Eva, Nicolas, José et moi

Nous sommes tous, adhérent-e-s et coopérat-eur-rice-s d'EELV, placés devant le choix de notre candidat à la présidentielle. Tous les candidat-e-s se doivent de porter le programme d'EELV. Notre choix n'est donc pas d'ordre programmatique, mais seulement sur le ou la personne qui portera notre programme, nos valeurs, nos convictions.
Autrement dit, nous avons à choisir l'image que nous voulons donner aux élect-eur-rice-s et à celles et ceux qui ne le sont plus, les abstentionnistes. Une image se construit auprès du public au fil des années et rien ne saurait l'effacer en quelques jours, semaines ou mois. Ainsi nous avons à choisir entre 4 images.
Celle d'Henri, militant local de toujours, qui a réussi à construire une confiance auprès de la population, a pu ainsi accéder à des responsabilités locales et mettre en place des solutions locales pertinentes et efficaces.
Celle de Stéphane, militant ô combien pugnace de tous les combats. Bien sur le nucléaire, mais aussi les OGM, les droits des sans papiers, l'accès au logement, etc...
Celle de Nicolas, qui a sans aucun doute largement contribué à alerter nombre de nos concitoyen-ne-s sur l'état de notre planète, au discours clair et facilement audible, porteur d'une écologie politique consensuelle et indolore.
Celle d'Eva, avec son accent étranger, son élocution hésitante et sa manie de nous expliquer en détail les mécanismes de cette économie financière et parallèle et de vouloir en attaquer les fondements.
Nous partageons tous l'envie de faire de la politique autrement. Cette envie se traduira aussi par le choix du ou de la candidate que nous allons faire. Allons-nous faire le choix d'un discours facilement audible ou d'un discours qui va chercher les racines des maux de notre monde? Allons nous faire le choix du jeu politico-médiatique habituel ou tenter de porter haut et fort une autre voie? Allons-nous amuser à essayer de donner la bonne réponse à Bourdin quand il demande comme en 2007 le nombre de sous-marins nucléaires à une candidate ou allons-nous répondre que nous ne voulons pas de nucléaire militaire ou civil?
José prend la position en début de semaine de soutenir Nicolas car il serait le plus à même d'élargir notre mouvement. Mais quelle est la meilleure façon d'élargir encore et toujours notre mouvement? Est-ce de jouer dans la cour médiatique ou de porter notre différence?
Mais José, combien aurions nous été à te suivre si tu avais travaillé d'une façon ou d'une autre dans une vie antérieure avec Monsanto ou été l'avocat de Torreador? Quelle image donnerons-nous si nous choisissons un candidat avec un parcours qui a jeté de telles passerelles ( référence à sa conclusion à Lille) vers ceux-là mêmes qui nous empoisonnent? Je ne doute pas que Nicolas aie sincèrement et positivement évolué sur certaines des positions qui nous importent, mais cela suffit-il pour en faire notre représentant dans cette élection?
Vous l'aurez tous compris, j'en appelle quant à moi à choisir Eva, parce qu'elle entend attaquer les vastes problèmes de nos sociétés à la racine, parce qu'elle a une connaissance profonde des mécanismes qui provoquent ces problèmes et parce qu'elle a la force de conviction, par son parcours, par son discours, de le faire entendre.

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