"Parole donnée"
"Plusieurs centaines d'Italiens, issus des "Brigades Rouges" pour la plupart, ont pu trouver refuge en France dans les années 80.
Le président Mitterrand affirmait alors "le refus de toute extradition politique". Cette politique d'asile de la France fait honneur à notre pays. Elle s'est maintenue sans interruption quelle que soit la couleur des gouvernements successifs.
Il y eut quelques accrocs. Paolo Persichetti qui vivait à Paris et enseignait à l'université, a été arrêté et extradé en Italie. Sans qu'on s'y attende. Son avocat et ses soutiens parisiens m'ont demandé de le rencontrer dans la prison de Viterbe au nord de Rome. Ce que j'ai fait.
Marina Petrella, assistante sociale, avait une vie de famille avec son compagnon et ses deux filles. Arrêtée et incarcérée, Marina est venue à son procès qui se déroulait à Versailles. On redoutait le pire. Mais le président Sarkozy est intervenu pour que Marina Petrella ne soit pas extradée.
Ceux qui en ce moment sont interpellés en France, ont entre 60 et 80 ans. Ils ont refait leurs vies et ont des enfants et petits-enfants.
Ces Italiens ont fait confiance à la parole de la France qui leur avait donné l'asile, avec la certitude que cette parole ne serait jamais reniée. Aujourd'hui elle est reniée. Leurs destins basculent."
Jacques Gaillot
évêque de Partenia
Paris 29-04-2021