Gaz de schistes: le nouvel eldorado est partout

Les gaz de schistes ou "shale gas" en anglais, sont des gaz non conventionnels, non conventionnels car non contenus dans une poche et prisonnier au sein de la roche. Les réserves sont gigantesques. Il y en a un peu partout sur la planète mais toute exploitation n'est pas forcément rentable économiquement ce qui laisse une grande incertitude en terme de réserves réellement exploitable. L'extraction des gaz de schistes, déjà effective en Amérique du Nord, pose beaucoup de problèmes écologiques.

 

Technique d'extraction

 

La principale technique d'extraction est appelée la fracturation hydraulique horizontale. Les réserves étant situées entre 2000 et 3000 mètres, on commence par forer un puit vertical qui traverse entre autre les couches de sédimentation (où se trouvent les nappes phréatiques). Une fois arrivée dans la couche où se trouve les gaz de schistes, on fore alors horizontalement au sein des roches schisteuses. Il est alors nécessaire d'injecter de l'eau ("améliorée" avec différents additifs chimiques) à très autre pression ce qui a pour effet de fracturer les roches et donc de libérer les gaz dans l'eau injectée qu'il suffit alors de pomper à la surface. Une transformation à la surface permet de séparer le gaz et l'eau pompés.

 

Les puits horizontaux ne pouvant pas être très long, il est nécessaire de faire de nombreux forages, environ un tous les 500 mètres.

 

Risques écologiques

 

Le principal problème écologique posé est la consommation et la gestion de l'eau. Pour chaque puit (et on a vu qu'il en faut beaucoup), 9 à 30 millions de litres sont nécessaires. Une partie de cette eau est repompée. Outre les additifs ajoutés, elle peut contenir divers métaux lourds, éléments radioactifs, etc... contenus dans le sous-sol. On arrive à en recycler de 15 à 80% selon les cas, le reste étant alors stocké dans d'immenses bassins de décantation.

 

De plus, même si les techniques d'isolation du forage vertical des couches sédimentaires,à base de cimentation, sont fiables et bien maitrisées, on ne peut exclure, étant donné le nombre de forages, un défaut dans cette isolation sur quelques puits, entrainant alors des risques de pollution des nappes phréatiques.

 

Les additifs chimiques utilisés ne sont pas (tous) connus, les techniques d'extraction étant couverte par des brevets et le secret industriel.

 

Enfin, en Amérique du Nord, les exploitations actuelles nécessitent énormément de transports qui sont fait par camion: acheminement de l'eau (aller et retour) et bien sur acheminement du gaz extrait. Bien sur des techniques plus propres (aqueducs, gazéoducs...) pourraient être utilisées à l'avenir.

 

Aspects politiques

 

Ces réserves de gaz un peu partout dans le monde représentent pour les états un espoir inespéré d'indépendance énergétique. Ainsi les USA sont devenus, depuis qu'ils exploitent les gaz de schistes, le premier producteur de gaz. Certains spécialistes affirment par ailleurs que le ralentissement des investissements américains sur le nucléaire est lié à l'irruption des gaz de schistes sur le marché énergétique.

 

Pour les compagnies pétrolières, ces "shale gas" représentent aussi une opportunité inespérée au moment où l'on atteint le "Peak Oil" (sommet de la production de pétrole conventionnel). On peut donc s'attendre à une pression énorme pour imposer l'exploitation des gaz de schistes.

 

En France

 

En France, 3 permis d'explorations dans le Sud ont déjà été accordé, couvrant le Larzac, une partie des Cévennes, la région de Montélimar et une partie de Vaucluse (je crois). Un permis d'exploration, couvrant le Lot, le nord du Tarn et Garonne et l'ouest de l'Aveyron est en cours d'instruction.

 

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