L'intégration scolaire perd son triple A

Je n'ai rien contre l'intégration scolaire de TOUS ceux qui PEUVENT en bénéficier.

Seulement voilà, que ce soit Sarkozy ou Ségolène Royale tout le monde a fait semblant de croire qu'il était tout simple d'intégrer, d'inclure doit-on dire, des enfants présentant de graves handicaps psychologiques dans des classes ordinaires à la condition d'y adjoindre une brave jeune fille pour lui tenir la main et l'emmener promener dans les couloirs quand décidément l'enfant manifestait trop bruyamment l'inadaptation de la solution qu'on imposait à ses différences. Il n'était plus besoin des IME (Instituts médico éducatifs), stigmatisés, eux et leur personnel, comme des outils de discrimination épouvantable. On allait tous à l'école, tous ensembles !

Mais les temps changent et les réalités imposent leurs angles. Non, on ne peut pas. Les instits ont beau être un peu muselés par la bien pensance, la scolarisation a beau avoir bonne mine et représenter des avantages au niveau financier, décidément non, il convient d'adapter les dispositifs de prise en charge aux cas concrets et particuliers... Alors "ON" demande des places d'IME, des associations de parents demandent que leurs enfants puissent trouver une place dans ces structures hier dénoncées comme autant de bastilles à abattre. Il manque au moins 5000 places en IME... D'après un communiqué paru hier dans Libé, entre autres, et même sur Orange !

La ministre, tout occupée à définir le boulot des psychiatres pour soigner les autistes ne semble pas avoir pensé qu'il y avait besoin, non point tant de places pour les autistes mais tout bonnement des places en institution pour tous ceux qui en ont besoin. Plus ou moins autistes allez ! C'est pas ça le problème M'ame Carlotti.

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