Evolution ou régression de la laïcité ?

Depuis lundi, 200 représentants de la libre pensée sont en congrès national dans la ville de Foix….En jetant un œil sur les participants, quelques surprises. Marc Blondel, ancien patron de FO qui est le Président de ce congrès, et Jacques Lafouge, ancien Grand Maître du Grand Orient de France.Intrigué je suis par cette contradiction. L’ex grand patron de FO et l’ex Grand Maître du Grand Orient de France, réunit pour plancher sur la laïcité.Louable de travailler sur un sujet d’importance comme celui-ci, mais étonnant de ne pas trouver des pointures de la laïcité comme par exemple Jean Baubérot. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baub%C3%A9rotDe plus, comment un ancien syndicaliste notoire puisse s’entendre comme larron en foire avec un ex-Grand Maître du Grand Orient ?Ils planchent sur, et je cite, « un engagement militant, pas contre les religions, mais anticlérical, ce qui est différent », « nous voulons vraiment la séparation de l’Eglise et de l’Etat… », et pour la Libre pensée, il y a aussi un engagement anti capitaliste : nous vivons dans une société terriblement injuste… ». Louables slogans, mais Marc Blondel, que faisait-il pour le Smicard quand il était patron de FO ? Car enfin, si les syndicats étaient plus offensifs, la condition du Smicard aurait changé. Et puis l’ex grand patron du Grand Orient de France, avocat, lui aussi militant d’une société plus juste, mais voilà…. Le Smic reste toujours aussi bas. Non pas que je veuille jeter l’opprobre sur Blondel ou Lafouge uniquement, mais il faut reconnaître que la condition des plus démunis reste toujours aussi basse.Mais revenons à la laïcité. D’après les congressistes, ce n’est pas un engagement contre les religions mais anticlérical. Voici la définition d’anticlérical, source Wikipédia :« L'anticléricalisme est une idéologie qui refuse, ou est très critique envers, toute forme de présence ou d'ingérence d'autorités religieuses, clergé ou épiscopat, dans l'organisation de la vie publique. L'anticléricalisme s'oppose au cléricalisme, idéologie ou pratique qui juge et décide des questions de la vie publique à partir des idées religieuses[1].Les anticléricaux sont parfois qualifiés de « bouffeurs de curés » dans le jargon politique français ou wallon. Parmi leurs slogans les plus célèbres, on peut citer « à bas la calotte ».Divers mouvements sont anticléricaux, par doctrine ou par tradition. Parmi eux on peut citer les anarchistes, les communistes et les francs-maçons du Grand Orient de France. Toutefois, leurs raisons sont différentes : les uns détestent l'État, les autres ont tendance à s'en servir et dans le dernier cas ont des référentiels religieux différents et prônent une société laïque. »La laïcité est nécessaire dans une société, et exprimait il y a quelques années une acceptation de la pluralité des religions au sein d’une république, tout en limitant l’interférence des religions dans l’Etat. Mais effet pernicieux, depuis quelques temps la définition a dérivé vers un concept d’athéisme plus ou moins marqué, avec un rejet plus ou moins total des religions.Un rejet total est-il raisonnable ? En effet, si un représentant religieux contribue à résoudre une situation et donc aide l’Etat, pourquoi le rejeter ? Après tout, n’est-ce pas le résultat qui compte ? Offrir son aide transcende l’appartenance à une religion ou le concept laïque. Bien sur on peut théoriser sur le bien fondé ou pas d’une soi-disante ingérence du domaine religieux dans le domaine républicain, mais après tout, le fait de vouloir vivre en harmonie n’est-il pas le premier but à atteindre ?

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