D'OÙ ET DE QUOI PARLONS-NOUS ? QUELS SONT NOS MOTS/MAUX ?

 Je n'ai pas pu publier cette réponse à un commentaire d'Antoine Perraud à  sa place : bien que ne comptant que 4269 caractères, l'éditeur automatique me signale que ce commentaire dépasse la limite des 4.500 caractères… Mystères de l'Internet ! J'en fais donc un billet, en restituant l'ensemble du contexte, parce qu'au-delà de son aspect polémique, cette divergence d'opinions me paraît assez fondamentale pour mériter d'être examinée de plus près.

29/05/2015, 15:25 | PAR MARTINE C.

L'armée n'existe plus. La Police des mœurs, voire de l'"ordre public", non plus.

Il fallait bien la remplacer puisque la nature a horreur du vide, et que c'est notoire...

C'est alors que l'on trouva Cohen (de cette engeance inculte qui coupe la parole à ses interlocuteurs sachants), et tous ses très nombreux semblables et autres clones...

Ils continueront d'officier tant que l'on n'y mettra pas un bémol, même un petit.

Et sans dièse !

Diable ! Quelle sale race !

29/05/2015, 15:32 | PAR ANTOINE PERRAUD EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE MARTINE C. LE 29/05/2015 À 15:25 

Vos derniers mots méritent précision, qui puisse les rendre moins intolérables – en apparence du moins, osé-je espérer...

29/05/2015, 16:23 | PAR MARTINE C. EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ANTOINE PERRAUD LE 29/05/2015 À 15:32 

Bien sûr. Et j'en conviens parfaitement. Nous somme entrés dans une ère dans laquelle on est tenu de rendre compte de son langage. Les gendarmes de la pensée en mots clairs, sonnants - et hélas trébuchants - ne sont jamais très loin...

Le simple second degré est passé en pertes et profits, je le sais mais rechigne à m'y rendre.

Sale race ? Page 3056 de l'édition de poche en 3 volumes de 700 grammes chacun) du Dictionnaire historique de la langue française d'Alain Rey, on aura le loisir de parcourir, sur 3 colonnes en 8 feuillets l'origine et l'évolution de ce mot.

J'ai opté depuis fort longtemps pour les mots crus (tout simples et tout cons), directs et bruts de décoffrage. Et pour la langue verte, celle qui élargit les registres "démocratiques" de l'expression... Criant

Et comme il se trouve que je préfère les mots aux choses... je ne me censurerai pas plus ici qu'ailleurs : sorry.

Désolée pour ceux que l'emploi du mot "race" dérange parce qu'on leur aura fait croire que les mots et les choses étaient égaux : je continue de croire (je dis bien "croire") que le mal n'est pas d'abord dans les mots (qui restent à préserver) mais bien ailleurs.

Merci à vous, Antoine Perraud, de me réclamer ces comptes-là... Car rien n'ira plus jamais sans dire... mais, j'ai beau le savoir, je trouve que ça prend beaucoup trop de temps ! Surpris

29/05/2015, 16:24 | PAR ANTOINE PERRAUD EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE MARTINE C. LE 29/05/2015 À 16:23 

Entendu et merci.

L'Ère du soupçon (coucou Nathalie Sarraute) induit que Ça va mieux en le disant (salut au Télérama de jadis)...

29/05/2015, 18:48 | PAR MICHELTESSIER EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ANTOINE PERRAUD LE 29/05/2015 À 15:32 

Cette engeance inculte...quelle sale race !


Ceci est fort littéraire (Et y a pas que Céline dans la littérature française, même si c'est un gros morceau), et peu ambigu. D'un autre côté, on comprend votre souci. Lequel en dit long sur nos inquiétudes quotidiennes : qui est qui ? Qui pense quoi, en son for le plus intérieur ? 


30/05/2015, 15:21 | PAR ALAIN SAGAULT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ANTOINE PERRAUD LE 29/05/2015 À 15:32

Voilà bien une interpellation ridicule et vraiment odieuse, elle, avec un malodorant côté petit flic de la pensée (sale race, soit dit en passant). Vous valez mieux que ça, Antoine Perraud. Désolé, mais confondre l'emploi du mot "race" dans une perspective raciste ou son emploi métaphorique, qui plus est au second degré, c'est franchement de l'ignorance ou de la mauvaise foi. La bien pensance pudibonde n'a jamais été une preuve de moralité, ce serait plutôt le contraire, qu'elle soit cultivée à droite, à gauche ou au centre. Censure et autocensure ne sont pas des valeurs démocratiques, que je sache. Ce qui par ailleurs ne remet nullement en cause le bien-fondé de votre article.

30/05/2015, 15:37 | PAR ANTOINE PERRAUD EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ALAIN SAGAULT LE 30/05/2015 À 15:21

La prétendue « bienpensance pudibonde » (galimatias qui sent son populiste rageur à vingt pas) n'a rien à voir. Une escadrille d'antisémites intervient dans nos colonnes électroniques (son activisme étant inversement proportionnel à sa représentativité). Même si je ne soupçonnais personnellement pas l'abonnée dont je connais la valeur, lui faire remarquer l'ambiguïté maladroite de sa formule (dont elle devait convenir) était une façon de mettre préventivement le holà.

