Alain Persat
synthéticien
Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 24 sept. 2011

Des pistes pour reconstruire une civilisation

Alain Persat
synthéticien
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nos sociétés génèrent des déséquilibres majeurs,

Déséquilibres économiques qui se traduisent par des dérives pénalisant les jeunes comme les vieux, les entreprises ferment. Les richesses inouïes s'affichent sans vergogne face à des pauvretés et des souffrances même pas dissimulées. Dès qu'une banque a le hoquet, l'état vole à son secours avec des sommes délirantes, mais répond que les caisses sont vides aux demandes de sa population.
Déséquilibres monétaires qui favorisent toujours les plus riches et pénalisent les plus pauvres, aggravés de cette absurdité économique des retraites par capitalisation au lieu de la répartition socialement altruiste. Cela a débouché sur l'apparition d'énormes prédateurs économiques que sont les fonds de pension.
Déséquilibres internationaux poussant des pays entiers, pourtant officiellement riches de mines ou de productions, à mettre leurs populations dans un tel marasme, que privées de tout, sauf d'armes sophistiquées, elles souhaitent fuir au péril de leur vie, pour préférer survivre dans les bas-fonds de nos sociétés mieux nanties.
Déséquilibres énergétiques entre les états, épuisement et gaspillage en quelques générations de toutes les ressources minières, aquatiques, forestières, halieutiques.
Des nations luttent contre l'obésité, d'autres contre la malnutrition.
Déséquilibres écologiques mettant la planète à bout de souffle au point que toutes les disciplines annoncent la catastrophe à venir, l'air, l'eau, la terre, la mer, les abeilles, la banquise, le climat, la surpopulation, l'alimentation, les maladies, tous les spécialistes tirent les sonnettes d'alarme.
Déséquilibre sociaux, car nous laissons à nos enfants un monde privé d'espoir, où ils devront payer nos dettes, surveiller nos poubelles, se méfier de nos bombes disséminées, embrigadés dans des dérives religieuses archaïques, englués de réglementations liberticides.
Déséquilibre de nos services sociaux, trou insoluble de la sécurité sociale quand l'état pratique lui-même une forme de travail au noir, et que la santé est de moins en moins assurée.
Déséquilibre de notre langage, où le spectacle médiatique s'est accaparé la formulation même de nos valeurs sociales, la politique n'est plus que spectacle et manipulations, aux mains d'une classe sociale plus intéressée par le pouvoir des mots et des images que par leur sens réel.
Déséquilibre absolu révélé par le début de cette crise qui n'est qu'un commencement de dérèglement à venir bien plus grand puisqu'à l'évidence les banques sorties provisoirement d'affaire n'ont rien changé à leurs pratiques.
Défection des états face aux financiers et aux entreprises internationales.
Déséquilibre démographique avec des pays qui utilisent leur natalité comme arme politique dans une perspective de choix démocratique.
Déséquilibre moral, au point que des économistes préconisent des guerres pour la santé de leurs affaires, et que des politiques connus envisagent froidement des génocides pour résoudre les questions démographiques.

Face à ces déséquilibres nous devons d'urgence chercher les causes fondamentales.

Pour cela il faut comprendre les sources profondes de ces déséquilibres sans cela toute action aussi généreuse soit-elle ressemble à du bricolage.
La notion de propriété qui est purement égoïste contrairement aux pratiques enseignées par toutes les anciennes civilisations qui se sont enrichies de leurs valeurs d'altruisme et de solidarité. Propriété souvent confondue avec la notion de liberté.
La notion de monnaie qui a perdu tout contact avec la réalité et les populations qui s'en servent, pour devenir totalement folles, s'envolant sans contrôle de pays en paradis fiscaux, s'enrichissant de la destruction des entreprises et de la fabrication de marchandises éphémères et polluantes.
La notion de démocratie, qui n'est plus une expression populaire mais un jeu de stratégie entre groupes de puissances usant de leur appropriation des médias, et de leurs compétences en sciences de manipulations sociales.
La notion d'économie qui est devenu la recherche du rendement maximum, au lieu d'être l'étude de l'équilibre des échanges seule condition permettant d'assurer leur pérennité.
La notion de l'aide sociale qui s'enlise dans le mépris du laissé pour compte et dans l'assistanat induisant une armée de fonctionnaires qui vivent au dépend des producteurs pour gérer tous les improductifs.
La notion de marchandise qui supplante la notion d'objet s'applique à tout y compris à la vie aux hommes eux-mêmes devenus des « ressources humaines » y compris aux paysans devenus « exploitants agricoles » y compris à l'art devenus « production artistique ».
La notion de sécurité qui remplace des écoles par des prisons, joue de la peur pour interdire des libertés, grillage le monde de frontières et de murs.
La notion de compétition qui idolâtre le vainqueur et méprise le looser, concurrence la notion d'émulation devenue obsolète et isole les acteurs sociaux dans un combat sans solidarité.
La notion de profit immédiat individuel ou d'entreprise au nom du pragmatisme, qui néglige toutes les charges invisibles car assumées collectivement, et qui se déguise pour survivre pour raison conjoncturelle dans la notion de développement durable, deux mots évidement antinomiques.
Les notions d'acteurs économiques qui tous trahissent leur rôle initiaux sous une image d'équilibre dont le seul but est leur propre pérennité individuelle en tant qu'élite.
La notion d'écologie est elle-même récupérée et piégée par les politiques ou l'économie avec ce pléonasme remarquable : Développement durable !

