À LOI DE SECURITE « GLOBALE », CRISE « GLOBALE » DE L’ÉTAT.

Merci à vous qui nous survolez, qui nous lisez, qui nous partagez. Beau courage en ce début de semaine Bien à vos proches, à vous même, à nous. Fraternellement

A l’heure où commence ce Billet, des dizaines de milliers de quidam manifestent dans toutes les grandes villes. Cette fois, les confédérations et unions syndicales sont unies contre la loi anti-liberté et c’est  bien ainsi ! La vraie unité, c’est l’unité d’action, imposée par le bas, face à la Police, cette institution que tout le monde déteste.

 

À ce point de la Chute, monsieur Macron voudrait tirer son épingle rouillée du jeu face à sa propre Cour en se grimant en monsieur Propre. Macron exige soudain « La Police exemplaire ».

De plus, depuis quelques temps, l’IGPN est dans le collimateur du pouvoir :

« Christophe Castaner a annoncé lundi 8 juin qu'il souhaitait une réforme des inspections de la police pour qu'elles soient plus indépendantes.[1] »

Comme nous l’avions déjà noté, il se trouve que l’IGPN, après avoir été dévoyée de sa fonction initiale, a cessé de couvrir le pouvoir et les menées policières miliciennes encouragées par les syndicats corporatistes Alliance et SGP-FO enchevillés à l’État.

A l’origine, l’IGPN devait enquêter sur les agents de police délinquants (corruption, violence disproportionnée) en interne. Elle a été utilisée par le Parquet et par le gouvernement pour protéger les flics délinquants. Jusqu’au jour où, confrontée à des décisions de justice incriminant de plus en plus les flics « bavuristes », cette Inspection générale a cessé « d’assumer ».

A cet égard, le dénouement de l’affaire Geneviève Legay a pesé. Ce dénouement est survenu le 20 ou 21 septembre dernier :

Dénouement dans une affaire de violences policières hors-norme.

Mediapart révèle ce lundi les conclusions de l'IGPN dans le « dossier Geneviève Legay », du nom de cette militante altermondialiste de 73 ans blessée pendant une manifestation interdite de Gilets jaunes à Nice en mars 2018.

Selon la police des polices, la charge des policiers de la compagnie départementale d'intervention (CDI) était disproportionnée. « Les ordres donnés par le commissaire divisionnaire Souchi se caractérisent par un manque de clarté et un aspect directif », stipule le rapport. Ils sont « inadaptés » en particulier « lors de la charge effectuée […] au cours de laquelle Madame Legay a été poussée ».

Au terme de cette intervention, Geneviève Legay avait eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne. Sur les images de vidéosurveillance, on voit un fonctionnaire sortir du cordon au début de la charge et pousser volontairement la Gilet jaune septuagénaire, vêtue d'un tee-shirt noir et portant un immense drapeau arc-en-ciel barré du mot « paix », symbole des altermondialistes.

Le témoignage à charge des gendarmes :

L'enquête interne a été marquée par le témoignage éloquent de plusieurs gendarmes qui, mobilisés ce 23 mars 2018, avaient refusé de suivre les instructions du commissaire divisionnaire Souchi.

« Au regard de la foule qui est calme, T1 110 [le commissaire] continue de dire dans son mégaphone de charger et de gazer, son ordre me paraît disproportionné au regard du comportement de la foule. […] J'ai donc refusé de faire une charge », avait indiqué le capitaine responsable de l'escadron, dans un rapport dévoilé par Mediapart.

Le comportement du commissaire est pointé du doigt par d'autres membres des forces de l'ordre. « Il m'a dit de façon assez virulente : "Quand j'ai décidé de l'emploi de la force et que j'ai fait les sommations, quand je vous dis on disperse, c'est on disperse, tant pis pour les manifestants, on matraque, c'est le cadre légal », rapporte un autre capitaine de gendarmerie.

« Pas de contact », avait clamé Macron

Rentrée chez elle après près de deux mois d'hospitalisation, Geneviève Legay s'était indignée des propos tenus par Emmanuel Macron quelques jours après l'incident. « Cette dame n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre », avait notamment déclaré le président de la République. Avant de préciser que, « quand on est fragile […] on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. »Le chef de l'Etat reprenait alors mot pour mot les affirmations tenues par le procureur de la République de Nice. Ce dernier avait à l'époque attesté que la manifestante n'avait eu « aucun contact direct » avec la police, qu'elle avait « chuté en arrière dans le mouvement de foule [2] ».

 On ne peut pas dire que l’enquête des bœufs-carottes n’a pas été une investigation fouillée, creusée, chiadée, pour G. Legay.

