Une élection n’est jamais gagnée à l’avance : à Grenoble votons Eric Piolle

Alors que notre pays a été plongé dans une dramatique crise sanitaire où s’est révélée l’incapacité et l’inefficacité de nos gouvernants et de leur idéologie libérale, maintenant suivie par des conséquences sociales et économiques désastreuses, le 2e tour des élections municipales revêt une importance particulière à Grenoble.

Depuis des mois la mobilisation des Gilets jaunes, des personnels de santé et de justice, dans les quartiers, les marches des jeunes pour le climat et actuellement contre le racisme ou les violences policières, montrent l’énergie disponible et la capacité de mobilisation des citoyennes et citoyens pour rompre avec les pratiques du monde d’avant et pour participer aux prises de décisions radicales désormais indispensables. Or ces mobilisations expriment aussi chaque jour la défiance face aux institutions et aux formes traditionnelles de la démocratie représentative ainsi que la volonté de s’emparer de la politique et de mettre en œuvre le programme de rupture et de reconquête démocratique, sociale et écologique nécessaire. Enfin ces mobilisations portent toutes le désir du Respect de ce que nous sommes dans un monde où l’humanité est méprisée par les pouvoirs politiques et économiques en place, pouvoirs qui n’ont de cesse de défendre leurs intérêts particuliers.

Toute politique écologique et sociale ambitieuse doit rompre avec l’austérité imposée par les gouvernements successifs depuis 20 ans et affirmer qu'aucun des grands défis humains et écologiques auxquels nous sommes confrontés ne peuvent être résolus sans les citoyens et citoyennes. Quels que soient les désaccords ou les reproches que j’ai pu formuler à l’encontre d’Eric Piolle, je sais qu’il partage ce constat. Depuis 2014 son équipe a dû subir les attaques du département de l’Isère (d’abord aux mains des socialistes et ensuite de la droite), du Conseil Régional de Wauquiez et enfin, voire surtout, de la Présidence Hollande. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut considérer certains manquements aux engagements, particulièrement celui de la gratuité des transports pour les 18/25 ans…

Aujourd’hui, à la veille du second tour, c’est vers l’avenir qu’il faut se tourner et localement comme nationalement, la réélection d’Eric Piolle sera utile à l’édification du monde d’après.

Avec lui, nous pensons que pour sauver l'humain et la planète le bulletin de vote doit être celui du refus des petits agissements motivés par la volonté de garder sa place à tout prix. Avec lui nous pensons que ce qui est en jeu désormais c'est l’appropriation des mairies et des conseils municipaux par les citoyennes et citoyens afin de préserver un avenir digne et décent pour toutes et tous. Avec lui nous estimons qu’il faut permettre aux habitant⋅es, y compris les plus touché⋅es par les inégalités, de décider et d’agir par eux-mêmes et par elles-mêmes et de leur donner les moyens de le faire par des référendums locaux dont ceux d’initiative citoyenne (RIC), par des instances démocratiques réinventées, par la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, contre toutes les discriminations et pour l’égalité des droits, par la défense des droits fondamentaux : le droit au logement, à l’éducation, à la santé, à l’emploi, le droit à la ville, le droit à l’art, au sport et à la culture. Avec lui, nous voulons défendre et développer les services publics et les communs de façon transparente avec les usager⋅es.

Un tel programme est incompatible avec celles et ceux qui défendent le monde d'avant... un tel programme est refusé par la droite conservatrice et macroniste. Si nous voulons le mettre en œuvre, votons Eric Piolle au second tour et ensuite prenons le pouvoir.

Alain Dontaine, le 16/06/2020

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