Dérive médiapartienne

Un discours idéologique est celui qui adaptera les faits à la théorie plutôt que d'adapter la théorie à la réalité des faits. Un tel discours partira d'un pré-supposé acquis et interprétera tous les faits au travers du prisme de ce pré-supposé.

 

C'est ce qui est fait, me semble-t-il, dans "l'affaire" que révèle Médiapart (il serait plus exact d'ailleurs de dire que quelqu'un a révélé à Médiapart) sur le projet de quotas dans le football français.

Dans le verbatim, le débat porte clairement au début sur la question de la bi-nationalité. Tout se complique à la reprise des débats avec notamment les propos de Laurent Blanc: Et qu'est-ce qu'il y a comme grands, costauds, puissants ? Des blacks. C'est comme ça. C'est un fait actuel. Dieu sait que dans les centres de formations et les écoles de football, il y en a beaucoup". Les propos sont clairs. Il parle bien des centres de formation et les écoles de football. C'est la constatation d'un fait: il y a beaucoup de blacks grands et costauds dans les centres de formation. Comment imaginer par ailleurs que Laurent Blanc, lui-même ancien joueur blanc, grand et costaud, qui a joué avec de nombreux joueurs noirs, petits et vifs pourrait en faire un principe racial douteux?

C'est pourtant ce que fait Médiapart sans hésiter dans le premier article de Fabrice Arfi: "Cette fois, l'explication est d'ordre morphologique, digne des pires présupposés racialistes du XIXe siècle, et concerne surtout les «blacks». "

Une fois ce prisme donné, il devient facile d'interpréter tous les autres propos sous un angle raciste. Ainsi quand on parle de joueurs petits et intelligents, on sous-entendra qu'il est fait allusion à des joueurs blancs. Pourtant cela n'a jamais été dit.

 

Quelles sont alors les motivations de Médiapart? Quelle est cette théorie dans laquelle Médiapart essaie de faire rentrer ces faits? La réponse nous est donné dans le dernier article de Stéphane Alliès faisant le lien entre foot et politique. Cet article conclut que cette politique de quotas entre dans le cadre de la politique sarkosienne: "Quand la fédération s'interroge sur la mise de côté de Français pouvant potentiellement jouer pour un pays étranger, n'applique-t-elle pas en définitive la même logique que celle défendue par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Grenoble, où il stigmatisa la catégorie des «Français d'origine étrangère» pouvant être déchus de leur nationalité ?"

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