VOTRE MODELE DURABLE N'EST PAS LE NOTRE

Dans une tribune parue cette semaine, intitulée « Plan de relance verte pour un monde durable », à l’initiative du Président de la commission environnement du Parlement européen, une centaine de personnalités issues essentiellement du monde de l’entreprise et de la sphère politique européenne, s’engagent  pour un nouveau modèle de prospérité pour l’Europe.

VOTRE MODÈLE DURABLE N’EST PAS LE NOTRE

Dans une tribune parue cette semaine, intitulée « Plan de relance verte pour un monde durable », à l’initiative du Président de la commission environnement du Parlement européen, une centaine de personnalités issues essentiellement du monde de l’entreprise et de la sphère politique européenne, s’engagent  pour un nouveau modèle de prospérité pour l’Europe.

Le langage est martial (« en luttant ensemble, nous vaincrons »), les propositions pour un monde durable, d’une généralité confondante. Comme s’il suffisait de brandir quelques mots fétiches - résilience, neutralité carbone ou reconstruction - pour que le graal écologiste s’ouvre et que les traits de notre monde durable se dessinent entre nouvelles technologies, système agricole plus durable (quésako ?) et voitures sans émission (nouvelle foutaise).

Mais quel chat a-t-il pu fouetter certains députés verts européeens pour signer une telle tribune en s’associant aux membres du groupe Renew (libéraux et centristes), aux patrons de très grandes multinationales et à des membres LREM du gouvernement ? Naïveté ? Dérive écolo-centriste ? Opportunité stratégique ou volonté de saisir la crise du Covid-19 pour transcender les vieux clivages ? Probablement un peu de tout cela.

Mais enfin, comment peut-on croire sérieusement que des multinationales comme Unilever, Coca Cola, Danone ou Nestlé, Ikea ou Microsoft, pourraient demain tenir compte des besoins sociaux de notre société (lesquels ?) quand elles sont d’abord tenues par leurs actionnaires, l’optimisation fiscale ou la distribution de dividendes ? Seraient-elles demain prêtes à revenir sur le consumérisme, la croissance, la compétitivité, la recherche du moins disant social ou fiscal, le gaspillage des ressources, la publicité ou les Jeux Olympiques, quand nous savons, par ailleurs, que les multinationales françaises sont à l’offensive auprès de la commission européenne (au sein de l’Association française des entreprises privées) pour reporter toute régulation en matière climatique ou écologique ?

Non décidément, notre écologie n’a rien à voir avec cela et leur « modèle durable » n’est que de la poudre de perlimpinpin pour gentils gogos. Que des écologistes convaincus puissent s’y reconnaitre à de quoi surprendre et ne fait que rajouter de la confusion à un moment où nous avons besoin de nommer nos adversaires (le capitalisme financier) et de renforcer une écologie politique antiproductiviste, post croissante et anticonsumériste.

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