recoupées avec les données des URSSAF ?

 Sont- ce des chiffres plus discutables et inobjectives des ARS ?

Nous refusons d’être des gogos !

Pour le Front du refus

Dans ce pays, un Front du refus prend corps, par le bas, avec l’aide concrète de Nantes révoltée, des Antifas, du Front uni de l’immigration des quartiers populaires, du Collectif Adama, des Anarchistes conséquents. Là est le véritable creuset de « l’Unité », selon nous, c’est-à-dire de l’Unité d’action, de la seule unité qui vaille.

Plus personne ne nous représente, comme le pensent des dizaines de millions d’abstentionnistes-grévistes du vote.

Nous reviendrons prochainement sur la « théorie du complot ». Dans les années 1970, c’était le ministre de l’Interieur Raymond Marcellin qui criait en boucle au « complot international »...

Nous reviendrons sur les chiffres de la pandémie. Entre autres

 

 

 Un grand merci à vous qui nous survolez, lisez ou partagez - Que votre week-end  se passe au grand bien. Amicalement nôtre.             

 

 

[1] https://www.lefigaro.fr/politique/jean-luc-melenchon-peine-a-eteindre-la-polemique-apres-ses-propos-sur-les-tchetchenes-20201021

 [2] François Bonnet, né en 1959. Journaliste à VSD, à Libération (1986-1994) puis au Monde (1995-2006), où il est rédacteur en chef du service international. Directeur-adjoint de la rédaction de Marianne en 2007, il est l’un des fondateurs de Mediapart en 2008

[3] Ce slogan qui, dans les années 1970, était probablement très faux, est devenu vrai, de nos jours, après 50 ans de réforme permanente de l’Education nationale.

[4] Philip Kerr. Bleu de Prusse. Editions du Seuil. 2018. Collection Points. Page 362.

[5] https://fr.news.yahoo.com/ruffin-propose-convention-citoyenne-sur-le-coronavirus-exclusif-153732130.html

[6] https://linsoumission.fr/2020/11/09/nous-sommes-pour-deja-75-000-parrainages-citoyens-pour-jean-luc-melenchon/

[7] Le hold up

 https://tprod.fr/project/hold-up/ 

[8] F.E est une artiste peintre, entre autre talents. Sur la page https://www.facebook.com/dany.menz.1

On trouve de temps à autre des tranches de ses tableaux et croquis. Elle pratique aussi l’art-thérapie avec des enfants souffrants et pour eux.

[9] https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Alexandre#Famille_et_formation

[10] https://twitter.com/i/status/1326197766037581825 VIDEO-A-Saint-Nazaire-une-quinzaine-de-CRS-tabassent-un-lyceen-jeté-a-terre 

[11] https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/covid-19-%C3%A0-paris-des-lyc%C3%A9ens-se-mobilisent-contre-un-protocole-sanitaire-jug%C3%A9-insuffisant/ar-BB1aSko3?ocid=msedgntp

[12]  https://twitter.com/i/status/1326057071188512769

[13] https://twitter.com/i/status/1326083651457732609

[14] https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/toussaint-1970-le-bal-tragique-du-5-7-20201031

[15] https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/recit-j-ai-mal-la-dans-le-dos-le-jour-ou-le-general-de-gaulle-s-est-ecroule-7044096

[16] https://www.liberation.fr/checknews/2020/11/11/que-sait-on-du-documentaire-hold-up-qui-denonce-une-manipulation-mondiale-sur-le-covid-19_1805241?xtor=EREC-21-%5BNL_CheckNews__2020-11-12%5D-&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS9w7KOI0wqA0OGp83GfudC_&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=505619

[17] Pierre Barnérias a 48 ans. Pendant 23 ans, il a travaillé pour de nombreuses chaînes de télévision, d’abord comme journaliste puis comme JRI (journaliste reporter d’images), France 2, France 3, TV5 monde, TF1, etc.\ https://www.la-croix.com/Ethique/Bioethique/Pierre-Barnerias-En-Belgique-l-euthanasie-n-est-pas-exempte-de-derives-2013-10-15-1042794

[18] https://www.capital.fr/economie-politique/crowdfunding-1316742

[19] https://www.bfmtv.com/societe/tout-comprendre-hold-up-le-documentaire-aux-relents-complotistes-qui-veut-denoncer-les-mensonges-sur-le-covid-19_AN-202011120286.htm

[20]

[21] https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-et-complot-mondial-le-documentaire-hold-up-fait-polemique_4178637.html

[22] Hold-Up, film essentiel sur le rapt de nos libertés\par Régis DESMARAIS (son site)\mercredi 11 novembre 2020\ Agora vox- Tribune\ https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hold-up-film-essentiel-sur-le-rapt-228547

 

                    

 

[23] Par Jacques Pezet 13 novembre 2020 à 11:14 - https://www.liberation.fr/checknews/2020/11/13/qu-est-ce-qu-odysee-cette-plateforme-de-videos-qui-accueille-le-documentaire-hold-up-soral-et-autres_1805420?xtor=EREC-21-%5BNL_CheckNews__2020-11-13%5D-&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS9w7KOI0wqA0OGp83GfudC_&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=505637

 

[24] https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/confinement-no%C3%ABl-commerces-ce-qu-il-faut-retenir-des-annonces-de-jean-castex/ar-BB1aX2fK?ocid=msedgntp  

 

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