MACRON, UN DICTATEUR ABANDONNE

Merci à vous, lectrices, lecteurs, mediapartistes, qui nous survolez, nous lisez et nous critiquez

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 « Ce n'est pas tant la célébrité que les rapports de pouvoir qui nous fascinent. Comment le dominant prend plaisir à user et abuser de son pouvoir et comment le dominé se retrouve dans un état de servitude volontaire. C'est un thème qui se décline dans la plupart de nos films »

Jean-Pierre Bacri. 2018. [1]

MACRON, UN DICTATEUR ABANDONNÉ

 

 

Les grondements de la colère sous le couvre-feu de plus en plus diurne, même si les sons sont amortis par la neige, ne manquent pas de donner un nouvel élan à la crise de l’État, dès le premier soir.

Si les chefs de la Police (et leurs syndicats d’État) sont aux ordres, la Magistrature, pour sa part, est en guerre froide contre l’Elysée.

L’Economie « réelle » est plongée dans le coma.

Tous les indicateurs sont au noir.

 

Les causes se mesurent à leurs effets, dit-on.

L’un des effets réside en ceci que monsieur Macron est en quête d’un 4ème Reich ou d’un Reich de l’Ouest sans même savoir ce que furent les Reich en Allemagne sous Bismarck, sous le régime républicain de Weimar puis sous les Nazis.

Le monsieur Mémoire de l’Elysée pourra le lui expliquer quand il sera à la retraite par poings, d’office ou après une surdose de Pervitine

Ainsi, dans le quotidien Challenges, madame la Rédac-Chef Ghislaine Ottenheimer écrit que le

« … procès en autocratie ne date pas de la crise du Covid, mais il a ressurgi avec force avec le recours régulier au conseil de défense et des initiatives jugées liberticides. Loi sur les fake news, article 24 de la loi sur la sécurité globale, projet de loi confortant le respect des principes de la République… « Dérive vers un régime autoritaire », éructe Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise. « Burn out démocratique », clame l'écologiste Yannick Jadot. « Un dévoiement des institutions », accuse le patron des Hauts-de-France »

Le fiasco du démarrage de la campagne vaccinale a relancé les critiques contre la gouvernance d'Emmanuel Macron. Ce tir nourri, venu de toutes les oppositions, de droite comme de gauche, mais aussi des soignants, de la communauté scientifique, alimente le procès en autocratie qui est fait au chef de l'Etat, depuis le premier jour, lorsqu'il s'est avancé seul, sur le parvis de la pyramide du Louvre.

Une question de style, de posture, mais aussi de perception des institutions. Emmanuel Macron assume le pouvoir absolu que lui confère la Constitution et considère que c'est lui et lui seul qui sera jugé au terme de son mandat. […]

Ce procès en autocratie ne date pas de la crise du Covid, mais il a ressurgi avec force avec le recours régulier au conseil de défense et des initiatives jugées liberticides. Loi sur les fake news, article 24 de la loi sur la sécurité globale, projet de loi confortant le respect des principes de la République… « Dérive vers un régime autoritaire », éructe Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise. « Burn out démocratique », clame l'écologiste Yannick Jadot. « Un dévoiement des institutions », accuse le patron des Hauts-de-France. [2]

Eh bien oui, le Concombre démasqué ne se laisse plus comparer à Jupiter, il se grime donc en Imperator, chasseur- à- court, qui pourrait rappeler Göring mais sans bouffissures. En fait et cause, c’est bien à un Mac- Mahon[3] auquel nous sommes aux prises.

Voilà pourquoi, Mac-Macron figure parmi les sobriquets dont nous affublons le Tyranneau qui se situe clairement dans la lignée Versaillaise de ce parangon de l’Ordre moral, érigé sur les ossements de dizaines de milliers de combattants de la Commune de 1871.

Aussi, tout comme les républicains et les socialistes « possibilistes » ou marxisants, nous proclamons :

À BAS LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE !  

Quant à la mêlée des ministres, des énarques, des scientistes, tous jurent qu’ils travaillent « en direction du Président »[4].

