Contre les amphétamines pour les enfants

Dans la rubrique réservée à la psychiatrie il est bien difficile d'être lu. Or, ce sujet des amphétamines distribués aux enfants est tellement GROS que … ça passe ! Je publie ici et je dois fermer aux commentaires, hélas. On peut me parler en pv.

Pour répondre au Docteur Dupagne et à ses soutiens dans l'édition contes de la folie

Je suis contre la prescription d'amphétamines aux enfants très turbulents, agités et mauvais élèves.

Comme tous les étudiants d'il y'a longtemps, en ayant pris quelquefois des amphétamines pour réviser avant les examens (ces molécules étaient alors en vente libre…) j'ai pu constater leur efficacité. Et c'est bien ça le problème ! L'efficacité est certaine, on reste attentif et obnubilé sur la tâche avec des résultats plutôt bons. Après on a un peu mal à la tête et ensuite, si on n'y prête pas attention on peut continuer, par confort, de se shooter… Ca aide. Les étudiants américains ont tendance à poursuivre le "traitement" à l'infini…

Pour autant, faut-il prescrire ça à des enfants ? A des enfants présentant des troubles "modernes", qui nécessiteraient un traitement "moderne". Le progrès et la modernité, ça peut s'interroger. Vous l'avez fait parfois.

J'ai souvent demandé aux prescripteurs de prendre eux mêmes un peu de ces ces molécules. Ils n'ont jamais voulu essayer… Certains parents sont par contre tellement enthousiasmés qu'ils en deviennent consommateurs. Car c'est vrai, ça marche ! Même pour jouer au tennis… Pas besoin de s'appuyer sur des consensus internationaux. Ca marche, aussi sûr que fumer de l'herbe ça fait rire !

Quelle que soit votre expérience actuelle de ces médicaments il me semble assez léger et assez court de recommander en les banalisant tant soit peu des "stimulants fixateurs d'attention" à des enfants excités et dispersés, vivant parfois dans une ambiance de délaissement ou d'incompréhension affective et éducative. C'est peut être "moderne et adapté" mais personnellement je trouve ça expéditif.

C'est l'expression d'une résignation thérapeutique très prématurée.

Mais laissez donc les psychanalystes tranquilles. Ils ne sont pas systématiquement occupés à une pratique de destruction des patients. La psychanalyse, parfois ça marche et parfois pas. Aller au delà de cette évidence nous entrainerait trop loin ici.

Votre faconde et votre réputation ont eu et ont encore de meilleurs emplois que cet engagement pour le méthylphénidate. Notez que Freud avait soutenu avec enthousiasme l'usage de la cocaïne… On est parfois un peu excessif, un peu aveugle aussi, quand on aime soigner.

 

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