Bi-nationalisme et racisme

La question du bi-nationalisme dans le football (et ailleurs) se pose depuis la fin de la colonisation. Il ne posait pas de problèmes jusqu'à 2004 pour la bonne raison qu'un règlement de la FIFA (Fédération Internationale de Football) stipulait qu'un joueur, dès que sélectionné dans une équipe nationale, qu'elle soit de jeunes ou A, ne pouvait plus porter que le maillot de cette équipe nationale. Ce règlement fut donc changé en 2004 pour stipuler que seules les sélections nationales en équipe A étaient prises en compte. En d'autres termes, les sélections en équipes de jeunes comptent pour du beurre.

Si la motivation de la FFF (Fédération Française de Football) est de régler cette question du bi-nationalisme pour le football, on peut penser que la meilleure façon de le faire serait de faire revenir la FIFA sur ce règlement, plutôt que de s'embarquer vers des méthodes de quotas, de toutes façons illégales, quelqu'en soit les motivations (racistes ou non).

Quand on lit le verbatim publié ce matin sur Médiapart, il est clair que le débat s'engage sur la question du bi-nationalisme, mais dérive doucement vers des critères ethniques, ce qui peut amener à soupçonner des pré-supposés même si ils ne sont jamais clairement dits.

Il faut cependant faire attention à ne pas tomber dans un politiquement correct formatté. Si de nombreux jeunes joueurs dans les centres de formation sont noirs, grands et costauds, est-il raciste de le dire?

Enfin on ne peut aborder ce sujet sans évoquer la façon dont Médiapart le traite. Au vu de leur propre verbatim, le titre du premier billet verse dans un sensationalisme de mauvais aloi ( à mon sens). Ce n'est pas la première et c'est quelque chose que pour ma part je regrette.

Par ailleurs, dans un autre billet, JPYLG pose la question légitime du bien-fondé de sortir des informations sur la base d'écoutes d'enregistrements privés. Une question que je rapprocherai de la localisation physique des personnes par les i-phones ou appareils de ce type. Allons-nous vers un monde où l'on sera toujours localisé, toujours écouté? A l'inverse, il est aussi évident que tout ce qui est douteux, caché ne fait pas l'objet de rapports écrits. Difficile donc de sortir les informations cachées sans procéder à des "écoutes", sans recourir à des informateurs. Question donc sans réponse évidente.

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