Croissance verte ...

Lors d'un commentaire sur un fil, je me suis permis de taxer la notion de croissance verte d'oxymore et d'évoquer des termes tels que développement durable, croissance et décroissance, productivisme et anti-productivisme. Je reviens dans ce billet approfondir quelque peu mes opinions autour de ces sujets.

 

Tout d'abord, un constat. Je serai bref car celui-ci est très largement accepté. Notre monde occidental consomme à un rythme effréné toutes les ressources naturelles de la planète. La nature elle-même d'abord, à la surface de la planète: disparition d'espèces animales, déforestation notamment des forêts primaires, sous la surface: appauvrissement des sols, pollution des nappes phréatiques, des océans. Il consomme à vitesse accélérée ce que la nature a mis des millions d'année à produire: charbon, pétrole, minerais. Il s'attaque maintenant au cœur même de la matière: nucléaire, nanotechnologies, et du vivant: manipulations génétiques. Tout ceci entraine des conséquences irréversibles: disparition de la bio-diversité, réchauffement climatique sans parler des bombes à retardement que constituent les déchets nucléaires.

 

Il est déjà trop tard pour empêcher ces conséquences de se produire: elles sont déjà là, mais nous pouvons encore limiter leur impact. Pour limiter ces impacts , deux stratégies (je simplifie un peu, je sais) sont avancées et s'opposent sur bien des points.

 

La première est de considérer qu'il faut réorienter le système vers des activités qui sont plus respectueuses de l'environnement, qu'il faut contrôler les activités polluantes mais nécessaires en limitant les nuisances. Dans cette approche, en résumant, on va continuer à produire mais produire propre. Nous aurons des automobiles électriques, l'agriculture sera raisonnée, les toits seront photovoltaiques, il faudra garder des centrales nucléaires (comment faire autrement?) , on échangera des droits à polluer. C'est la stratégie du développement durable et de la croissance verte.

 

L'autre stratégie considère que c'est la nature même du système, son fonctionnement qui est basé sur une consommation effrénée des ressources. Et qu'il faut donc, pour sauver ce qui peut l'être, sortir de ce système, reconsidérer complètement notre mode de pensée vis-à-vis de la planète. Il s'agit de reprendre notre vrai place sur notre terre, un élément parmi d'autres de cette chaine que représente notre environnement. Dans cette approche, nous allons produire uniquement quand c'est nécessaire en veillant à minimiser les impacts écologiques. Pour reprendre les exemples du paragraphe précédent, les lieux de résidence seront proches des lieux d'activités, ce qui limitera la nécessité des automobiles, qui pourront être également électriques et qui surtout seront en partage au sein d'une collectivité. L'agriculture sera locale (et bien sur bio), les maisons seront passives (elles produiront leur propre énergie), etc...

 

Ceux qui m'ont déjà lu par ci par là savent que je penche fortement vers la deuxième solution. Les commentaires ou un prochain billet permettront peut-être d'argumenter les pour et les contre de ces 2 approches.

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