Pour comparaison : à la suite de la disparation de Steve Maia Caniço, l’IGPN avait rendu ses conclusions, 5 semaines seulement après sa disparition, le 21 juin 2018. [3]

 De son côté, le 07 juin dernier, le gros Benêt piaffait :  

« L’IGPN est une comédie sans consistance morale ni philosophique » [4]

Nous parlerons de la « consistance moralo- philosophique » de ce garçon une autre fois.

Il se trouve que rien n’est égal :

Sous le feu de la crise générale de l’État, des organes  comme l’IGPN passent d’une détermination dans l’autre et, dès lors, l’État veut s’en débarrasser.

Il est normal que le « tribun du peuple » veuille en faire autant et nous ne serons pas surpris non plus de voir que, du côté de l’extrême-gauche RRRévolutionnaire, tout reste égal à soi-même tant que l’ancien régime n’est pas renversé.

Pour notre part, nous n’attendons aucun miracle de l’IGPN pas plus que nous n’en attendons du Conseil d’État, de la Défenseur des droits, des « frondeurs » de Larem …  

Voilà qui nous rapproche de la lutte de classes qui n’est  décidément jamais « classique »

Ce samedi 28 novembre aura été le théâtre d’un déferlement jeune, ouvrier, populaire.

En variation corrigée des données gouvernementales, cela donne :

  Selon le ministère de l'Intérieur, 133.000 personnes ont manifesté ce samedi en France pour manifester contre la loi "sécurité globale", dont plus de 45.000 à Paris

Les organisateurs en revendiquent 500 000, ce qui, dans les conditions covidéennnes, est considérable, comparable aux grandes journées de décembre 1995 [ðgrève potentiellement générale- selon le mot de Pierre Bourdieu- à partir des cheminots et de pans entiers de la fonction publique, avec 500 000 journées de grève dans le Privé, pour le Retrait du Plan Juppé].

L’aspirant- président qu’est le sieur Yannick Jadot s’ébroue alors :

Le député européen EELV Yannick Jadot a jugé dimanche "insupportables et inacceptables" les "scènes de violence et de lynchage de policiers en fin de manifestation" contre les violences policières la veille à Paris. [5]

Comme souvent, les FDO avaient commencé par nasser les manifestantes et manifestants… qui ne se sont pas laissé confiner de la sorte. Le préfet Lallemand ne tolérait qu’un rassemblement « statique ».

Dès le milieu de l’aprème, les chaînes Drahy&Bolloré et des médias en ligne cessaient de mettre l’accent sur l’ampleur des manifestations pour traquer des « casseurs ». Jadot participe de ce SAV anti-manifestation classique. Cela dit, Le Jadot n’est pas un furet : c’est juste un garde-côte de Macron-Darmanin.

Quant aux « casseurs », il y a parmi eux des « vengeurs » mais aussi, éventuellement, des provocateurs fascistes ou « baqueux ».

Ce samedi, il y a eu surtout des réflexes d’autodéfense des manifestants.

Nous sommes maintenant le lundi 30  novembre. Dans leur chaudière aussi épaisse qu’un Chaudron, les Exécuteurs sont comme dans un Bunker, se poignardant avec des saucisses bourrées de vers. Darmanin passe au tapis vert[6] de la commission des lois. Le Joker de la « réécriture de la loi sécurité globale » était finalement une mauvaise pioche…

… Un député d’opposition libre reprendrait la formule de Oliver Cromwell :

« Vous êtes resté assis trop longtemps pour le peu de bien que vous avez fait… partez, vous dis-je; et qu on en finisse avec vous. Au nom de Dieu, partez ! »[7]

 

[1] https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/violences-policieres/christophe-castaner-souhaite-reformer-l-igpn_4001095.htm

[2] Affaire Geneviève Legay : la charge policière était disproportionnée, conclut l’IGPN - Le Parisien

[3] Dans l'affaire Steve Maia Caniço, voici la version de l'IGPN et celle des témoins | Le HuffPost (huffingtonpost.fr)

[4] Jean-Luc Mélenchon: "Il faut cesser le déni, la violence policière est une réalité (...) L'IGPN est une triste comédie" (bfmtv.com)

[5] Marche des libertés: Jadot dénonce des scènes "insupportables" de "lynchage de policiers" (msn.com)    

[6] Dans le jargon cheminot, le « tapis vert » est le conseil de discipline

[7] https://quotepark.com/fr/auteurs/oliver-cromwell/ . Voir aussi : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oliver_Cromwell

 

 

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