" L'humain d'abord" c'est du pipeau.

Un appeau qui vous imite le battement de coeur du premier pigeon électoral venu.

 

" L'humain d'abord " est un slogan plus que douteux, sans consistance réelle du point de vue des politiques d'émancipation qui ont l'égalité pour principe.

C'est une sorte de Cheval de troie. S'y fomente à gauche, sous les dehors de " l'humain d'abord ", une mouture renouvelée de l'idée que le réel de notre humanité, ou de " l'humain  ", ce serait l'incontournable et éternelle nécessité économique, à quoi, sous la direction de l'Etat, tout un chacun doit se plier en bonne intelligence.

C'est un paravent derrière lequel se tient une cohorte de représentants démocratiques et républicains, politiciens professionnalisés, qui n'ont au vrai, pour souci réel, que de maintenir l'Etat comme lieu de la représentation et de l'effectivité du pouvoir et de la politique. 

Etat sur lequel, de gauche et de droite, en alternance, ils ont la volonté de garder à tout prix la main, par le dispositif ritualisé du vote qui les légitime à dire et à ne pas faire ce qu'ils disent ou à faire ce qu'ils n'ont pas dit qu'ils feraient, au nom du réel de l'économie qui nourrit et oriente toutes leurs décisions.

Une économie qu'enveloppe le discours de la crise et qu'accompagne le discours de sa résolution par la multiplication de réformes imposant de nouvelles contraintes, de nouvelles lois, au bénéfice principal des détenteurs mondialisés de la puissance financière.

Face à ces stratagèmes de perpétuation d'un monde de la richesse, sur fond d'une misère toujours plus élargie et accentuée, le temps vient où la politique doit se séparer, en tant que telle, et de la prépondérance de l'économie et du pouvoir transcendant de l'Etat.  

Un autre monde doit s'imposer, radicalement autre, qui fasse que la politique soit à l'active et foisonnante inventivité de tous ceux, femmes et hommes, jeunes et vieux, qui ne veulent pas simplement exister, survivre, jusqu'à avoir à supporter le pire, la misère et la guerre, mais vivre, vivre enfin, égal et solidaire, porté à faire du bonheur de vivre l'idéal retrouvé de leurs pensées et de leurs actions.

Dès maintenant, la lucidité nous convoque à nous dépendre des magouilleurs de "l'humain d'abord". A nous dégager de ce discours hautement banal, institutionnel, dont le motif demeure qu'il y a la crise et qu'il faut remettre, pour s'en sortir, l'économie sur ses rails. L'économie restant, pour l'Etat, le point de fixation à quoi soumettre tout un chacun.

Les nantis ne demandent, en cette affaire, et pour parfaire leur domination, que cela, et strictement que cela. 

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