Etre condamné par la Justice devient gage de promotion dans l’organigramme du pouvoir :

« Emmanuel Macron : la promotion de son ex conseiller condamné pour violences conjugales choque » lit-on dans Gala [5]. Ainsi s’ordonne la Monarchie des voyous. Ce qui nous conduit directement chez Dupont-Moretti, la bête noire en passe de devenir bête brune, défenseur de la pègre policière contre la Veuve et l’Orphelin…

Il s’en fiche de Macron, le Dupont-la- joie, comme de l’an 40. Quand on le voit, on finit par préférer les aristos aux parvenus, bouffis d’eux-mêmes ! Ce gonze est passé ministre pour régler ses comptes avec ses « bêtes rouges ». Comme on disait pendant notre service militaire : « trop fayot pour rester « deuxième classe et trop con pour passer brigadier ». Au début, c’était un maître Vergès de…deuxième classe, tâchant d’illustrer la «  défense de rupture » et il semblait pas trop mal parti.[6] Ah, il n’aimait pas le Effène et se tigre dru face à Madame Le Pen.

Le quotidien La Croix a recueilli les propos de Céline Parisot, représentante de l’Union Syndicale des Magistrats- USM :

Céline Parisot : Nous estimons que la situation de conflit d’intérêts dans laquelle il s’est placé pourrait constituer une infraction de prise illégale d’intérêt. 

Éric Dupond-Moretti a utilisé ses fonctions de ministre pour demander des mesures disciplinaires à l’encontre de plusieurs magistrats qu’il avait déjà cherché à faire punir lorsqu’il était avocat : le juge Édouard Levrault à Monaco (l’actuel garde des sceaux, alors avocat d’un policier mis en examen par ce magistrat, avait qualifié ce dernier de « cow-boy », NDLR) et trois magistrats du parquet national financier (PNF) dans l’affaire Bismuth (ils avaient épluché les factures téléphoniques d’Éric Dupond-Moretti dans le cadre d’une enquête préliminaire pour identifier la taupe qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute, NDLR).[7]

Le jour de la passation de pouvoir de madame le ministre de la Justice Nicole Belloubet.

Ce vil Dupont se heurte sans arrêt à la volonté de nombreux magistrats de « rendre la justice » face aux Préfets comme nous l’avons noté à Rouen. [8] De son côté François Molins, le procureur général, rappelle que «le juge ne peut se substituer au politique et le politique ne peut s’immiscer dans l’office du juge». [9]

Ce mardi 19 janvier 2021, nous sommes nombreux à avoir UN AIR DE FAMILLE pour le grand Jean-Pierre Bacri, des pensées vives pour Agnès Jaoui qui formait avec son mari les Jakri, comme Jacquerie. Hasta siempre.

  [10]

 

[1] Cité par France Culture\ Jean-Pierre Bacri : "Ce n'est pas tant la célébrité que les rapports de pouvoir qui nous fascinent" (franceculture.fr)  

[2] En pleine crise covid19, Macron assume la carte imperator - Challenges

[3] Maréchal de France, il est en 1871 à la tête de l'armée régulière (dite « versaillaise ») pendant la Commune de Paris. Monarchiste, il devient président de la République de la Troisième République en 1873. Son mandat est notamment marqué par la crise constitutionnelle de 1877, qui le conduit à démissionner en 1879. \ Patrice de Mac Mahon — Wikipédia (wikipedia.org)

[4] Clin d’œil à la formule de du grand historien Ian Kershaw : « travailler en direction du Führer »- Dans sa biographie de Hitler \ paru en anglais en 1999\Flammarion – Collection « Grandes biographies \ 2008.   

[5] Emmanuel Macron : viré pour violences conjugales, la promotion de son ex-conseiller ne passe pas - Gala

[6] La bête noire Dupont M

[7] Plainte contre Éric Dupond-Moretti : « Ce n’est pas une affaire de personne, mais de principe » (la-croix.com)

 

[8] Manifestation dans le centre de Rouen : le juge suspend l'interdiction du préfet | 76actu

[9] Eric Dupond-Moretti, coup de barre dans les roues de la justice - Libération (liberation.fr)

[10] Jean-Pierre Bacri : "Rien de mieux que la comédie dramatique pour dire la vie" (franceculture.fr)

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