Une fois comprises ses sources de déséquilibres, il faut reconstruire ce monde sur des bases plus saines :

Cela passe par une constituante écrite par sa population et non par des spécialistes auto-institués. Cette constitution définissant de nouveaux outils de démocratie, en affirmant des principes essentiels, le contrat, l'émulation, la solidarité, la propriété, l'équilibre issue de la cohabitation indissociable des notions de liberté, égalité et fraternité, la libre circulation des hommes et des idées et la libre disposition de son corps, etc… Une redéfinition claire du rôle de l'état.
Une notion de nationalité, ni droit du sol ou droit du sang, mais droit acquis par la connaissance et l'engagement à suivre la règle constitutionnelle.
Une séparation de cinq pouvoirs législatif, exécutif, juridique, économique et médiatique.
Une représentativité améliorée par le vote multi-personnel surtout pas électronique, la prise en compte des votes blancs, la responsabilisation des acteurs politiques et de leurs discours politiques, la dépersonnalisation des lois, l'appartenance volontaire aux circonscriptions électorales, la responsabilisation financière des ministères et les choix budgétaires démocratiques,
Une réforme comptable incluant la notion d'utilité sociale des entreprises.
Une réforme des prélèvements sociaux via la TAC ou mieux la TEB, dissocié du budget de l'état. Revalorisation du travail humain, face au machinisme et aux importations, simplifiant totalement les fiches de paye, et enlevant tout sens à la notion même de travail au noir.
Une réforme fiscale qui inverse la tendance actuelle facilitant l'accès à plus de richesses aux riches et poussant les pauvres à tomber encore plus bas avec les boulets des crédits.
Une réforme des aides sociales qui ne donne plus l'impression à celui qui travaille de nourrir celui qui chôme, mais en instituant un revenu citoyen ou allocation sociale qui est un droit dès que la nationalité est acquises. Déblayant l'imbroglio des retraites et de leurs échecs ainsi que des multiples aides sociales sources de tous les abus. Promouvoir la prévention plus économique socialement que les soins plus rentable pour les entreprises privées.
Une réforme monétaire remettant l'argent à sa place d'outil d'échange collectif. Une monnaie stable, libérée des banques et des technocrates, sans-inflation, étalonnée sur la seule valeur universelle : le temps, autorégulé, et sans autre contrôle que les résultats économiques de la société toute entière.
Un rapport clair de la république avec les religions et ses lieux de cultes

Ces bases étant notre projet d'avenir reste à mettre ne place des notions de stratégie

Nous devons redonner un sens à nos valeurs, ouvrir une espérance et proposer une reconstruction de nos rapports sociaux. Face à cette crise systémique nous devons donner une réponse systémique.
Car nous devons tout faire pour tenter sans violence d'évoluer vers une société améliorée, enfin libérée de cette notion évidement restrictive de l'idée unique qui a cours actuellement, si ce changement devait passer par une phase violente l'écologie de notre planète pourrait être détruite pour des siècles.
Construire une solution cohérente et globale en sortant de replâtrages qui pour résoudre un problème immédiat, ne font qu'amplifier un autre problème dans un avenir proche.
Sortir des caricatures droite et gauche, rassembler les énergies non sur des idées nouvelles forcément éparpillées, mais sur une méthode de travail permettant leur cohabitation et leur synthèse.
Proposer des solutions pour cette crise qui ne sont pas plus utopiques que l'utopie de croire que nous pourrions continuer sans changer les bases actuelles de nos finances mondiales.
Décoder publiquement tous les beaux discours pour révéler leurs sens réels.
Se réapproprier le langage et le sens des mots en les libérant de leurs aspects spectaculaires et leurs clichés pour promouvoir les notions de débats.
Quitter le sacrosaint « dialogue » ou le public questionne et le politique répond, pour redonner une parole populaire.
Promouvoir l'éducation à l'école et dans tous les médias, enseigner la laïcité, le fonctionnement de nos institutions, l'histoire des hommes, des religions, s'intéresser plus aux causes de paix qu'aux causes de guerres, la morale, l'émulation et la solidarité.
Réfléchir aux notions de justice et de ses condamnations et proposer des alternatives à l'incarcération, de défense, de police, de déviance, du rapport entre groupes et individualités.
Proposer de revoir les notions d'héritage.
Instituer une pénalisation du gaspillage et une taxation de l'inutile.
Libérer les initiatives écologiques de l'emprise des grands groupes industriels et des multiples réglementations qui les favorisent.
Reconstruire des règles économiques avec une organisation des échanges monétaires freinant les trop grandes richesses comme les trop grandes pauvretés.
Promouvoir tout ce qui peut tisser des liens sociaux, en lieu et place des divisions religieuses, des communautarismes, des plans d'occupation des sols cristallisant des classes sociales ou ghettos de toutes sortes.
Remettre du bon sens dans les décisions agricoles, revaloriser les produits par leur valeur d'usage et quitter cette notion de marchandise limitée au seul profit.
Refuser les discours pour ou contre l'immigration et s'attaquer au vraies causes qui sont la main mises des pays riches sur les échanges internationaux et les manipulations intéressées des pouvoirs locaux.
Réfléchir sur des questions éthiques du droit de disposer de son corps.

