L'évidente stratégie de Nicolas Sarkosy

Même si il ne faut surtout pas minimiser l'indignation légitime que suscite les annonces de Nicolas Sarkosy le vendredi 30 juillet, il ne faut pas tomber non plus dans le piège qu'il nous tend.

 

Tout comme il nous annonçait à l'automne 2008 vouloir moraliser le capitalisme, il nous annonce aujourd'hui des mesures qui ne sauront probablement jamais traduite en lois, et qui si elles devaient malgré tout l'être, seraient frappées d'inconstitutionnalité.

 

Nicolas Sarkosy et son gouvernement ont été secoués comme jamais par les affaires (Woerth-Bettancourt, Blanc, etc...). Ces affaires ont créés l'indignation légitime de l'ensemble de la population qui ne peut admettre de telles gabegies alors qu'on lui demande de se serrer la ceinture. Sur le plan politique, de l'extrême gauche à l'extrême droite, pour qui la dénonciation du tous pourris est le fond de commerce habituel, la dénonciation de ces affaires devient un argument massue. Même l'électorat traditionnel de l'UMP, il n'y a quà lire certains commentaires sur le site du Figaro, est déboussolé, indigné.

 

Alors face à cette unité qui se dresse contre lui, il devenait urgent, non seulement de créer un rideau de fumée, mais surtout de ressuciter un clivage entre les français, entre ceux pour qui l'obession sécuritaire et la peur de l'étranger restent un souci constant, et ceux pour qui de telles mesures horrifient. Bref ressuciter le clivage entre une France conservatrice et une France progressiste.

 

Il n'en reste pas moins qu'à la veille de mouvements sociaux qui, on l'espère, peuvent être forts, jouer ainsi la division des français est un jeu bien dangereux, une fuite en avant qui peut nous amener vers des temps fort troublés. En somme, tout le contraire de ce que l'on demande à un président de la république, garant, selon la constitution, de l'unité de la nation.

 

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