Deux journalistes tués en Azerbaïdjan

2 journalistes ont sauté sur une mine en Azerbaïdjan dans un territoire azéri rendu par l'Arménie

Dimanche 6 juin le Grand Prix de Formule 1 à Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan, a retenu toute l'attention de la presse nationale.

Pêle-mêle, France Bleu, Le Télégramme, Le Monde, Ouest-France, Le Parisien, L'Equipe, Le Courrier Picard  etc ont relayé l'information . Certains ont insisté sur l'organisation du Grand Prix de Singapour prévu le 3 octobre qui sera annulé en raison de "problèmes de sécurité et de logistique posés par la pandémie de Covid 19". Et cela pour la 2ème année consécutive, comme l'a noté Colin Syn président adjoint du promoteur du GP. 

Par contre la 6 ème épreuve de la saison, sur un calendrier de 23 épreuves pour l'année, a donc bien eu lieu ce week-end dans les rues de Bakou.

Quelques jours auparavant, le 4 juin, un évènement dramatique et lamentable s'est produit, la mort de 2 journalistes azerbaïdjanais tués dans leur pays, dans l'explosion, suite à une activation, d'une mine anti-char, dans le district de Kalbajar: un caméraman d'AZTV, Siraj Abichov et un correspondant de l'agence de presse Azertac, Maguerram Ibraguimov. 

Cet évènement n'a malheureusement pas été relayé, comme incontournable, par notre presse nationale.

Le district azerbaïdjanais en question a été occupé pendant une trentaine d'années par l'Arménie  qui a été contrainte de le rendre à l'Azerbaïdjan à la suite du cessez-le-feu signé en novembre 2020 et mettant fin à un nouvel épisode de la guerre entre les 2 pays Azerbaïdjan et Arménie.

La mine en question devrait figurer sur une carte du minage arménien pendant l'occupation arménienne, carte non transmise à l'Azerbaïdjan qui mène actuellement une grande campagne de déminage des zones rendues par l'Arménie.

Pendant 30 ans, différentes déclarations et résolutions de l'ONU, signées notamment par la République Française, avaient en vain demandé à l'Arménie de rendre les territoires illégalement occupés par elle au regard du droit international intangible. L'Arménie avait ainsi amputé largement le territoire de l'Azerbaïdjan, république souveraine.

L'autobus qui transportait les journalistes a traversé une route truffée d'une mine explosive. Clap de fin sanglant pour eux et lamentable épisode qui aurait pu être évité, qui aurait dû  être évité. Il suffisait de suivre scrupuleusement les textes de l'accord de cessez-le-feu.

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