Votre intervention est donc déplacée. Si vous ne sortez pas du bois au nom de cette minorité méprisable, alors vous ne faites que vous hausser du col à propos d'une question ici réglée par la vertu du dialogue, uniquement pour donner votre avis – sans mérite et fort grossier, au demeurant. Bref, ou bien vous justifiez l'antisémitisme, ou alors vous invalidez toute vigilance en la matière (avec votre “circulez il n'y a rien à redire”, qui se pique de dénoncer le flic de la pensée !).


RÉPONSE D'AS à AP

Réponse très discutable que la vôtre, à mon avis ! Et d'une étonnante prétention.

La commentatrice que vous avez cru devoir prévenir qu'elle sortait des rails de ce que l'on est en droit de dire, d'après les commandements de votre très étrange éthique personnelle (« soupçonner », « mettre préventivement le holà », vocabulaire de flic, ou non ?), vous a répondu avec une belle ironie, mais il est vrai que le second degré n'est pas votre fort.

Je trouve un peu effarante votre promptitude à coller des étiquettes (éculées, de surcroît : « populiste », ça commence à dater, non ?) sur vos contradicteurs et à tenter de m'enfermer dans une alternative de basse rhétorique en me donnant généreusement le choix entre m'avouer antisémite ou relativiste démissionnaire, deux options entre lesquelles je n'ai pas à choisir et qui feront bien rire ceux qui me connaissent !

Je ne sais pas si mon commentaire était fort grossier, comme vous le dites avec une délicatesse pachydermique, mais pour ma part je trouve votre « réflexion » à tous les sens de ce terme, et avec les guillemets qu'exige sa pauvreté, bien plus déplacée que mon commentaire.

Non, mon commentaire n'était pas déplacé, si déplaisant puisse-t-il être à vos yeux. Non, je ne cherche à péter plus haut que mon cul (il y a longtemps qu'on ne se hausse plus du col), je pose une question à mes yeux essentielle. Il se trouve que je considère la liberté d'expression comme un acquis vital, particulièrement depuis qu'on meurt à nouveau pour elle, et que votre intervention à propos du mot « race », m'a parue pour le coup parfaitement déplacée.

De deux choses, l'une (à mon tour, une petite alternative !), ou Médiapart, qui s'honore d'être un forum ouvert à tous les commentaires, soutient la liberté d'expression, et il doit sans plaisir mais par nécessité éthique supporter, quitte à y répliquer, les vrombissements exaspérants, voire révoltants, des escadrilles qui y larguent sans aucune modération leurs bombes puantes, ou Médiapart décide que le débat doit rester sur les hauteurs angéliques où circulent dans l'air raréfié les bienheureux concepts idéaux qu'aucune sordide réalité ne doit venir souiller.

Si vous deviez ostraciser tous les « populistes rageurs », Médiapart se retrouverait incontinent en faillite… faute d'incontinents, privés de leur exutoire préféré !

Populiste ? Pourquoi pas, quand je vois la malfaisante nullité de nos prétendues élites et leur mépris pour le peuple si clairement affiché par l'usage que vous faites de ce mot dans votre réponse…

Rageur ? Je rage, en effet, justement, contre les intellectuels irresponsables à la Patrick Cohen qui veulent éduquer le peuple en pensant à sa place, et le censurer dès qu'il l'ouvre comme il ne faut pas.

Vos mots d'ailleurs, comme toujours, vous trahissent : « vous hausser du col (…) uniquement pour donner votre avis ».Donner son avis quand le grand Perraud a rendu sa sentence, voilà qui est « sans mérite et fort grossier ». Comme vous dites : « Circulez, il n'y a rien à redire ».

Oui, je l'avoue, je voulais uniquement donner mon avis, parce que j'ai été choqué par votre intervention qui m'a semblé intolérable. Les quatre lettres du mot « race » (Qui a dit Maurras ? Qu'il se dénonce ! Qu'il se justifie, si c'est possible !) vous tombent sous les yeux, et dans un réflexe pavlovien qui fait honneur à votre discernement, vous vous mettez à aboyer ?

En somme, les quatre lettres du mot race, surtout précédées des quatre de l'adjectif sale, sont « intolérables », par suite d'une sorte de capillarité avec l'emploi qui en est trop souvent fait par des abrutis qui sont aussi parfois des salauds. Donc, guillotinons le mot « race » ! Et aussi l'adjectif sale, ce malpropre.

Désolé, mais je n'ai pas envie qu'un commissaire du peuple me dise, grossièrement ou non, quels mots je dois employer, pour qu'il tolère, dans sa grande mansuétude, qu'à défaut de pouvoir dire ce que je pense, je puisse prendre la parole.

Tant pis, je vais tout de même vous dire ce que j'ose à peine penser : un soupçon (à mon tour, c'est contagieux, voyez-vous, et c'est bien ce qui m'embête dans cette affaire), un horrible soupçon me vient. Sous ce nom, Antoine Perraud, ne serait-ce pas Patrick Cohen, ventriloque ubiquiste, qui s'exprimerait une fois encore ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.