3- Destitution de l'emblème démocratique, ou "le monde" des démocrates n'est nullement le monde de "tout le monde"

Du faux monde au "vrai", la passe et en impasse. Démocratie, oui, mais réservée aux démocrates, n'est-ce-pas ? Mondialisation du monde, certainement, mais sous la condition que son extérieur prouve qu'il mérite enfin d'être à l'intérieur.

En somme, de ce que le "monde" des démocrates n'est nullement le monde de "tout le monde", s'ensuit que la démocratie, en tant qu'emblème et gardienne des murs où jouit et croit vivre son petit monde, rassemble une oligarchie conservatrice, dont tout l'office, souvent guerrier, est de maintenir, sous le nom usurpé de "monde", ce qui n'est que le territoire de sa vie animale.

Lorsqu'on a déposé l'emblème et examiné scientifiquement de quel territoire il s'agit - le territoire où s'agitent et se reproduisent les démocrates - on peut en venir à la question importante : à quelles conditions doit obéir un territoire pour pouvoir se présenter fallacieusement comme monde sous l'emblème démocratique ? Ou encore : de quel espace objectif, de quel collectif installé la démocratie est-elle la démocratie ?

On peut alors relire ce qui constitue en philosophie le première destitution de l'emblème démocratique, nommément ce qui en est dit au livre VIII de la République.

Platon appelle "démocratie" une organisation dirigeante, un certain type de constitution. Bien plus tard Lénine dira lui aussi : la démocratie, ce n'est qu'une forme d'Etat. Mais pour les deux, ce qu'il faut penser n'est pas tant l'objectivité de cette forme que son impact subjectif.

La pensée doit transiter du droit à l'emblème, ou de la démocratie au démocrate. Le pouvoir de nuisance de l'emblème démocratique est concentré dans le type subjectif qu'il façonne, et dont, pour le dire en un mot, l'égoïsme, le désir de la petite jouissance, est le trait crucial.

à suivre

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