Connaissez-vous Khodjaly ?

Un des drames non connus, non reconnus des conflits Arménie Azerbaïdjan

Khodjaly rentre dans la funeste catégorie des actes barbares commis dans les guerres des 20ème et du 21ème siécles, avec les massacres d'Oradour sur Glane par les nazis, de My Laï par les troupes U.S au Vietnam.

Khodjaly est une localité d'Azerbaïdjan où ont été commis des crimes de guerre pendant le premier conflit du Haut-Karabakh en 1992.

Les victimes ont connu il y a quelques jours l'hommage de la nation azerbaïdjanaise. La déchirure nationale est intense. Qui plus est, les coupables restent toujours impunis, le massacre n'est pas reconnu par toute la communauté internationale.

Le dernier conflit de 2020 entre les 2 pays Azerbaïdjan et Arménie, a ravivé les plaies, même si l'Arménie a été obligée de rendre les territoires azerbaïdjanais indûment occupés par elle,au regard du droit international.

Qu'en est-il de ce drame du 25 février 1992?

Les historiens désireux d'approcher la "réalité historique" s'appuient sur les nombreux témoignages des journalistes, des photographes, des humanitaires présents sur le terrain ce jour-là, ainsi que sur les récits glaçants des survivants.

Le conflit entre les 2 pays est né à la fin de l'année 1991 et au début de 1992, de l'instabilité politique due à l'effondrement de l'Union Soviétique gorbatchévienne. L'Arménie appuyée par des groupements nationalistes et un régiment issu de l'ex URSS, a engagé des combats dans le Haut Karabakh, en réclamant cette province de l'Azerbaïdjan où vivaient arméniens et azerbaïdjanais.

Pendant des semaines les bombardements sur la région de Khodjaly firent rage. Cette région étant une zone d'importance stratégique, véritable noeud de communication.

Des réfugiés azerbaïdjanais obligés de quitter l'Arménie s'étaient établis dans la région.

Le 25 février 1992, Khodjaly avec ses 7000 habitants se retrouvait coupée du reste du pays. De nombreux habitants avaient fui dans les montagnes environnantes. Dans la nuit du 25 au 26 février Khodjaly était attaquée: habitants tués et  fuyards pourchassés jusqu'à la mort sur les routes voisines, maisons détruites.

"Au total 613 civils dont 106 femmes, 63 enfants, 70 vieillards furent massacrés. 1275 personnes furent prises en otage. Parmi les captifs le sort de 150 personnes est encore aujourd'hui inconnu".

La localité fut entièrement rasée.  Un acharnement intolérable s'exerça sur les corps.

En mai 2008 une campagne fut ouverte pour demander "Justice pour Khodjaly", pour que la communauté internationale sache que les crimes commis étaient toujours impunis. Et pour éviter que de pareilles exactions puissent être commises à nouveau.

En 2012 l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe fut appelée à condamner le "génocide" de Khodjaly. Mais tout resta en l'état.

Malgré les années passées, les politiques européens ne se sont toujours pas exprimés  sur cet évènement qui demeure le plus sanglant des conflits du Haut-Karabakh.

Reconnaitre la réalité historique devrait permettre de refermer les blessures, qui devraient avec le temps s'estomper sans oublier les victimes innocentes. Pour que l'Arménie et l'Azerbaïdjan puissent vivre dans la paix et le développement.

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