Oui ce projet est ambitieux

Mais quel autre projet peut répondre à la gravité de la situation sans être un tant soit peu prétentieux, et parmi les innombrables analyses et critiques de la situation actuelle combien de vraies propositions sont émises ? Mieux vaut lancer des idées même d'apparence délirante, qui auront le mérite d'ouvrir l'imagination plutôt que rester à attendre de nos dirigeants un improbable remède pour résoudre des problèmes qu'ils ont eux-mêmes provoqués, d'autant qu'ils seraient probablement les premier perdant dans un changement social fondamental.
Il faut en débattre de toute urgence car les échéances catastrophiques sont imminentes.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
Quand le candidat parle, ses militants frappent
À Villepinte comme à Paris, des antifascistes se sont mobilisés pour ne pas laisser le premier meeting d’Éric Zemmour se tenir dans l’indifférence. Dans la salle, plus de 10 000 personnes s’étaient réunies pour l’entendre dérouler ses antiennes haineuses, dans une ambiance violente.
par Mathieu Dejean, Mathilde Goanec et Ellen Salvi
Journal — Politique
En marge du meeting de Zemmour, des habitants de Seine-Saint-Denis fustigent « sa politique remplie de haine »
Éric Zemmour a tenu le premier meeting de sa campagne présidentielle dans un département qui représente tout ce qu’il déteste. Cibles quotidiennes des injures du candidat d’extrême droite, des citoyens de Villepinte et des alentours témoignent.
par Hannah Saab (Bondy Blog)
Journal — Gauche(s)
À La Défense, Jean-Luc Mélenchon veut montrer qu’il est le mieux armé à gauche
Lors de son premier meeting parisien, le candidat insoumis à la présidentielle s’est posé comme le pôle de résistance à la droite et à l’extrême droite. Il a aussi montré sa capacité de rassemblement en s’affichant aux côtés de nombreuses personnalités de gauche.
par Pauline Graulle
Journal — Europe
En Andalousie, la colère intacte des « travailleurs du métal »
Après neuf jours d’une grève générale qui a embrasé la baie de Cadix, le retour au calme semble fragile. Nombre d’ouvriers des chantiers navals ou de l’automobile n’en peuvent plus de la flambée des prix comme de la précarité du secteur. Ils se sentent abandonnés par le gouvernement – de gauche – à Madrid.
par Ludovic Lamant

La sélection du Club

Billet de blog
« Une autre vie est possible », d’Olga Duhamel-Noyer. Poings levés & idéaux perdus
« La grandeur des idées versus les démons du quotidien, la panique, l'impuissance d’une femme devant un bras masculin, ivre de lui-même, qui prend son élan »
par Frederic L'Helgoualch
Billet de blog
Get Back !!!
Huit heures de documentaire sur les Beatles enregistrant « Let it Be », leur douzième et dernier album avant séparation, peuvent sembler excessives, même montées par Peter Jackson, mais il est absolument passionnant de voir le travail à l'œuvre, un « work in progress » exceptionnel où la personnalité de chacun des quatre musiciens apparaît au fil des jours...
par Jean-Jacques Birgé
Billet de blog
Ah, « Le passé » !
Dans « Le passé », Julien Gosselin circule pour la première fois dans l’œuvre d’un écrivain d’un autre temps, le russe Léonid Andréïev. Il s’y sent bien, les comédiens fidèles de sa compagnie aussi, le théâtre tire grand profit des 4h30 de ce voyage dans ses malles aérées d’aujourd’hui.Aaaaah!
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai